Le décès à la mi-septembre de Chantal de Blignières vient de priver l’afición d’une personnalité exceptionnelle. Cette bretonne, petite fille de Henri Chiron de la Casinière Don Enrique, auquel elle vouait une profonde admiration, a très tôt forgé sa passion pour la fiesta de los toros aux sources espagnoles et françaises les plus exigeantes et les mieux éclairées. Dès les années 60, sa parfaite maîtrise de la langue de Cervantes ainsi que ses liens d’amitié avec les ganaderos les plus prestigieux (Miura et Victorino Martín notamment) ont contribué à développer les relations avec la culture taurine espagnole au sein du bureau du Club Taurin de Paris. Son inclination pour le toro de respect en fit très tôt une habituée fidèle des rendez-vous de Vic-Fezensac sans oublier son assiduité à Dax et Bilbao. Au début des années 80, avec Sat, la veuve de Claude Popelin, elle a joué un rôle central dans la création puis le fonctionnement du Prix de Claude Popelin qui, depuis 1982, distingue chaque année, le meilleur lidiador de la saison française. Attachée au rituel baroque de la Semaine Sainte de Séville, elle privilégie les valeurs de vérité et de courage du combat taurin et appréciait tout particulièrement les matadors lidiadors et dominateurs tels Santiago Marín El Viti, Francisco Ruiz Miguel, Luis Francisco Esplá, César Rincón, José Pedro Prados El Fundi, Ferdinand Robleño… Tous étaient touchés par l’authenticité de son afición et la discrétion rayonnante de son engagement pour les valeurs de la fiesta.
Âme du Club Taurin de Paris, cheville ouvrière de l’association Claude Popelin pendant plus d’un demi siècle, Chantal incarnait au plus haut point la complémentarité, en apparence paradoxale, d’un attachement ferme et résolu aux traditions et d’un esprit d’ouverture toujours renouvelé aux surprises de la création. Son exemple demeurera vivant pour tous ceux qui ont eu la chance de partager son afición
Texte de Jean Pierre Hedoin Président d’honneur du Club Taurin de Paris


