Jean Yves Blouin se définit lui même non comme un professionnel du reportage taurin mais comme un aficionado à Los toros et à la photographie, de ses deux passions il prend à chaque corrida, qu’il voit à travers son objectif, des centaines de photos, dont seules quelques unes trouvent grâce à ses yeux. Il publie ses photos sur son blog « Face à la Corne » et les met à disposition de médias taurins gratuits ainsi que des clubs taurins et des penas qui lui demandent. (reprise du texte de l’invitation)
De la peinture et du dessin à la photographie, puis développement des 3 points suivants:
- La photo témoignage
- La photo reportage
- La photo artistique
De la peinture et du dessin à la photographie
Les premières représentations de la corrida ont été des dessins et des peintures de toreros célèbres puis du combat dans l’arène, repris à la fin du 19 ème siècle par les empesas sur les cartels.
C’est aussi à cette période que la photographie fait son apparition. La priorité est donnée au picador. Ce n’est qu’au 20 ème siècle que l’image photographiée de la figura apparait sur les affiches. A l’instar des empresas la presse taurine s’empare du sujet de la tauromachie en privilégiant d’abord le dessin pour évoluer vers la photographie.
La photo Témoignage
Elle montre, explique et documente les gestes codifiés du toréo, avec l’inconvénient de figer l’action. Elle peut être un outil pédagogique pour analyser, comparer, transmettre l’art de toréer. Elle témoigne de l’évolution des styles, des techniques, du positionnement des arènes…elle permet de comprendre
La photo Reportage
Elle informe, montre ce qui se passe réellement (dans le ruedo, les gradins, les callejons…) et s’inscrit dans un style journalistique. Pour être publiée certaines règles doivent etre respectées notamment le torero de face en particulier son visage quelques soit son expression, le toro dans son entièreté de la pointe de la corne au bout de la queue et en train d’humilier. La photo reportage raconte une histoire elle est narrative
La photo Artistique
Elle a pour objet de valoriser le courage, l’esthétique du geste, la beauté du taureau, sa trajectoire dans la passe, la singularité de l’arène…. à travers les jeux de lumière, la couleur ou le noir et blanc, la captation du mouvement et sa composition. La photo artistique ne témoigne pas fidèlement , c’est une interprétation de ce qui se passe
Moment d’échanges
» derrière mon zoom je vois des détails que l’œil nu ne perçoit pas facilement »
A l’ère de l’IA, argentique ou numérique? le numérique privilégie l’immédiateté et permet un nombre illimité de photos et des retouches faciles, la pratique de l’argentique est devenue couteuse, le processus est lent en raison du temps du développement
En France, dans certaines arènes les banderoles des penas taurines dégradent l’esthétisme des lieux, notamment à Céret et à Vic fezensac
Pourquoi voit on peu le public sur les photos? le photographe cherche à montrer essentiellement ce qui se passe dans le ruedo, le public est souvent hors cadre avec l’utilisation du zoom
Une photo taurine peut être trompeuse tout dépend de l’axe de la prise de vue, mais aussi de l’intention du photographe, elle peut être militante, pédagogique ou artistique…
Certains toreros comme Morante qui torée avec lenteur très près du taureau permet des photos plus artistiques que d’autres maestros, cependant le photographe doit être aussi à la hauteur de son sujet
La photographie militante montre pour interpeller: taureaux effondrés, sans trapio, cornes affaitées, détails hétérodoxes de la gestuelle de certains toreros… les photos retenues par les taurins doivent montrer pas/peu de sang, et pas la réalité de la mort du taureau
texte Myriam Comte photos Jean Yves Blouin et Ferdinand De Marchi, Jean-Yves Blouin publiera prochainement dans son blog « face à la corne » l’intégralité de sa conférence











