Avant d’analyser les acteurs de cette saison, il y a un réel motif de réjouissance : la reprise nette de l’assistance aux corridas, aussi bien en Espagne qu’en France. Le point noir tient à la situation de certaines plazas qui ne parviennent pas à se redresser, c’est particulièrement le cas de Bilbao et de Zaragoza.
Autant cette saison a été marquée par de nombreuses satisfactions du coté des toreros, autant elle n’a pas été des plus brillantes pour le bétail.
Deux ganaderias se sont particulièrement détachées: celle de Victorino Martin qui est montée en puissance à partir de la féria d’avril et s’est maintenue à un haut niveau tout au long de la saison, avec en particulier un lot remarquable pour la San Isidro, et de multiples succès dans les arènes de segunda. L’autre grand vainqueur, avec une production beaucoup plus modeste, est Santiago Domecq Bohorquez, qui a fourni la meilleure corrida de San Isidro et a eu également d’excellents résultats dans des arènes plus modestes.
Peu de vraies satisfactions en dehors des ces deux noms On peut citer tout de même « Jandilla« qui malgré une certaine irrégularité, sort toujours au moins deux, voire trois toros, qui permettent le succès des toreros tout en ayant un relief appréciable en termes de race et d’entrega. Même observation à propos de « Fuente Ymbro » là aussi irréguliers mais plutôt au- dessus de leurs performances précédentes. Dans cette branche « EI Parralejo » avec là aussi pas mal d’irrégularité, a sorti quelques toros notables, en particulier celui du triomphe de Daniel Luque à Sévilla. « La Quinta » a été plutôt en retrait par rapport à sa grande saison 2022 mais demeure une valeur sure, avec en point d’orgue les lots de Mont-de-Marsan, Albacete et Nîmes mais des déceptions relatives à Madrid et surtout à Dax avec le mano a mano « Juli » Luque.
Parmi les ganaderias « dures », on peut noter les résultats plutôt en hausse de « Dolores Aguirre« . A noter aussi le maintien « d’Escolar Gil« , qui reste une des ganaderias les plus fiables dans cette catégorie. En revanche la ganaderia de « Pallares », plus exposée médiatiquement cette année, a déçu.
On a tout de même quelques satisfactions avec les élevages français, particulièrement celui de « Margé« , qui a fort honorablement passé le test de la présentation à Madrid en juillet.
Toutes les autres ganaderias, quelle que soit l’origine, ont déçu à des degrés divers cette année. Cela a été particulièrement le cas de celle de « Victoriano del Rio« , ce qui s’est d’autant remarqué que sa camada a été particulièrement prolifique. Même observation, pour l’essentiel, pour le binôme « Garcigrande-D.Hernandez« , dans l’ensemble en dessous de leurs performances précédentes.
L’impression de déclin devient franchement flagrante pour « Nunez del Cuvillo« . « Juan Pedro Domecq » a connu une bonne période au printemps, mais la suite de la saison a renoué avec le registre de faiblesse et de fadeur qui est malheureusement la norme dans cet élevage depuis de trop nombreuses années. Il y a également eu des déceptions avec « Daniel Ruiz » qui a été loin de renouveler ses performances de 2022. A noter que la dérivation « Aldeanueva » surtout représentée par « EL Pilar » ne s’est guère illustrée cette année. « Alcurrucen » a enregistré quelques résultats appréciables dans les plazas secondaires mais s’est beaucoup moins illustrée dans les arènes de première. « Puerto de San Lorenzo » à de rares exceptions près, a surtout montré de la faiblesse et un manque de race flagrant, avec là aussi cette tendance à se dégonfler –rajarse– qui affecte tant de ganaderias actuelles, notamment parmi celles préférées des figures.
Texte Thierry Vignal Président du Club Taurin de Paris
Photos Ferdinand De Marchi membre du Club Taurin de Paris








