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Pamplona XIV Jornadas sobre Ganado de lidia y Tauromaquia (27 y 28 de febrero de 2026)

Publié par myriamcomte le 17 mars 2026
Publié dans: ACTUS TAURINES. Poster un commentaire

Escuela Técnica Superior de Ingeniería Agronómica y Biociencias (ETSIAB) Universidad Pública de Navarra (Upna)

Travieso n° 72 de Sobral lidié à Céret le 13 juillet 2025

Fin février, Antonio Purroy et José Antonio Mendizábal ont réuni à Pampelune une vingtaine de spécialistes pour aborder la tauromachie sous différents aspects, comme ils le font tous les deux ans, depuis plus de deux décennies. Les deux journées, intenses et riches d’informations et de débats, se sont tenues, dans un grand amphithéâtre de l’université, en présence d’un public nombreux et constant (plus d’une centaine de personnes), de tous âges.Au cours des rencontres navarraises, et celle de 2026 n’a pas démenti les précédentes, l’accent est mis sur le taureau de combat, toujours au centre des préoccupations des organisateurs et du public assistant, ce qui ne saurait nous étonner dans la capitale du toro-toro !

Hablador n°67 de Sobral lidié à Céret le 13 juillet 2025

À ce titre, la question de la bravoure, en Espagne, au Portugal et ailleurs, a été le thème de la session d’ouverture, à charge d’Antonio Purroy, vétérinaire et premier organisateur de la rencontre, et de José Antonio Sobral, éleveur portugais. Ces interventions, et celles qui leur ont succédé, ont mis l’accent sur le premier tiers de la lidia – la suerte de varas – définie comme principale révélatrice de la bravoure du taureau et donc, non seulement nécessaire mais indispensable pour une bonne lidia. Dans une approche traditionnellement toriste, la pique, par sa qualité et aussi par sa quantité, a été réaffirmée dans sa condition de jauge indispensable de la bravoure. Cette affirmation, face à celle qui contemple la durée de la charge dans les autres deux tiers et jusqu’à la fin de la faena comme preuve absolue de la bravoure, a donné lieu à des échanges vifs, comme à l’accoutumée, mais – nous étions à Pampelune – avec une prédominance assez nette du premier groupe sur le deuxième. Dans la même démarche toriste, la « qualité » pour un taureau de baisser la tête devant la cape ou la muleta, surtout de traîner le museau sur le sable n’a pas semblé essentielle ni même parfois souhaitable, vu l’effort déployé par le taureau au détriment de sa durée. Cette affirmation, en revanche, ne me semble pas avoir retenu l’adhésion du plus grand nombre des présents. En somme, nous sommes revenus à la traditionnelle dichotomie entre lidia et toreo, un peu dépassée aujourd’hui (cf. Morante). D’ailleurs, le terme toreo a été très peu utilisé tout au long des séances, et les toreros peu évoqués, sauf par la présence des jeunes maestros Jarocho et Aaron Palacios.

Pique de F Romero à Presidario n°68 de Sobral à Céret le 13 juillet 2025
Derechazo de Fernando Robleno à Rastemengo N°3 de Sobral à Céret le 13 juillet 2025

Une session a repassé les 375 ans de l’histoire vétérinaire de la Navarre, de Huesca et de Gipuzkoa, trois régions mitoyennes du nord de l’Espagne qui partagent une histoire taurine commune et des pratiques taurines populaires encore en pleine validité aujourd’hui. L’évocation constante des spectacles de recortadores, d’encierros et autres tauromachies participatives et populaires de la région a permis de mettre au centre du débat la question de la jeunesse et même des vocations de torero. Après plusieurs séances et les tables rondes qui y ont été consacrées, il n’y a pas de doute : en Navarre et dans les régions voisines, l’approche par la jeunesse du taureau, des spectacles et des pratiques qui le mettent en scène se fait très souvent à partir des tauromachies populaires qui ont un ancrage local très fort et en pleine croissance. Plusieurs participants au colloque, et même des jeunes toreros, ont avoué s’être intéressés à la corrida après avoir fréquenté ou pratiqué les autres traditions taurines.

Les tauromachies populaires sont au nord et à l’est de l’Espagne, de toute évidence, le plus grand vivier d’aficionados, et même de professionnels, lorsqu’il n’y a pas de transmission tauromachique dans le milieu familial. Le corolaire de ce particularisme du nord et du levant est que l’aficion des jeunes ne correspond pas à un profil politique prédéterminé et excluant, comme c’est souvent le cas à Madrid, dans les régions environnantes et en Andalousie, mais plutôt l’expression d’un rapport au taureau bravo, sauvage, qui s’apparente davantage à celui des régions taurines françaises ou de l’Alentejo portugais, porteurs d’une tradition locale bien antérieure à la corrida.   

élevage Maria de la Serna les taureaux ne sortent que dans la rue

C’est sans doute la participation de jeunes, dans le public et sur scène, et leurs affirmations dans un sens ou un autre, ce qui a été, à mes yeux, l’un des atouts majeurs de la présente édition des journées navarraises.

Les organisateurs ont réservé un temps à la tauromachie française, en faisant un hommage à la revue Toros dans son centenaire, puis à la tauromachie universelle au cours d’une table ronde, consacrée, dans l’ordre, aux aficiones de Paris, New York, le Mexique et Madrid, orchestrée par la présidente des arènes de Grenade, Ana Álvarez. Il y a eu, forcément, une part très descriptive adressée au public, vu que la relation de ces villes et de ces pays à la tauromachie et à la corrida, est très différente. J’ai essayé de faire de mon mieux pour expliquer Paris, et le CTP (mais j’ai aussi cité CulturAfición), la bonne mesure toriste-toreriste de notre club et son attachement aussi bien à l’Espagne – nord et sud – qu’à la France taurine d’est en ouest. J’ai rappelé la définition – bel oxymore – que nous avait réservée Luis Francisco Esplá lors des 70 ans du club : des aficionados professionnels.

Finalement, un dernier thème abordé par le congrès de Pampelune a été celui de la communication taurine. Deux interventions, très différentes, sur les deux journées, m’ont paru particulièrement passionnantes : celle de Federico Arnás (qui commente actuellement les corridas de San Isidro sur Télé Madrid) et celle d’Eneko Andueza, auteur de l’ouvrage La tauromaquia desde la izquierda, le courageux députe socialiste basque qui, à contre-courant de son parti et de sa région, défend la tauromachie tous azimuts. Les deux ont fait l’unanimité des assistants par la qualité de leurs prestations et par la richesse des arguments exposés.

Photo recueillie sur le site de Mundotoro

Finalement, donc, quatre grands domaines ressortent de l’ensemble des questions traitées : la définition de la bravoure du taureau de combat, les jeunes et la corrida, la tauromachie sur la scène internationale et la difficile et restreinte communication tauromachique. Toutes ces questions ont été abordées en général mais aussi à partir d’un focus local, régional que la prééminence taurine de Pampelune et sa personnalité propre justifie pleinement.

J’avoue avoir passé deux très belles journées, parlant tauromachie avec des gens divers et variés, tous des aficionados passionnés, et profitant de l’accueil amical et toujours exquis de nos hôtes navarrais.

Araceli Guillaume-Alonso

NB Les textes des deux journées ont été édités d’avance par les organisateurs et remis à l’ensemble des assistants, sous la forme d’un livre publié par la ETSIAB /Universidad Pública de Navarra.

Photos Jean Yves Blouin

Belle rencontre avec Morenito de Arles

Publié par myriamcomte le 16 mars 2026
Publié dans: LES REUNIONS. Poster un commentaire

Ce mardi soir, le Club taurin de Paris recevait le torero de plata arlésien Morenito d’Arles (Rachid Ouramdane), accompagné de son épouse. La séance est ouverte par Jean Davoigneau. Au fil de la soirée, Morenito revient sur sa trajectoire, sa « philosophie » du métier, la vie de cuadrilla et plusieurs aspects du mundillo.

Il se présente d’abord comme Arlésien, né en 1977, dans un milieu non taurin. Le monde des toros lui parvient d’abord par la cour de récréation, à travers les récits de week‑end de ses camarades déjà aficionados. Il raconte avoir vu sa première corrida en 1988 dont il garde un souvenir assez vague. A la seconde, en 1989, la prestation de Roberto Domínguez le marque beaucoup plus. Dans la foulée, il s’inscrit à l’école taurine d’Arles qui vient d’ouvrir. Il évoque le Barriol, quartier populaire d’Arles où il habitait et qui, selon lui, a vu grandir « pas moins de onze matadors, plus que Triana à Séville ». Avec l’école taurine, il participe à des novilladas piquées jusqu’en 1997 étonnement pour un Arlésien, ses premières novilladas se déroulent dans le Gard, à Redessan.

Il explique ensuite pourquoi son nom n’apparaît ni sur l’affiches de sa première novillada piquée sur celle de son alternative. Pour sa première novillada piquée, la raison en est un changement de programme de dernière minute : il devait initialement participer à la novillada sans picadors du samedi à Arles ; un novillero participant à la novillada piquée du dimanche, s’étant blessé, Paquito Leal l’appelle le jeudi pour le remplacer. C’est ainsi qu’il se retrouve en piste, sans que son nom ait le temps d’être ajouté aux affiches. Pour l’alternative, un premier projet prévoyait en juillet 2000 avec El Fundi comme parrain et Antonio Ferrera comme témoin mais, une cornada reçue en tienta quelques jours auparavant, l’oblige à repousser la cérémonie. En septembre 2000, Luc Jalabert lui téléphone pour lui proposer de prendre finalement l’alternative lors de la feria du Riz, avec Juan José Padilla comme parrain et son ami Antonio Losada comme témoin. Il devient alors le 39ᵉ matador de toros français, le 38ᵉ étant Sébastien Castella, et coupe une oreille à son toro « Granjero », de Javier Pérez Tabernero.

La suite est plus difficile. Il peine à trouver des contrats comme matador et ne torée que deux corridas isolées, à Saint‑Martin‑de‑Crau et à Alès. Déjà marié, père d’une petite fille, avec la naissance proche d’un fils, il décide de passer banderillero pour pouvoir intégrer de grandes cuadrillas et trouver une stabilité professionnelle. Il dit n’avoir aucun regret, se déclarant fier de ce parcours et convaincu d’être à sa place et compétent dans ce rôle.

Il rappelle qu’en 2001 il participe à une trentaine de courses. En 2002, il est associé à Julien Lescarret à l’époque où celui‑ci est à l’orée de sa carrière de matador (saison de novilladas puis alternative en 2003). Stéphane Fernandez Meca lui demande alors d’intégrer sa propre cuadrilla. Morenito consulte Agustin Losada, qui l’encourage à accepter. Il pose toutefois une condition contractuelle : en cas de date commune, il donnera la priorité à Julien Lescarret. Meca accepte et juge cette attitude loyale. Morenito restera avec lui jusqu’à sa despedida.

Cette despedida lors de la corrida du 15 août 2005 à Béziers, en compagnie d’El Fundi et de Denis Loré face à six Palha, reste pour lui un souvenir extrêmement fort. Les toros, dit‑il, étaient pratiquement intoréables. Ce jour‑là, il est le seul de la cuadrilla à recevoir les « Olé » du public alors que Meca vit un véritable calvaire. Il insiste sur le malaise qu’il ressent car ; à aucun moment il n’a cherché à se mettre en avant, seulement à « bien faire son travail ». Meca va jusqu’à lui tendre la muleta. Le matador fait son ultime tour de piste sous une bronca mémorable et une pluie de projectiles ; le public crie « rends le chien », un chien offert avant la course de sa despedida. Morenito remarque que, fait surprenant, aucun projectile ne touche le torero. Il rapporte aussi que Meca avait demandé à sa cuadrilla de se tenir en retrait. Il leur déclara plus tard, dans le fourgon, qu’il voulait « savourer son après‑midi de gloire », n’ayant jamais essuyé une bronca de toute sa carrière. Ils sont restés amis.

Avec Meca, Morenito découvre Sanlúcar de Barrameda, alors lieu de séjour et d’entraînement fréquenté par de nombreux grands toreros. Il observe par la suite la perte d’importance de ce lieu puis sa revalorisation avec Emilio de Justo, avant sa mutation actuelle, les jeunes toreros ayant d’autres façons de s’entraîner. Il juge pourtant l’enseignement de Diego Robles toujours pertinent ses conseils ne lui semblent pas « archaïques », et il estime que les jeunes auraient tort de négliger ce que les prédécesseurs ont apporté à l’art de toréer.

Garcigrande Séville 16 avril 2024

Après la despedida de Meca, Padilla l’appelle dès le lendemain pour lui proposer d’intégrer sa cuadrilla. Pendant plusieurs jours, il le rappelle chaque soir, l’interrogeant sur sa situation familiale, ses costumes, leurs couleurs… Le jeudi, il lui explique qu’il s’agit de remplacer son propre frère, et que ces questions visaient à savoir à qui il confierait cette place de banderillero de confiance. Morenito décrit la cuadrilla de Padilla comme une véritable famille, ce qui facilite son intégration. Il évoque néanmoins la difficulté des débuts linguistiques : il parle déjà espagnol, mais il a du mal à comprendre ces Andalous qui « mâchent » les mots. Il souligne être resté très lié à Raphaël Viotti. Il note cependant que, de manière générale, les Espagnols ont du mal à dire « bien « à un Français, même compétent.

Après Padilla, il travaille un temps en torero libre. Il est approché par Castella et Jalabert ; il se détache alors un peu vite de Padilla, ce que ce dernier ne comprend pas, d’autant que les projets avec Castella et Jalabert n’aboutissent finalement pas. Malgré cela, il réalise une bonne temporada dans ce statut plus précaire. En septembre 2017, il accompagne un temps Andy Younes et torée quelques courses avec Emilio de Justo. Après une corrida de Victorino Martín, ce dernier lui demande officiellement de rejoindre sa cuadrilla. Il travaillera avec lui jusqu’à la grave blessure du maestro à Madrid en 2022, blessure aux cervicales qui l’éloigne des ruedos. Morenito décrit cette période comme très dure aussi pour lui. Au début, le jour de l’accident, la cuadrilla reste sans nouvelles puis apprend la gravité de la blessure. Trois heures après la corrida, les apoderados réunissent la cuadrilla pour leur annoncer qu’ils sont libres de chercher d’autres contrats. Très affecté, il ne torée pas jusqu’à fin juin. Il décide d’aller voir Emilio à Cáceres et l’accompagne pendant sa rééducation, d’abord à la marche puis à la course au point, dit‑il, qu’il a bientôt du mal à suivre le maestro dans la côte. Emilio restera persuadé qu’il l’a laissé gagner ce qu’il affirme ne pas avoir été le cas. L’accident a lieu le 10 avril ; Emilio reparaît dès août, à force de travail.

Garcigrande Séville 16 avril 2024

Interrogé sur la manière dont il sort finalement de la cuadrilla d’Emilio de Justo, il insiste sur le fait que ce n’est pas lui qui l’a décidé. Lui et le picador German Gonzalez sont congédiés après environ huit à dix ans de collaboration et plusieurs centaines de corridas, sans explication claire, sinon ce qu’il décrit comme des « magouilles » dans les coulisses. Un changement s’était opéré  dès l’arrivée d’un nouveau banderillero, les appels du maestro, auparavant très fréquents, se sont espacés puis sont devenus inexistants. Il ajoute que même Diego Robles ne s’expliquait pas ce tournant. Il estime que, même si en théorie le maestro décide, il reste soumis à diverses pressions. Il brosse d’Emilio le portrait d’un torero au parcours difficile, qui peine à se sentir légitime et demeure donc influençable. Il ne pas comprend toujours pas d’autant que, quelques jours avant son renvoi, à Madrid, après avoir coupé deux oreilles, Emilio l’avait remercié pour tout ce qu’il avait fait pour lui. Il en tire la conclusion que « dans la vie tout ne fait pas plaisir »

Il projette désormais de rejoindre la cuadrilla de Clemente, auquel il prête un vrai potentiel de figura. Il le fera en torero libre, avec priorité donnée à toutes les courses de Clemente, tout en reconnaissant que, après plusieurs années d’absence du marché français, le retour est difficile. Il souhaite également rendre à l’école taurine ce qu’elle lui a apporté, en transmettant à son tour. Il évoque cependant les tensions avec certains parents qui inscrivent leurs enfants « comme au foot » et à qui il est parfois difficile d’expliquer que l’enfant n’est pas encore prêt à affronter un animal. Il travaille par ailleurs à la mairie d’Arles, avec des horaires souples qui lui permettent de s’entraîner chaque jour à Casasargues, où il retrouve d’autres toreros (Rafi, Solal, Nino…). Il apprécie sa position actuelle « entre anciens et nouveaux ».

Il prend le temps de détailler les rôles au sein de la cuadrilla. Selon lui, les deux banderilleros lidiadores placent le taureau à la cape puis à la muleta, et posent chacun deux paires de banderilles. Le banderillero puntillero coupe la charge pour permettre la pose des banderilles et ne place qu’une seule paire, rôle ingrat bien qu’au moment de la puntilla, toute la pression repose sur lui, les regards du public comme ceux de la cuadrilla convergeant sur ce geste. Il cite Fernando Sánchez comme exemple d’un puntillero ayant revalorisé ce rôle. En début d’année, la place de premier ou de deuxième lidiador se joue, dit‑il, « à pile ou face » pour la temporada, de même chez les picadors ; en cas de remplacement, l’ordre établi est respecté. Dans le fourgon, chacun a aussi sa place attribuée ; un remplaçant prend la place du remplacé, le dernier arrivé prend ce qui reste.

Il évoque brièvement l’évolution des rémunérations, autrefois, les banderilleros pouvaient négocier leurs honoraires, parfois à la hausse, et certaines cuadrillas intégraient ainsi des subalternes « durs mais compétents ». Désormais, un minimum syndical est fixé les marges de négociation sont plus faibles, ce qui n’est pas toujours un avantage, selon lui, pour la qualité des cuadrillas. Concernant la logistique, il raconte un épisode où, tout juste rentré à Arles d’une corrida, on l’appelle le matin pour toréer à 17 h à Ciudad Real ; il doit se débrouiller pour rejoindre la place et arrive finalement une heure avant le reste de la cuadrilla, qui partait d’Espagne. Ces déplacements multiples lui donnent, une connaissance assez fine des réseaux de transport, au point de plaisanter sur la possibilité de créer un « BlaBlaCar taurin ».

À propos des corridas dites « dures », il insiste sur le fait que ce n’est pas une formule : « elles sont vraiment dures, ce ne sont pas des légendes ». Il dit aimer les Victorino Martín pour les lidier et les toréer. Parmi les encastes difficiles à banderiller, il cite Victoriano del Río (taureaux fiers, forts, puissants), Garcigrande (très difficile à banderiller), La Quinta (délicate à la sortie des paires) mais également Jandilla, Miura, Cuadri, El Pilar, Saltillo.

La Quinta Séville 18 avril 2024

Interrogé sur Tardes de soledad, qu’il a vu à Arles lors d’une projection suivie d’un débat auquel il participait, il confie sa perplexité et plus encore celle de sa femme, qui voulait quitter la salle au bout d’un quart d’heure. Il s’attendait à un film « avec une histoire » et a eu du mal à entrer dans la proposition d’Albert Serra, ce qui le mettait mal à l’aise pour commenter l’œuvre en public. Il avoue ne pas avoir livré son ressenti véritable, par crainte que le film ne fournisse des arguments aux antitaurins. Il reconnaît que les scènes montrées sont « une réalité », mais souligne que lui‑même n’a jamais regardé d’aussi près la puntilla ou la pénétration de la pique. Il juge les traductions françaises des dialogues « catastrophiques » et estime que Chacón surjoue, au point que certains en Espagne lui auraient dit : « Tu es un grand acteur ». Il raconte sa surprise lorsqu’une jeune spectatrice belge dit avoir beaucoup aimé le film et se sentir désormais prête à aller voir une corrida, ce qui l’a fait réfléchir sur l’impact du film sur un public profane.

Enfin, à propos de l’avenir, il dit ne pas envisager pour l’instant d’écrire ses mémoires : il ne prend pas de notes. Il souhaite encore toréer quatre ou cinq ans « à haut niveau », en veillant à ne pas faire « la saison de trop ». Il pensait terminer sa carrière avec Emilio de Justo, mais « l’histoire en a décidé autrement ». Il place désormais ses espoirs dans Clemente. Ensuite, il restera dans le monde taurin par exemple, aux côtés d’un empresa.

Il pense qu’il est important, pour les toreros, d’être proches du public, après une bonne ou une mauvaise course, de prendre le temps des photos, des autographes, et de la discussion afin d’éviter que certaines rumeurs ne se propagent sans contradicteur, sur les réseaux sociaux. Il insiste particulièrement sur l’échange avec les jeunes aficionados, écouter leurs points de vue, expliquer le sien, ce qu’il aime faire.

En conclusion il rappelle qu’il ne faut jamais perdre de vue que la corrida est d’abord, « une affaire d’émotions ».

 L’assistance le remercie pour cette soirée jugée riche, instructive et profondément humaine. La discussion se prolongera  de manière plus informelle,  pendant le dîner.

Texte Martine Bourand-Lucet photos Jean Yves Blouin Ferdinand De Marchi

De Los Nunez de Tarifa à la Palmosilla

Publié par myriamcomte le 13 février 2026
Publié dans: LES REUNIONS. Poster un commentaire

Javier Nuñez est membre d’une grande famille de ganaderos : il appartient à la 9 ème génération des Nunez, dont 7 élevages différents font aujourd’hui partie du monde taurin. Au Club Taurin de Paris, il a dévoilé dans ses propos des informations que l’on entend rarement dans la bouche des ganaderos : encore une fois, les absents ont eu tort !

L’histoire de la famille commence en 1760, même s’il y a eu un fer Nunez dès 1720. Mais le fer de La Palmosilla est le plus ancien. L’ancêtre de Javier Nuñez est au départ un négociant qui profite de l’implantation de « colonies » le long des routes de Cadix à Séville et Madrid, envahies par les bandits de grand chemin. Il faut fournir aux nouveaux colons des chevaux et des bœufs, qu’il va chercher au Maroc et installe dans son domaine près de Tarifa : dans ces opérations, il importera en quelques années plus de 80 000 têtes de bétail. Parmi celles-ci, des toros agressifs, plus hauts que les toros espagnols et aussi plus encornés. Il les croisera avec les toros locaux, même si l’objectif n’était pas de lidier mais de vendre. Cela explique sans doute que dans les analyses génétiques de nombreux élevages d’aujourd’hui, on trouve des allotypes « africains » qui proviennent de ce négoce Nuñez.

Cet ancêtre débutera comme éleveur dans les arènes de Ronda en 1785 (inauguration des arènes) puis à Madrid en 1793. On remarquera que ses toros de l’époque sont des précurseurs des 2 plus grands élevages, les plus respectés du monde taurin : Pablo Romero et Miura ! Pendant tout le 19 ème siècle, la sélection est primaire et uniquement basée sur l’agressivité des toros, ce qui durera pratiquement jusqu’à la guerre civile, malgré les évolutions inspirées par Joselito.

Après celle-ci, l’élevage éclate avec de nouveaux fers, mais le fer originel reste dans la famille de Javier Nuñez. Cependant, vu le nombre d’élevages Nuñez, le père de Javier décide de donner à son élevage le nom de la finca originelle, c’est-à-dire La Palmosilla. En fait, il existe 3 propriétés sur la commune de Tarifa dont 2 consacrées à l’élevage: celle du bord de mer où ne séjournent aujourd’hui que les vaches de ventre et celle située près de Barbate, La China, où sont les toros

L’élevage actuel débute en fait en 1996, avec 52 vaches de Juan Pedro Domecq et 125 de Nuñez del Cuvillo, mais pour ces dernières, toutes d’origine Osborne, avec des prêts de sementales pour les premières années : ce choix de l’origine Osborne s’explique par leur réputation d’avoir dans la charge un pas de plus que la moyenne des toros. Bien que son père n’apprécie pas le toro de Juan Pedro, il se rend à l’évidence car celui-ci a le plus souvent, le même comportement que celui des vaches tientées, ce qui est une aide remarquable pour une sélection efficace. Mais le mélange des 2 origines n’intervient qu’à partir de 2014, ce qui permet à la ganaderia de faire un bond en avant.

Car antérieurement, les ventes faciles dans une conjoncture très favorable (bêtes nobles et marché très ouvert) se sont brusquement arrêtées avec la crise de 2008 : Choix stratégique, le ganadero pense qu’il faut aller à Madrid pour s’imposer et ouvrir des portes. Or la confirmation d’alternative de Manuel Escribano est un fracaso ganadero et la réputation de l’élevage s’effondre : c’est au point que, à cette époque, quand un toro tombe on dit qu’il fait une Palmosilla !

Joselito Adame à Séville le 12 avril 2018

Après 2 ans de bâche, l’objectif est changé : conquérir Séville et Pampelune. Cela se fera en partie grâce à El Cordobes : sollicité en 2017 pour présenter 2 sobreros à Séville pour l’alternative de Pablo Aguado, le ganadero en envoie 4, sur les conseils du maestro, qui sont approuvés par les vétérinaires mais ne sortent pas en piste. Ils sont la base de la corrida entière qui sortira l’année suivante en faisant de grands débuts à la Maestranza. La même stratégie est employée un an plus tard pour Pampelune avec un énorme succès couronné par le prix Carriquiri au meilleur toro et le prix du meilleur encierro !

La pandémie de 2020 interrompt cette progression. Mais la Palmosilla possède un énorme avantage sur beaucoup de ganaderias : les terres de ses fincas sont très riches, ce qui permet de nourrir le bétail sans complément de pienso. Donc pendant la crise du COVID, La Palmosilla conservera toutes ses vaches, se contentant de lidier en privé 50 toros qui permettront de conserver 14 nouveaux sementales. Car sur les 7 corridas prévues en 2020, seules 2 pourront sortir à Pampelune et Azpeitia.

Cela repart en 2022 à Pampelune avec 7 oreilles coupées et encore le titre de meilleur lot de la feria, puis à Madrid avec le titre de meilleur toro de la corrida concours. Mais en 2023, une pandémie interne à l’élevage (inflammation des articulations du genou), pandémie venue d’Afrique, interrompt à nouveau la progression. En 2024, grande temporada où Borja Jimenez tue toutes les corridas : c’est aujourd’hui le torero de la casa même s’il avait été repéré pendant sa traversée du désert. En 2025, La Palmosilla fait lidier dans les mêmes arènes que l’année précédente.

Borja Jimenez à Saragosse le 8 octobre 2025

La plupart des figuras sont des toreros fidèles de la ganaderia : Castella, Perera, Talavante, mais le ganadero veut aussi s’appuyer sur les jeunes comme Aaron Palacio, pour préparer l’avenir. Car les figuras veulent lidier des toros « guapos » ! Il faut aussi que des toreros plus jeunes ou plus modestes viennent lidier des toros moins « bonitos » pour valider les familles.

C’est aussi pourquoi, Javier Nuñez participe cette année à la Copa Chenel, avec des toros qu’il aime bien et qui devraient donner du jeu. D’une manière générale, comme la « rue » paye bien, il peut choisir d’envoyer aux plazas ses meilleurs toros, car indépendamment du prix, ce sont les arènes qui font la réputation d’une ganaderia et non les succès dans les tauromachies populaires qui n’ont que peu d’écho.

Pour sélectionner ses toros, il torée lui-même avouant une préférence pour les toros plus difficiles car ce qui est important pour lui, c’est de voir charger l’animal, afin de préparer le toro de demain. En effet, le toreo moderne va être de plus en plus profond, de plus en plus intense et de plus en plus en rond : Il faudra donc un toro plus athlète mais aussi plus souple, plus agile. Car le toro doit avoir les caractéristiques physiques pour faire ce que lui demandent torero et public. Il lui faut donc un cou suffisamment long pour humilier et faciliter l’embroque, une poitrine forte et qu’il pousse avec l’arrière train et non avec les mains.

Ces caractéristiques se voient dès la sortie du toro, mais Javier Nuñez aime aussi celui qui évolue grâce à la lidia du torero : même si le public ne le voit pas toujours, le torero lui l’a vu ! Car le torero n’est pas capable de sortir d’un toro ce que le toro n’a pas déjà en lui. Dans cette optique les qualités se répondent : à la bravoure du toro le courage du torero, à l’embestida profonde, l’art du torero.

De ce point de vue, le triomphe de l’éleveur ne peut venir que du triomphe du torero et il s’agit toujours d’une affaire à 2.

S’agissant de la préparation des toros, elle commence 3 mois avant la course : il s’agit d’en faire des athlètes mais qui baissent la tête car la préparation augmente la force du toro. Or le toro a tendance à accumuler du gras superficiel qu’il assimile lentement en hiver. Mais c’est un gras inutile car dans l’arène, l’énergie tombe après la première pique. C’est pourquoi, Javier Nuñez donne à ses toros un pienso qui leur permet de fabriquer du gras incrusté dans les muscles et pour cela, il a choisi des compléments analogues à ceux qu’on donne aux chevaux de course.

Q. Les tientas ?

Il n’invite qu’un seul torero pour éviter la competencia et les soupçons de favoritisme. Mais pour chacun, il choisit des vaches en fonction de leur famille.

Sa placita étant beaucoup plus grande que la moyenne, il ne veut pas que la vache soit placée trop loin pour les 3 ou 4 piques réglementaires. Mais après la pique, on exploite la vache jusqu’au bout, car Javier Nuñez veut la voir en fin de lidia, où la vache se définit complètement.

Quant il voit une vache, il essaie de deviner qui était sa mère (pour le père c’est trop facile vu le nombre limité de sementales). S’il y réussit, car il connait toutes les vaches de l’élevage, (au point de les associer à des nombres qu’il peut voir sur des panneaux routiers ou des affiches), il est heureux car il a saisi la suite dans la lignée.

Et quand sort une vache exceptionnelle, son nom sur les livres de la ganaderia est marquée d’un T pour que ses fils soient tientés eux aussi en qualité de semental éventuel.

Q. La temporada 2026 ?

 D’après Javier Nuñez elle sera passionnante car les rapports de force entre empresas ont complètement changé. Chez les toreros, les deux leaders ont des attitudes différentes : Roca Rey minimise les risques de la concurrence en toréant toujours avec des toreros anciens ou artistes qui ne lui feront pas d’ombre. Morante au contraire prend la responsabilité d’ouvrir les arènes à des jeunes toreros, il se donne ainsi une image de protecteur. Entre les deux Borja Jimenez, son torero favori

Javier Nunez s’est ensuite livré à la traditionnelle dédicace sur le livre d’or avant de partager les traditionnels agapes des aficionados du Club

Texte et photos Jean Yves Blouin certaines extraites du diaporama présenté par Javier Nunez

Tauromachie et rodéo: un cousinage transatlantique

Publié par myriamcomte le 28 janvier 2026
Publié dans: LES REUNIONS. Poster un commentaire

Ce 21 janvier, nous eûmes la chance et le privilège d’accueillir un invité espéré (pas seulement au sens d’attendu) de longue date : le géographe, romancier, universitaire de l’université de Pau et des pays de l’Adour : Jean-Baptiste Maudet pour une conférence ô combien inédite et originale : Tauromachie et Rodeo : Un cousinage transatlantique.


Cousinage mutuellement non désiré, tant par les tenants de la corrida voyant dans le rodeo un divertissement de cul-terreux loin du raffinement séculaire de l’art de Cucharés, que par les aficionados du rodeo souvent horrifiés par l’idée barbare, sanguinaire et décadente de trucider un Toro en public au moyen d’une arme blanche.

Présentation abondamment illustrée et documentée articulée autour de trois parties :

1 Unité et diversité des pratiques tauromachies
2 Diffusion spatiale et différenciation des jeux taurins
3 La Californie taurine : le retour du refoulé

En bon universitaire, Jean-Baptiste Maudet a le souci de la définition de son sujet et de la recherche de ses racines, il faut entendre par pratiques tauromachiques l’ensemble des spectacles où l’on observe des affrontements réels entre humains et bovins avec ou sans l’intermédiaire du cheval. À noter que la tauromachie est le seul spectacle au monde proposant un affrontement d’un homme avec un animal. Quant au rodéo, il vient du terme espagnol « rodear » (entourer) et d’une pratique de vachers (on appréciera le voyage du terme  par les Amériques jusqu’à notre dictionnaire, alors qu’il n’était qu’à une chaîne pyrénéenne de chez nous) et englobe un nombre de pratiques tauromachiques fort diverses du Chili au Canada en passant par l’inattendu Brésil, partageant parfois des territoires communs avec la corrida espagnole : rodéo chileno, charreadas, jaripeo, rodéos indiens, noirs, gay (!!), pro bull riding, freestyle bullfighting etc.

L’assistance ouvrant des yeux ronds comme des soucoupes devant la diversité des spectacles rassemblés sous l’appellation rodeo. Jean-Baptiste Maudet a patiemment rescencé les influences croisées des américains sur la tauromachie espagnole (l’américain Mariano Ceballos toréant dans les Tauromachies gravées de Goya à dos de cheval et.. de toro!) et de celle ci sur le rodéo, à commencer par… le peuplement du Nouveau-Monde par des taureaux et des chevaux, espèces inconnues avant 1492 mais aussi au 19e siècle Ponciano Diaz, exemple emblématique des passerelles entre les deux pratiques, s’annonce et s’aligne en corrida et Rodeo.

Et puis ce rodéo accaparé au même titre que le personnage du cow-boy par la culture blanche américaine alors que l’histoire pullule de vachers noirs et indiens, quand les USA récupèrent la tauromachie et le rodeo en même temps qu’un tiers du territoire mexicain de jadis après la guerre de 1846-1848. La tauromachie espagnole et portugaise n’a pas droit de citer aux USA depuis lors. Oui certes, à part tout de même quelques toreros (Sydney Franklin, John Fulton…), des allusions appuyées lors des spectacles de Buffalo Bill et aujourd’hui dans la très latine et très taurine Californie où la communauté portugaise originaire des Açores organise depuis un siècle des « bloodless bullfights » où l’on cloue des Farpas en Velcro sur un tapis collé au dos du toro. Quant au rodéo, il se « tauromachise » de plus en plus avec très peu de chevaux désormais et l’emploi  quasi généralisé du taureau.


Dans la partie de questions-réponses à la fin, notre invité se fit encore plus passionnant en évoquant les apports de bétail « brave » dans les élevages actuels des différents rodéos, les destins singuliers de personnages passés par différents types de tauromachie ou encore les subtilités des règles du rodéo ainsi que la carrière d’un écarteur landais dans le rodeo actuel.

Soirée captivante, permettant de digérer la publication des cartels arlesiens quelques heures auparavant

Texte Frédéric Bartholin Photos Jean Yves Blouin

Un Vent de Liberté & Au bout d’une Passion films de François De Luca et Jean Charles Roux

Publié par myriamcomte le 19 décembre 2025
Publié dans: LES REUNIONS. Poster un commentaire
Jean-Charles Roux, aux cotés de Thierry Vignal ©JYB

les deux films ont été projetés au Studio Galande, en la présence de François De Luca réalisateur et de Jean Charles Roux scénariste. Les deux films ont été réalisés en 2024/2025

Simon Casas un vent de liberté. Film de François de Luca et Jean-Charles Roux.

La création de ces deux films est liée aux anniversaires d’une part de la première novillada de Christian Montcouquiol, Nimeno 2, le 17 mai 1975 et d’autre part de l’alternative de Simon Casas à la même date. Mais la présentation de Nimeno et Casas est resituée dans le contexte de l’époque.

François De Luca au Club Taurin de Paris, le 17 décembre 2025. ©JYB

François De Luca explique qu’il n’a pas voulu se figer dans le reportage descriptif, mais mettre en valeur dans un monde taurin qui change, la personnalité extraordinaire de Nimeno, qui marque la toreria française. Ses films sont donc pleins d’émotion relatent les liens avec son frère ainé et la vision de la voltereta fatale de Nimeno et s’attachent plus aux hommes qu’aux combats dans l’arène : « C’est l’histoire d’un jeune qui veut s’en sortir. »

De son côté Jean-Charles Roux souligne à propos du film « Simon Casas un vent de liberté » que l’objectif était de mettre en évidence la trajectoire du jeune torero Casas plutôt que celle de l’empresa et apoderado à succès. Le film n’évoque donc que les 10 premières années de la carrière de Simon Casas et de sa vocation. C’est ainsi qu’on se souvient ou qu’on apprend que Casas a coupé une oreille à Las Ventas le jour de sa première novillada en Espagne!

Les deux films  » d’amateurs / professionnels  » ne font pas l’objet d’une diffusion dans les circuits des salles de cinéma, mais peuvent être mis à la disposition des penas et clubs taurins pour des projections « privées ».

François De Luca signant le livre d’or du Club Taurin de Paris, le 17 décembre 2025. ©JYB

La soirée s’est poursuivie autour des agapes traditionnelles tandis que les deux invités signaient le livre d’or du CTP.

Jean-Charles Roux signant le livre d’or du CTP le 17 décembre 2025. ©JYB
Dédicaces de F De Luca et JC Roux sur le livre d’or du Club

Texte et photos de Jean Yves Blouin extraits de son blog Face à la Corne

Brindis d’or 2ᵉ édition cérémonie en l’honneur de 50 ans de tauromachie française

Publié par myriamcomte le 3 décembre 2025
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Les Brindis visent à affirmer la tauromachie comme un art majeur, au même titre que la musique, la littérature ou le cinéma. Le prestigieux cadre du théâtre de la Madeleine a constitué une arène symbolique pour défendre notre passion et nos libertés.

Monsieur Loyal Arnaud Agnel comédien

Le président du jury chroniqueur, journaliste et écrivain Vincent Bourg « Zocato ».

Le Brindis d’honneur Alain Montcouquiol et Simon Casas remis à Simons Casas par M. le Ministre Eric Dupond-Moretti

Les lauréats


Brindis d’or de l’Aficion

  • le Brindis culture remis à Jérome Veyrunes
  • Le Brindis communication Toros remis à Philippe Lavastre et Frédéric Bartholin
  • le Brindis coup de cœur AEFTC (association des éleveurs français de toros de combat) représentée par Robert Margé Charlotte Yonnet Mathieu Vangelisti et Pierre-Henri callet

Brindis du Collectif :

  • le Brindis organisation Casas and Co remis à Denis Allegrini
  • Le Brindis transmission remis à Vincent Fare et son père

Brindis de la Profession

  • Le Brindis ganadero El Freixo
  • le Brindis quadrilla remis au picador Gabin Rehabi
  • le Brindis novillero remis à Victor Clauzel
  • le Brindis matador remis à Clemente

Merci à Julien Lescarret et Benjamin Guillaume

photos Jean Yves Blouin reportage complet à venir sur son blog « Face à la Corne »

Zocato à la manœuvre pour un bilan inhabituel

Publié par myriamcomte le 14 novembre 2025
Publié dans: LES REUNIONS. Poster un commentaire

Contexte et tonalité générale

  • Zocato livre un bilan à la fois nostalgique et inquiet de la temporada, entremêlé d’anecdotes personnelles et d’histoires taurines (Algérie, Yiyo, tournées, prisons, mariages, etc.).
  • Fil rouge : la quête de surprise et d’authenticité face à une tauromachie qu’il juge trop souvent répétitive et trop longue.

Actualité et signaux d’alerte évoqués

  • Mention d’une déclaration politique en Espagne annonçant la fin de subventions publiques à la tauromachie (annoncée « à 18 h 30 »). Zocato l’utilise comme symptôme d’une offensive anti-corrida.

Figure clé de la saison : Morante de la Puebla

  • Pour Zocato, Morante demeure le seul cette année à incarner le geste « le plus pur » : faire décrire au taureau un point d’interrogation inversé (dominer, attirer, dévier au dernier instant).
  • Il revient sur la journée madrilène : hommage le matin, triomphe, foule en transe, sortie interminable, puis décision de couper la coleta à Madrid (choix du lieu le plus symbolique).
  • Détail « d’éthique » et d’esthétique : costume, taureau Osborne blanc, références à Antoñete ; souci de cohérence jusque dans les symboles.
  • Inquiétude : après Morante, qui portera cette manière-là de toréer ?

Bilan artistique de la temporada (selon Zocato)

Points positifs

  • Moments d’émotion vraie quand l’art s’unit au risque assumé (ex. Morante).
  • Quelques jeunes profils prometteurs (voir ci-dessous).

Réserves

  • Manque de surprise : « ce que je vois, je crois l’avoir déjà vu ».
  • Corridas trop longues (jusqu’à 2 h 45) et faenas étirées quand le toro « ne sert pas ».
  • Technique de l’épée : critique de la généralisation des épées sans cochonnet (garde), qui favorisent « pousser » plus que « placer », au détriment de l’exactitude et de la lisibilité pour le public.
  • Système de cartels fermé : « écuries », échanges, délais de paiement, logique de marché qui bride le renouvellement.

Toreros à suivre / noms cités

  • Marco Pérez : progression physique fulgurante, qualité intacte, « casta » et continuité ; profil à surveiller de près.
  • Víctor Hernández : remarqué (Bagnols, Málaga, Madrid) ; bonne main gauche, potentiel à confirmer.
  • Aarón Palacio : fondamentaux solides, lecture de la charge, interprétation soignée.
  • D’autres cités en passant (Borja Jiménez, David de Miranda, Sébastien Castella — triomphe à Lima — etc.), souvent pour illustrer le besoin de caractère et d’invention plus que pour dresser un palmarès.

Les Français et la relève

  • Selon Zocato, toutes les portes sont ouvertes aux Français, parfois plus qu’aux Espagnols, mais la génération montante n’a pas encore franchi le cap espéré en termes d’impact artistique et de folie créatrice.

Éthique, style et « fondamentaux »

  • Appel à revenir à une esthétique sobre et risquée : proximité vraie, trajectoires courtes et profondes, temps justes (pas d’inflation de passes « pour montrer que ça ne sert pas »).
  • Importance des détails : rituels (clé de la chambre), cohérence des signes, exactitude de l’épée.
  • Critique des faenas démonstratives sans substance et des corridas fleuves qui « volent l’apéro » et fatiguent l’afición.

Anecdotes marquantes (au service de son propos)

  • Algérie : arènes d’Oran restaurées, projet de corrida ; digression sur un président de fédération de rugby et des poteaux sciés à la douane (humour sur les malentendus culturels).
  • Le Yiyo enfant : témérité précoce, vaches landaises, mémoire des bêtes ; évocation des quarante ans de sa mort.
  • Rafael de Paula :
    • Hommage final avec lecture d’un texte publié dans Sud Ouest (2000), « Les hérissons orphelins » prose funèbre, métaphores animales, grandeur tragique.
    • Récit de l’incarcération au Puerto de Santa María : toréer en prison, respect unanime, libération suivie de la tuerie de six toros à Séville ; légende et contradictions d’un gitan génial.
  • Multiples souvenirs de tournées, alternatives, festivals et mariages : une mythologie personnelle pour opposer la folie créatrice d’hier à la standardisation d’aujourd’hui.

Propositions/souhaits de Zocato

  • Chercher la surprise : accueillir des toreros capables de « réinventer » (au besoin par la folie, pas par la quantité).
  • Alléger les spectacles : retrouver des corridas courtes et intenses (référence à une corrida madrilène: 1 h 14 sans feria).
  • Donner une scène aux anciens : idée d’un circuit de « papys » (à la manière des tournois de tennis seniors) mêlé à des festivals avec jeunes, pour attirer le public et réenchanter l’afición.

Conclusion synthétique

  • Diagnostic : temporada jugée peu surprenante, souvent trop longue ; Morante sauve l’année par des instants d’art purs et risqués et par un adieu madrilène hautement symbolique.
  • Enjeu : renouvellement esthétique (risque, vérité, précision) et renouvellement des noms (Marco Pérez, Víctor Hernández, Aarón Palacios…).
  • Contexte : pression politique accrue en Espagne (information rapportée, non vérifiée ici), d’où l’importance d’une tauromachie exemplaire sur l’éthique, la brièveté et la sincérité.
  • Voie d’avenir : formats plus nerveux, cartels ouverts, et pourquoi pas un circuit d’anciens pour redonner du liant entre générations.

Petit Billet

Il y a des soirs où l’afición se regarde dans le miroir et hésite entre sourire et soupir. Le 12 novembre, Zocato a tenu ce miroir avec sa verve inimitable : un tourbillon d’anecdotes, de souvenirs et d’uppercuts tendres à la saison taurine qui s’achève. Son fil rouge ? La surprise perdue. « Ce que je vois, je crois l’avoir déjà vu », confesse-t-il, regrettant les faenas étirées quand le toro ne sert pas, ces 2 h 45 qui grignotent l’envie autant que l’apéro, et la technique de l’épée devenue affaire de poussée plus que de précision.

Au milieu du déjà-vu, un éclat : Morante de la Puebla. Zocato le hisse au rang de seul matador capable, cette année, de tracer ce point d’interrogation inversé qui transforme la charge en évidence. Il raconte Madrid : l’hommage du matin, le triomphe, la marée humaine, puis la coleta tranchée là où cela a du sens. Détails justes, éthique soignée — du costume à l’intention —, et l’impression qu’avec lui s’éloigne une manière rare de toréer court, vrai, près et profond.

Le regard glisse alors vers demain. Zocato guette les secousses : Marco Pérez, grandi d’un hiver sans perdre la qualité ; Víctor Hernández, main gauche prometteuse ; Aarón Palacio, fondamentaux nets. Mais il pointe un système verrouillé, des cartels en circuit fermé et une France taurine à qui tout est ouvert mais qui n’a pas encore bondi. En arrière-plan, une note politique inquiétante sur la fin des aides publiques en Espagne signe, dit-il, d’un vent contraire qui exige une tauromachie exemplaire et nerveuse.

Comme toujours chez Zocato, la mémoire éclaire le présent : Yiyo enfant, les vaches landaises qui « appellent par les prénoms », et surtout l’hommage à Rafael de Paula, gitan de cristal et de feu, dont il lit une prose lumineuse et triste. De là surgit une proposition malicieuse et sérieuse à la fois : inventer un circuit de « papys » mêlant anciens et jeunes en festivals courts, pour réenchanter l’arène.

On sort de la salle avec l’envie paradoxale d’un retour aux choses simples : vérité, brièveté, audace. Et ce vœu, presque enfantin, que demain quelqu’un ose à nouveau nous surprendre.

Texte Vicentino-Photos Jean-Yves Blouin, membres du Club taurin de Paris

Prix de la rencontre 2025

Publié par myriamcomte le 13 novembre 2025
Publié dans: PRIX DE LA RENCONTRE. Poster un commentaire

Alors que la majorité des prix viennent récompenser soit un torero, soit un taureau, soit encore un acte de combat particulièrement remarquable, le Club taurin de Paris souhaite rendre hommage, au terme du saison européenne, à ce qui sera apparu à la majorité de ses membres comme la rencontre marquante de l’année entre tel taureau et tel torero, dès lors que cet évènement revêtira une dimension mémorable. Une telle rencontre ne doit pas être confondue avec la prestation la plus complète, la plus artistique ou celle qui a reçu les trophées maxima.

Le premier prix de la Rencontre a été attribué pour la saison 2006, distinguant conjointement torero et éleveur. Depuis, il a été attribué chaque année au terme de chaque saison.

Pour la saison 2025 ont été proposés :

Brigadier de Pedraza de Yeltes combattu par Isaac Fonseca à Madrid le 14 mai

Tapaboca de La Quinta combattu par Borja Jimenez à Bilbao le 20 août

Cantaor de Victoriano del Rio combattu par Roca Rey à Bilbao le 21 août

Guapeton de Garcigrande combattu par Diego Urdiales à Bilbao le 22 aout

Mes de Mayo de Santiago Domecq combattu par Clemente à Dax le 14 septembre

Truchero de Jandilla combattu par Roca Rey à Nîmes le 20 septembre

photo Jean-Yves Blouin

Le prix 2025 a été attribué à Tropical de Garcigrande, combattu par Robleno le jour de sa despedida à Madrid le 12 octobre.

l’esprit du Prix de la rencontre et la mise à jour des prix attribués depuis l’origine en 2006 Jean Pierre Hedoin, président d’honneur du Club taurin de Paris

photos Plaza 1/ Ferdinand de Marchi/ Jean Yves Blouin

Culture et convivialité au Club

Publié par myriamcomte le 24 juin 2025
Publié dans: LES REUNIONS. Poster un commentaire

Ce dimanche, le CTP organisait sa traditionnelle garden party chez Ursula Berthon où se sont réunis une vingtaine de membres : les autres étaient au loin sur les routes d’Espagne et de France où de nombreux événements taurins étaient programmés.

Serpentina par Jean Berthon

Le quiz taurin traditionnellement préparé par Thierry Vignal et Jean-Pierre Hedoin a vu s’opposer deux équipes.

Quelques exemples des difficiles questions :

2025 est l’année de commémoration d’un événement tragique pour la tauromachie. lequel?

La mort dans l’arène d’El Yiyo survenue il y a 40 ans.

En 2010, la corrida de Beneficencia de Madrid a été l’occasion d’une competencia entre Morante et un autre torero, lequel ?

Daniel Luque.

En 1999, à Dax, une corrida a connu un succès extraordinaire avec 11 oreilles coupées. Quels toreros étaient au cartel ?

Enrique Ponce, Morante de la Puebla, Miguel Abellán, toros de Samuel Flores.

Morante est sorti 2 fois par la Porte du Prince, mais combien de fois a-t-il triomphé à Séville avec des faenas de 2 oreilles ? 8 fois

Il y a 15 jours, Borja Jiménez a affronté 6 toros de Victorino Martín à Nîmes. Citez au moins 3 autres toreros ayant relevé le même défi ?

Ils sont assez nombreux en fait : Ruiz Miguel, Vazquez, Roberto Dominguez, Emilio de Justo, Capea etc.

Qui furent les 6 matadors vedettes au cartel de la corrida hommage à Victor Barrio donnée à Valladolid en septembre 2016 ?

El Juli, Morante, José Tomás, Manzanares, Juan José Padilla, Talavante.

Quel est le nom officiel de la féria de Teruel ?

Feria de la vaquilla del Angel.

Quel matador a affronté Rabatillo de Alcurrucen et Ebreo de Jandilla ?

Sébastien Castella.

L’après-midi se poursuivit par la tombola au cours de laquelle Thierry Vignal fit gagner de nombreux lots provenant de la bibliothèque de notre ami Jean-Louis Coy.

Il y eut aussi à gagner une superbe photo de Jean Yves Blouin représentant une très belle trinchera de Morante de la Puebla.

Puis ce fut le temps du buffet autour duquel la première partie de la temporada a été très commentée.

Un grand merci à Ursula pour avoir permis l’organisation de cette belle après-midi

Texte et photos Jean Yves Blouin

Eddie Pons un dessin pour le Club

Publié par myriamcomte le 20 juin 2025
Publié dans: LES REUNIONS. Poster un commentaire
Eddie Pons le 11 juin photo Jean Yves Blouin
Eddie Pons le 11 juin photo Jean Yves Blouin
Eddie Pons le 11 juin photo Jean Yves Blouin

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