club taurin de Paris

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Tauromachie et rodéo: un cousinage transatlantique

Publié par myriamcomte le 28 janvier 2026
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Ce 21 janvier, nous eûmes la chance et le privilège d’accueillir un invité espéré (pas seulement au sens d’attendu) de longue date : le géographe, romancier, universitaire de l’université de Pau et des pays de l’Adour : Jean-Baptiste Maudet pour une conférence ô combien inédite et originale : Tauromachie et Rodeo : Un cousinage transatlantique.


Cousinage mutuellement non désiré, tant par les tenants de la corrida voyant dans le rodeo un divertissement de cul-terreux loin du raffinement séculaire de l’art de Cucharés, que par les aficionados du rodeo souvent horrifiés par l’idée barbare, sanguinaire et décadente de trucider un Toro en public au moyen d’une arme blanche.

Présentation abondamment illustrée et documentée articulée autour de trois parties :

1 Unité et diversité des pratiques tauromachies
2 Diffusion spatiale et différenciation des jeux taurins
3 La Californie taurine : le retour du refoulé

En bon universitaire, Jean-Baptiste Maudet a le souci de la définition de son sujet et de la recherche de ses racines, il faut entendre par pratiques tauromachiques l’ensemble des spectacles où l’on observe des affrontements réels entre humains et bovins avec ou sans l’intermédiaire du cheval. À noter que la tauromachie est le seul spectacle au monde proposant un affrontement d’un homme avec un animal. Quant au rodéo, il vient du terme espagnol « rodear » (entourer) et d’une pratique de vachers (on appréciera le voyage du terme  par les Amériques jusqu’à notre dictionnaire, alors qu’il n’était qu’à une chaîne pyrénéenne de chez nous) et englobe un nombre de pratiques tauromachiques fort diverses du Chili au Canada en passant par l’inattendu Brésil, partageant parfois des territoires communs avec la corrida espagnole : rodéo chileno, charreadas, jaripeo, rodéos indiens, noirs, gay (!!), pro bull riding, freestyle bullfighting etc.

L’assistance ouvrant des yeux ronds comme des soucoupes devant la diversité des spectacles rassemblés sous l’appellation rodeo. Jean-Baptiste Maudet a patiemment rescencé les influences croisées des américains sur la tauromachie espagnole (l’américain Mariano Ceballos toréant dans les Tauromachies gravées de Goya à dos de cheval et.. de toro!) et de celle ci sur le rodéo, à commencer par… le peuplement du Nouveau-Monde par des taureaux et des chevaux, espèces inconnues avant 1492 mais aussi au 19e siècle Ponciano Diaz, exemple emblématique des passerelles entre les deux pratiques, s’annonce et s’aligne en corrida et Rodeo.

Et puis ce rodéo accaparé au même titre que le personnage du cow-boy par la culture blanche américaine alors que l’histoire pullule de vachers noirs et indiens, quand les USA récupèrent la tauromachie et le rodeo en même temps qu’un tiers du territoire mexicain de jadis après la guerre de 1846-1848. La tauromachie espagnole et portugaise n’a pas droit de citer aux USA depuis lors. Oui certes, à part tout de même quelques toreros (Sydney Franklin, John Fulton…), des allusions appuyées lors des spectacles de Buffalo Bill et aujourd’hui dans la très latine et très taurine Californie où la communauté portugaise originaire des Açores organise depuis un siècle des « bloodless bullfights » où l’on cloue des Farpas en Velcro sur un tapis collé au dos du toro. Quant au rodéo, il se « tauromachise » de plus en plus avec très peu de chevaux désormais et l’emploi  quasi généralisé du taureau.


Dans la partie de questions-réponses à la fin, notre invité se fit encore plus passionnant en évoquant les apports de bétail « brave » dans les élevages actuels des différents rodéos, les destins singuliers de personnages passés par différents types de tauromachie ou encore les subtilités des règles du rodéo ainsi que la carrière d’un écarteur landais dans le rodeo actuel.

Soirée captivante, permettant de digérer la publication des cartels arlesiens quelques heures auparavant

Texte Frédéric Bartholin Photos Jean Yves Blouin

Un Vent de Liberté & Au bout d’une Passion films de François De Luca et Jean Charles Roux

Publié par myriamcomte le 19 décembre 2025
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Jean-Charles Roux, aux cotés de Thierry Vignal ©JYB

les deux films ont été projetés au Studio Galande, en la présence de François De Luca réalisateur et de Jean Charles Roux scénariste. Les deux films ont été réalisés en 2024/2025

Simon Casas un vent de liberté. Film de François de Luca et Jean-Charles Roux.

La création de ces deux films est liée aux anniversaires d’une part de la première novillada de Christian Montcouquiol, Nimeno 2, le 17 mai 1975 et d’autre part de l’alternative de Simon Casas à la même date. Mais la présentation de Nimeno et Casas est resituée dans le contexte de l’époque.

François De Luca au Club Taurin de Paris, le 17 décembre 2025. ©JYB

François De Luca explique qu’il n’a pas voulu se figer dans le reportage descriptif, mais mettre en valeur dans un monde taurin qui change, la personnalité extraordinaire de Nimeno, qui marque la toreria française. Ses films sont donc pleins d’émotion relatent les liens avec son frère ainé et la vision de la voltereta fatale de Nimeno et s’attachent plus aux hommes qu’aux combats dans l’arène : « C’est l’histoire d’un jeune qui veut s’en sortir. »

De son côté Jean-Charles Roux souligne à propos du film « Simon Casas un vent de liberté » que l’objectif était de mettre en évidence la trajectoire du jeune torero Casas plutôt que celle de l’empresa et apoderado à succès. Le film n’évoque donc que les 10 premières années de la carrière de Simon Casas et de sa vocation. C’est ainsi qu’on se souvient ou qu’on apprend que Casas a coupé une oreille à Las Ventas le jour de sa première novillada en Espagne!

Les deux films  » d’amateurs / professionnels  » ne font pas l’objet d’une diffusion dans les circuits des salles de cinéma, mais peuvent être mis à la disposition des penas et clubs taurins pour des projections « privées ».

François De Luca signant le livre d’or du Club Taurin de Paris, le 17 décembre 2025. ©JYB

La soirée s’est poursuivie autour des agapes traditionnelles tandis que les deux invités signaient le livre d’or du CTP.

Jean-Charles Roux signant le livre d’or du CTP le 17 décembre 2025. ©JYB
Dédicaces de F De Luca et JC Roux sur le livre d’or du Club

Texte et photos de Jean Yves Blouin extraits de son blog Face à la Corne

Brindis d’or 2ᵉ édition cérémonie en l’honneur de 50 ans de tauromachie française

Publié par myriamcomte le 3 décembre 2025
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Les Brindis visent à affirmer la tauromachie comme un art majeur, au même titre que la musique, la littérature ou le cinéma. Le prestigieux cadre du théâtre de la Madeleine a constitué une arène symbolique pour défendre notre passion et nos libertés.

Monsieur Loyal Arnaud Agnel comédien

Le président du jury chroniqueur, journaliste et écrivain Vincent Bourg « Zocato ».

Le Brindis d’honneur Alain Montcouquiol et Simon Casas remis à Simons Casas par M. le Ministre Eric Dupond-Moretti

Les lauréats


Brindis d’or de l’Aficion

  • le Brindis culture remis à Jérome Veyrunes
  • Le Brindis communication Toros remis à Philippe Lavastre et Frédéric Bartholin
  • le Brindis coup de cœur AEFTC (association des éleveurs français de toros de combat) représentée par Robert Margé Charlotte Yonnet Mathieu Vangelisti et Pierre-Henri callet

Brindis du Collectif :

  • le Brindis organisation Casas and Co remis à Denis Allegrini
  • Le Brindis transmission remis à Vincent Fare et son père

Brindis de la Profession

  • Le Brindis ganadero El Freixo
  • le Brindis quadrilla remis au picador Gabin Rehabi
  • le Brindis novillero remis à Victor Clauzel
  • le Brindis matador remis à Clemente

Merci à Julien Lescarret et Benjamin Guillaume

photos Jean Yves Blouin reportage complet à venir sur son blog « Face à la Corne »

Zocato à la manœuvre pour un bilan inhabituel

Publié par myriamcomte le 14 novembre 2025
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Contexte et tonalité générale

  • Zocato livre un bilan à la fois nostalgique et inquiet de la temporada, entremêlé d’anecdotes personnelles et d’histoires taurines (Algérie, Yiyo, tournées, prisons, mariages, etc.).
  • Fil rouge : la quête de surprise et d’authenticité face à une tauromachie qu’il juge trop souvent répétitive et trop longue.

Actualité et signaux d’alerte évoqués

  • Mention d’une déclaration politique en Espagne annonçant la fin de subventions publiques à la tauromachie (annoncée « à 18 h 30 »). Zocato l’utilise comme symptôme d’une offensive anti-corrida.

Figure clé de la saison : Morante de la Puebla

  • Pour Zocato, Morante demeure le seul cette année à incarner le geste « le plus pur » : faire décrire au taureau un point d’interrogation inversé (dominer, attirer, dévier au dernier instant).
  • Il revient sur la journée madrilène : hommage le matin, triomphe, foule en transe, sortie interminable, puis décision de couper la coleta à Madrid (choix du lieu le plus symbolique).
  • Détail « d’éthique » et d’esthétique : costume, taureau Osborne blanc, références à Antoñete ; souci de cohérence jusque dans les symboles.
  • Inquiétude : après Morante, qui portera cette manière-là de toréer ?

Bilan artistique de la temporada (selon Zocato)

Points positifs

  • Moments d’émotion vraie quand l’art s’unit au risque assumé (ex. Morante).
  • Quelques jeunes profils prometteurs (voir ci-dessous).

Réserves

  • Manque de surprise : « ce que je vois, je crois l’avoir déjà vu ».
  • Corridas trop longues (jusqu’à 2 h 45) et faenas étirées quand le toro « ne sert pas ».
  • Technique de l’épée : critique de la généralisation des épées sans cochonnet (garde), qui favorisent « pousser » plus que « placer », au détriment de l’exactitude et de la lisibilité pour le public.
  • Système de cartels fermé : « écuries », échanges, délais de paiement, logique de marché qui bride le renouvellement.

Toreros à suivre / noms cités

  • Marco Pérez : progression physique fulgurante, qualité intacte, « casta » et continuité ; profil à surveiller de près.
  • Víctor Hernández : remarqué (Bagnols, Málaga, Madrid) ; bonne main gauche, potentiel à confirmer.
  • Aarón Palacio : fondamentaux solides, lecture de la charge, interprétation soignée.
  • D’autres cités en passant (Borja Jiménez, David de Miranda, Sébastien Castella — triomphe à Lima — etc.), souvent pour illustrer le besoin de caractère et d’invention plus que pour dresser un palmarès.

Les Français et la relève

  • Selon Zocato, toutes les portes sont ouvertes aux Français, parfois plus qu’aux Espagnols, mais la génération montante n’a pas encore franchi le cap espéré en termes d’impact artistique et de folie créatrice.

Éthique, style et « fondamentaux »

  • Appel à revenir à une esthétique sobre et risquée : proximité vraie, trajectoires courtes et profondes, temps justes (pas d’inflation de passes « pour montrer que ça ne sert pas »).
  • Importance des détails : rituels (clé de la chambre), cohérence des signes, exactitude de l’épée.
  • Critique des faenas démonstratives sans substance et des corridas fleuves qui « volent l’apéro » et fatiguent l’afición.

Anecdotes marquantes (au service de son propos)

  • Algérie : arènes d’Oran restaurées, projet de corrida ; digression sur un président de fédération de rugby et des poteaux sciés à la douane (humour sur les malentendus culturels).
  • Le Yiyo enfant : témérité précoce, vaches landaises, mémoire des bêtes ; évocation des quarante ans de sa mort.
  • Rafael de Paula :
    • Hommage final avec lecture d’un texte publié dans Sud Ouest (2000), « Les hérissons orphelins » prose funèbre, métaphores animales, grandeur tragique.
    • Récit de l’incarcération au Puerto de Santa María : toréer en prison, respect unanime, libération suivie de la tuerie de six toros à Séville ; légende et contradictions d’un gitan génial.
  • Multiples souvenirs de tournées, alternatives, festivals et mariages : une mythologie personnelle pour opposer la folie créatrice d’hier à la standardisation d’aujourd’hui.

Propositions/souhaits de Zocato

  • Chercher la surprise : accueillir des toreros capables de « réinventer » (au besoin par la folie, pas par la quantité).
  • Alléger les spectacles : retrouver des corridas courtes et intenses (référence à une corrida madrilène: 1 h 14 sans feria).
  • Donner une scène aux anciens : idée d’un circuit de « papys » (à la manière des tournois de tennis seniors) mêlé à des festivals avec jeunes, pour attirer le public et réenchanter l’afición.

Conclusion synthétique

  • Diagnostic : temporada jugée peu surprenante, souvent trop longue ; Morante sauve l’année par des instants d’art purs et risqués et par un adieu madrilène hautement symbolique.
  • Enjeu : renouvellement esthétique (risque, vérité, précision) et renouvellement des noms (Marco Pérez, Víctor Hernández, Aarón Palacios…).
  • Contexte : pression politique accrue en Espagne (information rapportée, non vérifiée ici), d’où l’importance d’une tauromachie exemplaire sur l’éthique, la brièveté et la sincérité.
  • Voie d’avenir : formats plus nerveux, cartels ouverts, et pourquoi pas un circuit d’anciens pour redonner du liant entre générations.

Petit Billet

Il y a des soirs où l’afición se regarde dans le miroir et hésite entre sourire et soupir. Le 12 novembre, Zocato a tenu ce miroir avec sa verve inimitable : un tourbillon d’anecdotes, de souvenirs et d’uppercuts tendres à la saison taurine qui s’achève. Son fil rouge ? La surprise perdue. « Ce que je vois, je crois l’avoir déjà vu », confesse-t-il, regrettant les faenas étirées quand le toro ne sert pas, ces 2 h 45 qui grignotent l’envie autant que l’apéro, et la technique de l’épée devenue affaire de poussée plus que de précision.

Au milieu du déjà-vu, un éclat : Morante de la Puebla. Zocato le hisse au rang de seul matador capable, cette année, de tracer ce point d’interrogation inversé qui transforme la charge en évidence. Il raconte Madrid : l’hommage du matin, le triomphe, la marée humaine, puis la coleta tranchée là où cela a du sens. Détails justes, éthique soignée — du costume à l’intention —, et l’impression qu’avec lui s’éloigne une manière rare de toréer court, vrai, près et profond.

Le regard glisse alors vers demain. Zocato guette les secousses : Marco Pérez, grandi d’un hiver sans perdre la qualité ; Víctor Hernández, main gauche prometteuse ; Aarón Palacio, fondamentaux nets. Mais il pointe un système verrouillé, des cartels en circuit fermé et une France taurine à qui tout est ouvert mais qui n’a pas encore bondi. En arrière-plan, une note politique inquiétante sur la fin des aides publiques en Espagne signe, dit-il, d’un vent contraire qui exige une tauromachie exemplaire et nerveuse.

Comme toujours chez Zocato, la mémoire éclaire le présent : Yiyo enfant, les vaches landaises qui « appellent par les prénoms », et surtout l’hommage à Rafael de Paula, gitan de cristal et de feu, dont il lit une prose lumineuse et triste. De là surgit une proposition malicieuse et sérieuse à la fois : inventer un circuit de « papys » mêlant anciens et jeunes en festivals courts, pour réenchanter l’arène.

On sort de la salle avec l’envie paradoxale d’un retour aux choses simples : vérité, brièveté, audace. Et ce vœu, presque enfantin, que demain quelqu’un ose à nouveau nous surprendre.

Texte Vicentino-Photos Jean-Yves Blouin, membres du Club taurin de Paris

Prix de la rencontre 2025

Publié par myriamcomte le 13 novembre 2025
Publié dans: PRIX DE LA RENCONTRE. Poster un commentaire

Alors que la majorité des prix viennent récompenser soit un torero, soit un taureau, soit encore un acte de combat particulièrement remarquable, le Club taurin de Paris souhaite rendre hommage, au terme du saison européenne, à ce qui sera apparu à la majorité de ses membres comme la rencontre marquante de l’année entre tel taureau et tel torero, dès lors que cet évènement revêtira une dimension mémorable. Une telle rencontre ne doit pas être confondue avec la prestation la plus complète, la plus artistique ou celle qui a reçu les trophées maxima.

Le premier prix de la Rencontre a été attribué pour la saison 2006, distinguant conjointement torero et éleveur. Depuis, il a été attribué chaque année au terme de chaque saison.

Pour la saison 2025 ont été proposés :

Brigadier de Pedraza de Yeltes combattu par Isaac Fonseca à Madrid le 14 mai

Tapaboca de La Quinta combattu par Borja Jimenez à Bilbao le 20 août

Cantaor de Victoriano del Rio combattu par Roca Rey à Bilbao le 21 août

Guapeton de Garcigrande combattu par Diego Urdiales à Bilbao le 22 aout

Mes de Mayo de Santiago Domecq combattu par Clemente à Dax le 14 septembre

Truchero de Jandilla combattu par Roca Rey à Nîmes le 20 septembre

photo Jean-Yves Blouin

Le prix 2025 a été attribué à Tropical de Garcigrande, combattu par Robleno le jour de sa despedida à Madrid le 12 octobre.

l’esprit du Prix de la rencontre et la mise à jour des prix attribués depuis l’origine en 2006 Jean Pierre Hedoin, président d’honneur du Club taurin de Paris

photos Plaza 1/ Ferdinand de Marchi/ Jean Yves Blouin

Culture et convivialité au Club

Publié par myriamcomte le 24 juin 2025
Publié dans: LES REUNIONS. Poster un commentaire

Ce dimanche, le CTP organisait sa traditionnelle garden party chez Ursula Berthon où se sont réunis une vingtaine de membres : les autres étaient au loin sur les routes d’Espagne et de France où de nombreux événements taurins étaient programmés.

Serpentina par Jean Berthon

Le quiz taurin traditionnellement préparé par Thierry Vignal et Jean-Pierre Hedoin a vu s’opposer deux équipes.

Quelques exemples des difficiles questions :

2025 est l’année de commémoration d’un événement tragique pour la tauromachie. lequel?

La mort dans l’arène d’El Yiyo survenue il y a 40 ans.

En 2010, la corrida de Beneficencia de Madrid a été l’occasion d’une competencia entre Morante et un autre torero, lequel ?

Daniel Luque.

En 1999, à Dax, une corrida a connu un succès extraordinaire avec 11 oreilles coupées. Quels toreros étaient au cartel ?

Enrique Ponce, Morante de la Puebla, Miguel Abellán, toros de Samuel Flores.

Morante est sorti 2 fois par la Porte du Prince, mais combien de fois a-t-il triomphé à Séville avec des faenas de 2 oreilles ? 8 fois

Il y a 15 jours, Borja Jiménez a affronté 6 toros de Victorino Martín à Nîmes. Citez au moins 3 autres toreros ayant relevé le même défi ?

Ils sont assez nombreux en fait : Ruiz Miguel, Vazquez, Roberto Dominguez, Emilio de Justo, Capea etc.

Qui furent les 6 matadors vedettes au cartel de la corrida hommage à Victor Barrio donnée à Valladolid en septembre 2016 ?

El Juli, Morante, José Tomás, Manzanares, Juan José Padilla, Talavante.

Quel est le nom officiel de la féria de Teruel ?

Feria de la vaquilla del Angel.

Quel matador a affronté Rabatillo de Alcurrucen et Ebreo de Jandilla ?

Sébastien Castella.

L’après-midi se poursuivit par la tombola au cours de laquelle Thierry Vignal fit gagner de nombreux lots provenant de la bibliothèque de notre ami Jean-Louis Coy.

Il y eut aussi à gagner une superbe photo de Jean Yves Blouin représentant une très belle trinchera de Morante de la Puebla.

Puis ce fut le temps du buffet autour duquel la première partie de la temporada a été très commentée.

Un grand merci à Ursula pour avoir permis l’organisation de cette belle après-midi

Texte et photos Jean Yves Blouin

Eddie Pons un dessin pour le Club

Publié par myriamcomte le 20 juin 2025
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Eddie Pons le 11 juin photo Jean Yves Blouin
Eddie Pons le 11 juin photo Jean Yves Blouin
Eddie Pons le 11 juin photo Jean Yves Blouin

Une soirée d’été avec Eddie Pons

Publié par myriamcomte le 14 juin 2025
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C’est au sympathique Village que se déroula la dernière soirée du CTP précédant la pause estivale ; l’invité du jour, le Nîmois d’adoption Eddie Pons président de l’association Les Avocats du Diable depuis 25 ans.
Après que Thierry Vignal ait rappelé les différentes soirées littéraires organisées auparavant par le CTP, Jean Davoigneau présenta son « ami de trente ans », Eddie Pons , se remémorant les moments formidables qu’ils ont partagés.
Eddie fit part des salutations fraternelles et taurines de Marion Mazauric qu’il connaît depuis très longtemps et de Jacques Olivier Liby invité du CTP en avril 2024.


Eddie Pons, à la demande de Jean Davoigneau, présente à la fois l’association Les Avocats du Diable ainsi que les éditions du Diable Vauvert, créées par Marion Mazauric à son retour à Vauvert après des années parisiennes. Les éditions du Diable Vauvert, s’installèrent dans une ancienne école de Vauvert, aménagée par la mairie. Ce lieu, au sein de la Petite Camargue, a permis à six cents auteurs de s’y installer en résidence, auteurs du Diable Vauvert ou d’autres maisons d’édition.


Comment le prix international Hemingway a-t-il vu le jour ?

En 2004, Marion Mazauric au retour d’un salon du livre dans le Sud-Ouest, où elle avait présenté le livre de Simon Casas Taches d’encre et de sang, eut l’idée de créer un prix qui récompenserait des nouvelles en lien avec la tauromachie afin de donner une dimension littéraire à la féria de Nîmes, durant laquelle il serait attribué chaque année.

Elle sollicita Eddie Pons, président de l’association les Avocats du Diable, afin qu’il participe au jury. Il hésita un peu, étant un dessinateur plutôt qu’un littéraire mais finit par accepter. C’est ainsi que depuis 21 ans, il participe à l’attribution du prix Hemingway.
Le jury composé de 7 personnes et présidé par Laure Adler se réunit le vendredi de la féria pour délibérer. Parmi les membres du jury : Marion Mazeuric, l’autrice Anne Plantagenet, les écrivains,
journalistes Michel Cardoze et Claude Sérillon, la journaliste Marianne Payot , le journaliste François Bachy , le réalisateur et dessinateur Eddie Pons ici présent, ainsi que le lauréat de l’année
précédente, Fabien Penchinat pour le jury 2025.

Les nouvelles sont anonymisées dès la phase de présélection, qui débute en février, date de dépôt des nouvelles. Cette présélection est effectuée par un comité de lecture indépendant du jury. Ce comité a pour tâche de ne conserver que les nouvelles remplissant entre autres les critères suivants : être une œuvre de fiction ayant un lien avec la tauromachie. Ce qui laisse une grande latitude aux œuvres qui s’avèrent de plus en plus diversifiées. Les auteurs ne sont pas forcément des aficionados ou aficionadas. Ainsi, la lauréate 2025, Sylvie Callet, est autrice de polar et n’a jamais vu de corrida.
Le chèque attribué au vainqueur a une valeur de 2000 euros, il s’accompagne d’une place dans le callejon. Le montant du chèque s’élevait à 4000 euros jusqu’à la crise COVID, grâce à la participation financière de Simon Casas cofondateur du prix.
La première année, le jury reçut 37 nouvelles. La plus grosse participation fut l’envoi de 277 nouvelles dont 120 en espagnol, qui dans ce cas sont traduites en français certaines par notre invité.

Depuis ces dernières années, le nombre de nouvelles reçues s’échelonne entre 150 et 190, ce qui fait du prix Hemingway un des plus importants prix littéraires récompensant des nouvelles.
Ces dernières années, les participantes sont de plus en plus nombreuses, 30 % pour 2025.
Afin d’éviter qu’un auteur ou une autrice capte le prix plusieurs années, les lauréats ne peuvent pas reconcourir. Pour l’anecdote, le lauréat 2024 avait concouru treize fois.

Parmi les aficionados présents à cette soirée, plusieurs participent ou participèrent au prix Hemingway, sans avoir jamais été Lauréat-e . Parmi eux, Philippe Soudée qui, pour autant, n’est pas rancunier, comme le souligna Eddie Pons car, il se vit, lui-même attribué un prix, lors d’une soirée du Ruedo Newton. Lauréat ou pas, Philippe Soudée estime que ce prix a sa raison d’être car il est chargé de sens.
Nicolas Havouis, également auteur de nouvelles pour le prix Hemingway, déplore que parfois, les nouvelles lauréates ne soient pas très taurines. Pour sa part, ce prix lui permet de servir deux passions, la tauromachie et l’écriture.

Nicolas Havouis & Philippe Soudée photo Jean Yves Blouin


Combien de recueils sont-ils vendus ?
Eddie Pons note que les livres taurins ainsi que les recueils de nouvelles n’ont pas vraiment vocation à être des best-sellers. Quelques centaines d’exemplaires sont vendues chaque année. La maison d’édition n’ayant pas d’argent, l’association les Avocats du Diable fait des pré achats. Les livres n’ont pas de diffusion en Espagne car ils paraissent en français ; en conséquence, la participation en langue espagnole (Espagne mais aussi Amérique) diminue.


Quelles évolutions pour le prix Hemingway ?
Eddie Pons dit s’être posé la question à plusieurs niveaux.
Tout d’abord, ne serait-il pas souhaitable de rajeunir le jury ?
Concernant les nouvelles, il serait peut-être nécessaire de resserrer le sujet ?
Il évoque la possibilité de lever l’anonymat afin que des auteurs reconnus y participent ?
Quelques suggestions viennent de la salle.
Éditer le recueil sous forme de BD ou de manga ?
Pourquoi n’y aurait-il pas, parmi le jury, des acteurs du mundillo ?
Pourquoi n’y aurait-il pas pour chaque édition un écrivain invité qui serait hors concours ?


Interrogé sur son travail hors sa mission de président des Avocats du Diable, Eddie Pons résuma sa carrière : Il dessina pour plusieurs quotidiens espagnols lorsqu’il était à Barcelone, puis, de retour en France, pour la presse régionale, Usine Nouvelle et la presse agricole … S’il réalise des dessins sur la thématique tauromachique, comme en témoigne le livre compilation Scènes d’Arènes, il illustre également des conférences traitant du social ou du travail à travers la formation professionnelle.

Par ailleurs, il est co auteur avec Jacques Durand Pastis de muerte à la feria corrida, imprimé par la revue Corrida, cette œuvre ne leur rapporta aucun gain financier mais des apéros toute l’année lors des invitations dans différents clubs taurins, pour évoquer le livre. Autres ouvrages, Petit nécessaire de toilette à l’usage de ceux qui s’astiquent avant la corrida et avec René Domergue, Avise la pétanque, , Avise le loto,
Parmi les projets en cours, il illustre avec un avocat des brèves et un livre destiné aux enfants, avec Léa Vicens
Il est également auteur et réalisateur de documentaires, de courts métrages et de dessins animés.
comme Flamen’comic’ ainsi qu’à l’origine de nombreuses expositions.


Avant la séance de dédicaces, le président Thierry Vignal, remercie et clôt la soirée en rappelant que la fête du club, avec au programme toreo de salon, quiz taurin et tombola permettant de gagner moult ouvrages taurins , se tiendra le dimanche 22 Juin à partir de 17h.

texte Martine Bourand Lucet photos Jean Yves Blouin

Tardes de Soledad Tertulia

Publié par myriamcomte le 16 avril 2025
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Au programme  de la soirée du 10 Avril, le CTP proposait  une tertulia autour du film documentaire  d’Albert Serra Tardes de Soledad, présenté en avant première lors, d’une matinée du Club Taurin de Paris, en  la présence de d’Albert Serra qui accepta immédiatement l’invitation et  découvrit  ainsi,  qu’il existait des clubs taurins à Paris. Comme le souligna d’emblée le président, ce choix s’imposait d’une part, par sa couverture médiatique plutôt inespérée et d’autre part par les nombreux échanges entre aficionados sur le sujet. La richesse des commentaires, questionnements, témoignages, et ressentis  échangés au cours de la soirée témoignèrent du bien fondé de ce choix.

Fut en tout premier lieu, abordé par Sandrine Lamantowicz, un aspect plus méconnu de la vie du film, la genèse de sa distribution et l’aspect économique, principalement  en France. Araceli Guillaume-Alonso quant à elle, éclaira l’assistance  sur sa réception en Espagne.

Sandrine Lamantowicz photo Jean Yves Blouin
Araceli Guillaume-Alonso photo Jean Yves Blouin

Pour tout film, il faut qu’un producteur investisse soit au début du tournage soit lors du montage. Lorsque le film est terminé, il s’agit alors de trouver des distributeurs qui en achètent les droits dans différents pays. Concernant Tardes de Soledad, aucun distributeur n’avait paru intéressé en France jusqu’au moment où il reçut la Concha de Oro au festival de San Sebastian. L’attribution de ce prix et la notoriété de Serra dans les milieux cinéphiles, firent que Dulac distribution, distributeur indépendant, également propriétaire de salles en acheta les droits. Le film, ainsi acquis, put être distribué à la fois dans ses salles mais également dans d’autres cinémas. Cinq à dix copies furent diffusées à la fois dans les dix villes taurines principales et à Paris 8 salles (entre Paris et la périphérie). Albert Serra fut très actif dans la promotion de son film animant de nombreuses avant-premières et rencontrant la presse à plusieurs reprises. Le résultat fut inespéré. Le jour de sa sortie en France, le 26 Mars, il fut distribué dans 47 salles à raison d’une ou deux projections par jour, une centaine par semaine attirant la première semaine 14 179 spectateurs, 9158 la deuxième et 632 la troisième. Dans les villes taurines, la projection prit un tour festif ou au contraire conflictuel.

Au départ, outre le thème du documentaire choisi par Albert Serra , à savoir la corrida, deux autres facteurs risquaient de le desservir : sa durée, 2h05 et son interdiction aux moins de douze ans. Sandrine souligne que la mention d’interdiction est très exceptionnelle en France. Cependant, probablement grâce aux nombreuses interventions de Serra dans la presse, celle-ci lui attribua la note de 4/5 et le public 3,9/5, ce qui signifie que les anti taurins n’ont pas lancé d’offensive à l’encontre du film.

En conclusion, le film fait un parcours inespéré, d’autant plus que le documentaire est un genre au creux de la vague depuis le COVID et que les cinémas traversent depuis janvier, une période plutôt morose. Parmi les différents types de documentaires : animalier, politique, écologique, éducatif, Tardes de Soledad entrerait plutôt dans la catégorie documentaire politique du fait des nombreux débats qu’il suscite. Il comptabilise à ce jour, 24 000 entrées. (Les autres films de Serra affichaient , 30 000 entrées pour La mort de Louis XIV et 60 000 pour Pacifiction) A titre de comparaison , le documentaire de Thierry Frémaux , Lumière, l’aventure continue, sorti le même mois, totalisait 2500 entrées avec les avant-premières. Enfin, son classement à la 15ème place des films du moment est une surprise. Il semble que Sophie Dulac, qui a pour habitude de choisir des films qui lui font plaisir, ait fait un « bon coup », du point de vue économique le film serait à l’équilibre.

En complément, vous trouverez, en fin de resena, l’entretien avec Eric Jolivalt, responsable de Dulac Distribution, qui permet d’ajuster et de compléter ma présentation. Comme vous le lirez, ses réponses ne mettent pas du tout en valeur les doutes que Dulac Distribution avait avant les premières présentations du film lors d’avant-premières.

Albert Serra photo Jean Yves Blouin

À son tour, Araceli Guillaume-Alonso tenta une mise en parallèle avec la réception du film en Espagne, bien que la comparaison ne soit pas aisée du fait que seule la France compte en nombre d’entrées alors que l’Espagne, ainsi que les autres pays, affichent les recettes. En Espagne, le film fut donc à l’affiche dès le 7 mars 2025, diffusé en 83 cinémas (certaines sources parlent de 84 copies).    

 À Madrid, il fut programmé pour sa sortie dans une douzaine de cinémas. A l’issue du premier week-end la recette globale s’élevait à 105.400 euros soit presque 15.000 spectateurs (selon les données de A Contrario, le distributeur). Cette somme correspond aux 87.800€ de recettes du week-end plus 17.600€ encaissés lors des avant-premières. Une semaine plus tard, le 16 mars, (elblogdecinespanol.com), le film dépassait 200.000 euros de recettes et ses distributeurs aspiraient à en atteindre 300.000, ce qui serait le record de l’année pour un documentaire et le placerait bien en tête des précédents films de Serra en Espagne. Un mois après sa sortie, le film reste programmé à Madrid, dans deux cinémas d’art et d’essai, en raison de trois séances en tout pour la journée.

Albert Serra photo Jean Yves Blouin

Cependant, l’impact médiatique du documentaire semble avoir été moindre en Espagne qu’en France, peut-être parce que Serra est un cinéaste infiniment plus réputé en France qu’en Espagne. Mais, il faut également noter qu’en Espagne il est « déconseillé » aux moins de 16 ans et que sa note moyenne n’est que de 6,1/10. Des témoignages directs – subjectifs donc – accordent au film un grand succès à Madrid et aussi à Barcelone, où les séances étaient souvent complètes lors de la sortie. Nous n’avons pas d’échos de Séville ou d’autres villes.

Suite à une question, Araceli confirme que Roca Rey ne s’était pas impliqué du tout dans la promotion du film, car il ne l’avait pas du tout aimé lors d’une projection privée quelques jours avant sa présentation au festival de San Sebastián. Par la suite, le torero a évolué dans son jugement puisqu’il a  déclaré être fier d’avoir participé à un projet cinématographique d’une telle envergure et qu’il a accepté de remettre à Albert Serra le prix du Sénat espagnol. De l’avis général, la promotion n’était pas son rôle n’ayant pas, à proprement parler, le statut d’acteur.

Roca Rey photo extraite du dossier de presse de Karine Durance

Araceli raconte comment elle avait découvert le film le 26 juillet 2024, par un ami qui la sollicitait pour décoder les dialogues, en vue de la traduction des sous-titres en anglais et en français. Elle ignorait alors qui avait réalisé le film mais avait remarqué que la maison de production principale semblait être catalane, elle craignit donc que ce soit un manifeste anti taurin mais s’aperçut vite qu’il ne paraissait ni taurin ni anti taurin mais autre chose. Elle avait le sentiment que la transcription des dialogues avait été faite par quelqu’un qui n’y connaissait rien en matière de toro, car tout était à refaire. Elle eut aussi le sentiment intime que le film décevrait le torero.

A contrario, Serra rapporte que la cuadrilla l’a beaucoup aimé lors d’une projection à Séville. Par la suite, avant la version définitive, le film subit quelques modifications dont certaines à la demande de Roca Rey mais pas seulement et pour Araceli le film y a gagné. Aux Açores, en janvier 2025, lors d’un congrès taurin important, elle put constater la réception difficile du film de la part des aficionados. Serra n’était pas là pour le présenter ni pour le défendre et ce n’était pas non plus un public de cinéphiles : 10% des gens quittèrent la salle avant la fin dont certains de ses amis, « trop désespérément aficionados » et pas particulièrement cinéphiles. Aussi, à Bilbao, en septembre dernier, lors de la projection du documentaire en présence de Serra, bon nombre de membres du Club Cocherito et d’autres aficionados blibaïniens l’ont vigoureusement rejeté, certains quittant la salle.

La suite de la soirée permit aux participants d’exprimer leurs réflexions à propos du film. Philippe Soudée livra sa vision artistique considérant ce film comme l’œuvre d’un plasticien, tout comme les nymphéas de Claude Monet ne sont pas le jardin de Giverny mais l’idée du jardin, Serra prend pour objet la corrida afin de créer de la beauté. Dans cette recherche esthétique il filme la violence, l’homme, le toro. De cette bestialité se dégage une humanité, la tauromachie n’est ici que prétexte pour exprimer ce que l’on recherche dans la vie entre Eros et Thanatos.

Pour d’autres – comme Patrick Guillaume – le film fut une sorte de madeleine de Proust , les ramenant à leur enfance, aux sensations qu’ils avaient éprouvées en voyant leurs premières corridas, où dans leur souvenir, se mêlent la lumière, le bruit et le sang dont la vision n’effraie pas l’enfant.

Patrick Guillaume photo Jean Yves Blouin

Serra met le torero au centre, c’est le comportement de l’homme qu’il filme, mais la violence ne vient pas que du torero mais aussi du toro et du public.

Face à cette tentation de cacher ou tout du moins d’atténuer la violence de la corrida, actuellement, un groupe d’aficionados et de vétérinaires travaillent en Espagne sur des modifications à apporter à la pique, au descabello et à la puntilla. Pour les deux derniers, il s’agit d’accroitre leur efficacité. Quant au tercio de varas, les vétérinaires cherchent un modèle de pique qui mettrait à l’épreuve la bravoure du toro et qui remplirait toutes les exigences du tercio avec un moindre versement de sang : le sang descendant jusqu’au sabot n’aurait comme conséquence – contrairement à l’idée reçue – qu’un afaiblissement de la bête.

Elle partage l’avis de ceux comme Ruben Amon, qui pensent que les concessions dans le domaine, ayant pour objet d’attirer des sympathies, sont dangereuses, car elles n’apporteront rien et risqueraient d’entraîner la disparition de la corrida de mort. Pour le coup, Serra casse les tentatives de cette mouvance.

Quelques remarques concernaient le montage du film. Serra choisit comme monteur le directeur de la photographie, le mieux placé pour le faire d’après lui.

Entre autres choix commentés, la scène où Roca Rey se retrouve plaqué sur la talanquère à Santander, les cornes de chaque côté de la tête, scène choisie pour exprimer l’essence de la corrida : la violence, la mort du toro mais celle aussi potentielle du torero. A contrario de Movistar qui lorsqu’il filme une corrida, s’éloigne de la mise à mort, cette phase de la corrida étant devenue « l’image que l’on ne voyait plus » !

Le son est également un son fabriqué, voulu, très travaillé : celui qui accompagne la mort du toro, n’est pas le vrai bruit de la mort, le bruit caractéristique de l’épée qui pénètre. Rien n’est donc laissé au hasard dans ce documentaire et si certains trouvaient qu’il y avait un toro de trop, d’autres soulignaient qu’il fallait montrer les deux toros de la corrida de Séville.

Après ces débats concernant plus particulièrement le film, vinrent des remarques plus spécifiques à la tauromachie et au torero. De l’avis de la majorité, le film n’est pas un film pour les aficionados mais pour les cinéphiles. Serra ne fait pas un choix didactique ou pédagogique mais esthétique. Le cadrage étroit des scènes est même extrêmement frustrant pour les aficionados qui au final ne voient pas toréer, ne voient pas de passes entières. C’est un film sur la tauromachie et non pas sur la corrida, un retour à quelque chose de plus primitif pour citer Francis Wolff dans l’article des cahiers du cinéma ou bien le « c’est la guerre » de Marc Thorel , la tauromachie comme expression de la lutte primitive entre l’homme et l’animal.

Quant au torero, Serra fait le choix de Roca Rey pour sa beauté, sa jeunesse et sa taille assez exceptionnelle pour un torero. Il ne paraît jamais être dans un état normal… la pression ? la peur ? la peur scénique ? la décompression ?

Pour tout torero, le moment où il prend la muleta est un grand moment de solitude. Patrick Guillaume, rapporta que, Joselito, à qui il avait dit un jour, « On se voit demain à la corrida » lui avait répondu : « Tu me vois, je ne te vois pas ». Bien que très entouré le torero prend toujours les décisions seul. En dehors de l’arène, dans le van, aussi bien Roca Rey que sa cuadrilla déchargent l’adrénaline accumulée, chacun à sa manière en parlant pour la cuadrilla ou en se taisant pour Roca Rey. Les non aficionados qui à la suite du film iront voir Roca Rey à Arles ou ailleurs ne seront-ils pas déçus ?

En conclusion, le titre est la plus belle chose du film dit Araceli, lequel est par ailleurs très catalan ajoutent en cœur plusieurs participants à la soirée! La notoriété de Serra a probablement été un facteur dominant dans la réception du film par les journalistes non taurins, ce qui fait que même les critiques les plus durs à l’encontre de la corrida ont bien noté le film, par exemple, 4/5 pour les Inrockuptibles qui ont fait la critique la plus sévère.

Grand merci à Araceli Guillaume-Alonso et à Sandrine Lamantowicz pour avoir permis le 9 mars, l’avant première exceptionnelle du film au cinema Arlequin en présence d’Albert Serra

Bien que le sujet fût loin d’être épuisé, il fut temps de conclure et de poursuivre les échanges de manière plus informelle, autour du savoureux buffet libanais proposé par le Loubnane.

Texte Martine Bourand relecture Araceli Guillaume-Alonso et Sandrine Lamantowicz photo Jean Yves blouin membres du Club taurin de Paris

Entretien avec Eric Jolivalt, Dulac Distribution, Paris avril 2025

1/ Quelques chiffres : Le nombre d’entrées / Le nombre de copies / Le nombre de séances sur la France /

Quels sont les chiffres que vous pensez atteindre en fin d’exploitation ?

Nous avons réalisé 28.000 entrées en deux semaines, le film a été et sera diffusé dans plus de 300 cinémas et nous espérons atteindre 40.000 entrées en fin de carrière. Ce qui est un score exceptionnel pour un documentaire. En France, rare sont les documentaires qui dépassent les 10.000 entrées en salle.

2/ Est-ce que l’interdiction –de12 ans a été un frein dans l’exploitation du film ?

L’interdiction nous a semblé légitime, le film montre la corrida d’un point de vue totalement différent que celui du spectateur à la télévision ou dans l’arène. C’est ce qui rend le film unique mais c’est aussi une tout autre approche et il est nécessaire de pouvoir l’aborder de cette façon avec des enfants de plus de 12 ans même s’ils ont déjà assisté à des corridas étant plus jeunes.

3/ Albert Serra est toujours un phénomène, son implication dans la sortie a été primordiale, Combien de débats, avec lui, avez-vous organisé avant la sortie ?

Le film est sorti une semaine après l’Espagne où le film a été un vrai phénomène. Albert Serra a réalisé une quinzaine de débats en France, surtout dans le sud-ouest avec des villes comme Arles, Dax, Mont de Marsan puis à Paris et en banlieue parisienne. A chaque fois, la salle a été conquise.

4/ Lors de l’acquisition du film à Saint-Sébastien, comment aviez-vous envisagé sa sortie en salles ? Vos objectifs ont-ils évolué à l’approche de la sortie ?

Nous avons acquis le film bien avant San Sebastian. Nous étions sur le projet depuis son élaboration car nous avions déjà travaillé avec Albert Serra ainsi que son producteur Pierre-Olivier Bardet sur le film Liberté. Si nous n’avons jamais eu de doutes sur le talent d’Albert Serra, je vous mentirais en disant que le sujet de la corrida n’a jamais été une question. C’est en voyant le film fini et suite à la Concha de Oro à San Sebastian que nous avons vraiment réalisé que nous avions l’un des plus grands documentaire de l’année (voir plus) dans les mains et qu’il fallait le traiter comme tel.

5/ Dulac Distribution a l’habitude de proposer des documentaires très variés. La sortie de TARDES DE SOLEDAD s’est-elle démarquée des précédentes, et si oui, en quoi ?

Dulac Distribution distribue de nombreux documentaires de grands réalisateurs à l’exemple de Notre Corps de Claire Simon, Babi Yar Contexte de Sergei Losnitza ou encore Pingouin & Goéland de Michel Leclerc. A chaque fois, nous traitons les films comme des objets uniques tout en prenant en compte leurs particularités. Tardes de Soledad ne déroge pas à la règle et ça a été un plaisir énorme de travailler avec un génie comme Albert Serra.

Tardes de Soledad avec Albert Serra

Publié par myriamcomte le 12 mars 2025
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À l’invitation du Club taurin de Paris, le cinéma L’Arlequin avait bien rempli sa plus grande salle : 195 entrées payantes pour accueillir l’avant-première de Tardes de Soledad en présence du réalisateur Albert Serra qui a explicité son projet et sa réalisation, à la fin d’une projection très applaudie.

Albert Serra n’était pas aficionado quand il a lancé ce projet. Il avait vu quelques corridas dans sa jeunesse, mais sans vraiment accrocher : « La base, c’est que je n’ai rien à en dire, je filme donc pour voir ce qui se passe. » ce n’est pas un film sur la corrida et il ne satisfera pas non plus les anti-taurins : c’est une visite au plus intime du combat entre l’homme et le toro.

les aficionados présents ont été unanimes : « On n’a jamais vu une corrida comme Serra nous la montre ; on vit la corrida comme si on était en piste. »

Dans les Cahiers du cinéma Francis Wolff l’explicite :  » On ne l’a jamais filmée à une telle hauteur, au ras du sable et avec un cadrage aussi serré. On ne voit jamais la charge complète du taureau, ni une passe du début à la fin, ni une série complète enchainée. On voit essentiellement le corps à corps sans le début ni la fin de l’assaut, du geste dont le sens est volontairement gommé. On ne voit pas non plus la corrida, la fête.« 

Albert Serra justifie ces gros plans : « les plans larges donnent de l’information comme un direct TV. Le Gros plan donne un film et permet de passer à l’art. »

Albert Serra à l’avant-première de Tardes de Soledad à l’initiative du CTP à Paris, le 9 mars 2025. ©JYB

Pour Albert Serra, la corrida est une énigme et pour la résoudre, son seul moyen est de s’approcher au plus près, afin d’obtenir dans la salle de cinéma les mêmes réactions que le public dans l’arène. Il faut « faire confiance à la caméra pour dévoiler la vérité d’un sujet ».

Certes, quelques-uns trouveront qu’il met trop en avant la violence. Mais il s’en explique : « Je montre la mort du toro parce que c’est un moment de grande émotion et qu’elle est très belle. La violence est nécessaire, c’est elle qui apporte la transcendance : le film parle du courage et de la mort. On ne peut pas apprécier l’engagement, la valeur du torero, si on ne voit pas la violence. Et surtout : il est moins question de violence que de mort et de sacrifice. » Au total, il aura filmé 15 morts du toro mais n’en a gardé que 3.

Albert Serra à l’avant-première de Tardes de Soledad à l’initiative du CTP à Paris, le 9 mars 2025. ©JYB

Le regard du toro, en ouverture du film, dans la nuit face à la caméra, sans distraction, est aussi un moment fort : Albert Serra y voit la solitude de l’animal et (peut-être) une prémonition d’une mort prochaine, même si l’homme est seul à savoir qu’il va mourir.

Autres moments d’émotion, les cogidas subies par Andres Roca Rey, à Madrid et Santander. Elles mettent en évidence l’extraordinaire engagement du (des) torero(s) : il retourne au combat comme si rien ne s’était passé. « Mais surtout, il ne surréagit pas, jamais. Il avance à un rythme plus lent que la normale aussi bien dans l’arène que dans la vie : c’est très poétique et très cinématographique ! Quand on voit son calme au milieu de l’agitation, c’est que sa vie dépend entièrement de sa capacité d’observation ; il doit rester calme et concentré afin d’étudier le toro. » On en retire une autre image d’Andres Roca Rey qui apparait bien comme le numéro 1 de cette décennie !

Albert Serra à l’avant-première de Tardes de Soledad à l’initiative du CTP à Paris, le 9 mars 2025. ©JYB

Une grande partie de l’émotion vient du son : Albert Serra a obtenu que Andres Roca Rey et sa cuadrilla portent des micros sur leurs épaulettes. De là les commentaires en direct tant dans le combat de l’arène que dans les moments plus intimes du coche de cuadrillas. Retenons cette phrase d’Antonio Chacon : « la vie ne pèse rien », au sens de il faut mépriser la vie, il y a des choses plus importantes à en faire « il faut l’utiliser pour en faire quelque chose de grand » ! Albert Serra y voit une métaphore de la corrida.

Ce qui frappe le spectateur dans ces moments, c’est la manière de la cuadrilla de veiller sur le moral du torero en multipliant non seulement les encouragements, mais les compliments et les éloges, donnant parfois l’impression de symboles d’esprit de cour.

Albert Serra a aussi pu enregistrer le son du toro, le martèlement des sabots, le souffle que le public, même en barrera, n’entend jamais. Pour compléter, il est allé enregistrer des toros dans les ganaderias ! Quant au public, il a disparu sauf par le son ce qui paradoxalement renforce sa présence !

Il y aurait sans doute encore bien des choses à dire sur ce film : le mieux est d’aller le voir pour ressentir l’immense émotion qu’il transmet (sortie en France le 26 mars prochain) et de lire les interviews du réalisateur dans le dossier de presse du distributeur (à télécharger) :

https://www.dulacdistribution.com/film/tardes-de-soledad/194

ou ici :

Texte et photos : Jean Yves Blouin extraits de son blog Face à la Corne et membre du club taurin de Paris . On pourra aussi lire les combats de Soledad vus par Jean-Pierre Hedoin, Président d’honneur du Club taurin de Paris https://clubtaurindeparis.com/wp-content/uploads/2025/03/tardes-de-soleda-et-rr-2023-1-1.docx, et la critique de Georges Marcillac sur le site: https ://toreoyarte.com-10-mars-2025-tardes-de-soledad-silence-on-tourne.

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