| ARENES DE FRANCE
Andalousie
Aragon Navarre Madrid Pais Vasco Rioja Salamanca Valencia Zaragoza |
15 mars 2012
Chaque arène a ses charmes, certaines sont plus prestigieuses que d’autres, mais, qu’on le veuille ou non, la planète taurine tourne autour d’un axe : Madrid. Les autres plazas jouent chacune leur partition mais Las Ventas donne le la, pour le meilleur ou pour le pire. On comprend donc que le cahier des charges de ces arènes (à l’automne dernier), le renouvellement de son équipe dirigeante (en ce début d’hiver), ou la publication (attendue) des programmes de la saison, donne matière à d’infinies spéculations, en cette période de conflits internes et de crise économique de la fiesta. Chacun pressent que l’avenir de la corrida se joue cette saison et chacun sait qu’il se jouera en grande partie à Madrid.
Pour nous en parler, nul n’était plus indiqué que le célèbre écrivain et critique taurin, Carlos Abella. Auteur d’ouvrages de référence (Historia del toreo -en deux volumes – 1992, biographies de Paco Camino -1994- et de Luis Miguel Dominguín – 1995 – essai sur l’influence du langage taurin sur la langue quotidienne – 1996- et plus récemment De Manolete a José Tomás – 2007- et José Tomás, un torero de leyenda – 2008), il est actuellement un des personnages clés de la politique taurine, puisqu’il est responsable des affaires taurines de la Communauté de Madrid. Nous sommes donc fiers de recevoir
Carlos Abella
pour une causerie en français sur le thème :
Madrid : arène et politique
Le compte-rendu de Philippe Paschel
Il y avait foule dans la cave gothique du Loubnane pour recevoir CARLOS ABELLÁ.
La parole taurine allait y résonner encore une fois, après Emilio Muñoz, Stéphane Fernandez Meca, Alejandro Talavante, El Chano, Juan Bautista, Julien Lescaret, Juan José Padilla ou encore Victorino Martín fils, Antonio Miura, Robert Margé, Dolores Aguirre ou Françoise Yonnet, pour ne citer que des acteurs du monde du taureau.
Rappelons que Loubnane signifie Liban, région qui rêve de sa cohabitation de cultures comme l’Al-Andaluz médiéval.
François Zumbiehl présenta notre hôte comme observateur, acteur et grand intellectuel sur la planète des taureaux. C’est d’abord un écrivain qui a publié des livres d’histoire de la tauromachie et des biographies, comme celles de Paco Camino, Luis Miguel Dominguín ou récemment de José Tomas, et aussi une bibliographie d’Adolfo Suárez.
Il a occupé des postes importants dans la haute administration et est actuellement conseiller aux affaires taurines de la Communauté Autonome de Madrid (CAM), et comme tel responsable de l’organisation des corridas du 2 mai et de la Beneficiencia. [www.carlosabella.es/ ; il tient également un blog “Siempre nos quedará Paris”].
Carlos Abellá est très content de pouvoir s’exprimer en français sur notre passion des taureaux : nous vivons un moment difficile et les français ont joué un rôle important en ayant eu une approche culturelle de la tauromachie. Derrière notre amour des taureaux, il y a une sensation spirituelle, éthique, morale et artistique. Beaucoup de gens n’ont
pas appris ce que c’est que d’aimer les taureaux et les espagnols ont perdu beaucoup de temps pour l’expliquer, tenant leur situation pour acquise.
Il lui plaît de penser que la corrida s’est d’abord implantée dans le sud-ouest de la France parce que Bayonne ou Bordeaux étaient à mi-chemin de Madrid et Paris où les toréros se rendaient pour toréer aux arènes de la rue Pergolèse lors de l’exposition universelle de 1889.
C’est la CAM qui a eu la première l’idée de déclarer la corrida BIC (Bien de Interés Cultural), même si, du fait de la longueur des procédures, c’est Murcie qui l’a réalisé la première.
A Madrid, il n’y a pas de tradition de fêtes populaire, c’est un Tribunal et il y a peu de jeunes. Au contraire, dans les villages, les jeunes participent à la fête. Lors d’une visite de collégiens au musée de Las Ventas, tous avaient des écouteurs dans les oreilles et c’est seulement en arrivant dans une salle où était projeté un film avec de la musique
qu’ils les ont enlevés.
La génération à laquelle lui-même appartient admirait l’héroïsme, mais aujourd’hui cela n’est plus important et le monde reste indifférent au fait qu’un matador qui a perdu un oeil revienne si vite au combat. Néanmoins, les jeunes qui veulent devenir toréros ne le font pas pour de l’argent, mais pour se réaliser. Il y a des fils de matadors qui ont réussi qui tentent aussi une carrière difficile et dangereuse.
La CAM aide les villes de moins de 20.000 h., appuie les écoles taurines et essaient de faire des conditions tarifaires aux jeunes pour les abonnements à Las Ventas (100 euros). Elle aide les peñas et organise des expositions : collection Arias (coiffeur de Picasso à Vallauris), La femme et la tauromachie (exposition itinérante) ou des événements (congrès des clubs taurins américains, présidé par Lorrie Maning).
Enfin, la CAM vient de créer un Prix de Tauromachie.Y a-t-il des journalistes dans la salle ?
Cela fut le refrain humoristique de notre invité avant de répondre à certaines questions dont vous ne trouverez donc pas les réponses ici. Il fallait venir.
Il y eu un assez long débat sur les moyens de faire venir les jeunes aux arènes, depuis un abonnement gratuit, jusqu’à des mesures pour les enfants accompagnés.
Pour notre invité le véritable problème réside dans les valeurs que défend la tauromachie. Il souligne que lorsque la gauche est venue au pouvoir municipal, elle a été obligée d’organiser les fêtes et que la corrida, alors considérée comme liée à la droite, a été sauvée à ce moment-là. Mais les personnes liées à la fiesta n’ont pas su créer de structures solides et personne n’a vu venir le tsunami de l’incompréhension.
Certains pensent que la désaffection des publics est due à la perte de caste des taureaux, à l’absence de représentation des aficionados dans l’organisation des férias, contrairement à ce qui se passe en France.
Carlos Abellá nous raconta comment il avait monté le cartel de la Beneficiencia 2011, quelles sont les raisons de l’absence de Juli à las Ventas cette année [Il semble qu’il y ait eu un informateur du journal El Mundo, puisque tout cela y a été dévoilé le lendemain de cette réunion).
Il nous a donné quelques informations sur la San Isidro et indiqué qu’il y aurait une animation sur la place.
La présence des corridas sur TVE lui paraît prématurée en 2011, mais est peut-être possible en 2012.
Pour finir une anecdote de Morante qui lui faisait la proposition suivante : “Plutôt que d’augmenter la taille des taureaux, ne pourrait-on pas plutôt baisser la hauteur de la barrière ?”.

Le Club Taurin de Paris est une histoire de fous ; quoi d’original, dira-t-on ? Il faut être un peu fou pour être aficionado, un peu plus fou encore pour l’être en habitant Paris. Oui, mais observons que ce club a été créé, en 1947, par des gens rendus fous par l’impossibilité où ils s’étaient trouvés d’aller voir des courses en Espagne pendant les longues années de guerre, civile puis mondiale. Il y a plus, deux des fondateurs, le Président Ey et le vice-président Paraire, étaient des psychiatres ; ils savaient ce que folie veut dire. Et ils n’hésitent pas à fonder cette association dont un des buts principaux est de se grouper pour aller voir des taureaux en Espagne, un pays qui à cette époque est loin d’être politiquement correct, et qui en a encore pour quelques années avant de le devenir touristiquement.
Cette date de naissance confère au CTP l’honneur d’être la plus ancienne des associations d’aficionados de la région parisienne existant aujourd’hui et l’une des plus anciennes du monde (la 23ème selon Cossio), mais il avait eu, nous dit Paco Tolosa, deux prédécesseurs : LE TORO, Cercle taurin parisien (1899-1930) et LE BURLADERO (1931-1939). Parmi les membres des premiers temps on relève les noms d’artistes comme Roger Wild, auteur de l’insigne du club, d’écrivains comme Michel Leiris, de journalistes, d’éditeurs, d’avocats ; indiscutablement deux hommes ont été, de longues années, l’âme du CTP et ont fait sa réputation, Claude Popelin et Paco Tolosa ; ils sont les deux revisteros et écrivains français dont les oeuvres ont le plus marqué plusieurs générations d’aficionados. C’est d’eux que le club tirait sa substance, ainsi que de l’inlassable aficion de ses fondateurs et du dévouement d’Odette Hirsch, qui en fut longtemps Secrétaire générale avant de succéder au Dr Ey à la présidence.
Ainsi le premier atout du CTP fut de compter parmi ses membres quelques personnalités exceptionnelles. Le deuxième atout du club c’est évidemment Paris. Le prestige et l’attrait de cette ville font que les personnalités du petit monde taurin s’y laissent volontiers inviter. Le seul contre-exemple connu est celui du regretté Don Eduardo Miura, pour qui Paris fut toujours décidément trop loin de Zahariche. Un autre regret, et double, concerne Paquirri dont la venue, en compagnie de José-Antonio del Moral, a été empêchée au dernier moment par une grève ; Pozoblanco est arrivé avant que nous ayons pu reprendre date. D’autres grands manquent à notre liste, mais beaucoup y figurent ; dans les années 50, la venue de Luis Miguel laissa un souvenir inoubliable ; plus tard, celle du Cordobés. Plus tard encore Antonio Ordonez fut des nôtres, accompagné de son petit-fils qui recevait le prix Claude Popelin, décerné à Paquirri pour sa dernière saison. Lorsque la remise de ce prix, créé par Sat Popelin pour récompenser le meilleur lidiador de la saison en France, a eu lieu à Paris le CTP y a été naturellement associé; ce fut pour Ruiz Miguel, Nimeno (par deux fois), Joselito.
Chaque saison le club reçoit un ou deux invités venant d’Espagne. Comme les contraintes professionnelles font que les dates se fixent parfois très tard, cela ne va pas sans quelques problèmes matériels d’organisation, de celle du logement à (quelquefois) celle d’une soirée au Lido ou au Moulin-Rouge. S’y ajoutent les nécessités de la traduction, car peu nombreux sont les conférenciers qui s’expriment en français comme Manolo Chopera. En tous cas, au fil des années, nous avons appris ainsi beaucoup de choses, et toujours différentes, de matadors comme El Viti, Espla, Mendez, Nino de la Capea, Jesulin, Manzanares, de subalternes comme Michel Bouix, El Formidable, Bourret, d’éleveurs comme El Viti (encore), Victorino Martin, Alipio Perez, Alvaro Domecq, Yonnet, Pablo Romero, Juan Pedro Domecq… et bien d’autres ; les points de vue sont tous différents mais l’aficion est commune à tous ; ce qui importe est de la transmettre, et il y a aussi des journalistes, des écrivains comme Paco Tolosa, Jean-Marie Magnan.. . et même de simples aficionados, membres ou non du CTP, qui le font admirablement. Il n’est que de les faire venir à Paris.
Mais Paris recèle des possibilités incroyables puisqu’on y trouve d’anciens toreros, des flamencos, et de quoi faire (nous l’avons fait) un rallye tauromachique. Jusqu’au début des années 80 les réunions avaient lieu dans le cadre prestigieux de la Bibliothèque Espagnole ; cette bibliothèque, située avenue Marceau, possédait une salle de réunions toute en beau parquet, stucs et cheminée de marbre, avec estrade et piano, qui convenait admirablement à des conférences faites par et pour des gens cultivés et un tantinet mondains. Elle convenait moins sans doute à des discussions enflammées d’aficionados prodigues de gestes, que l’on ne pouvait soutenir en fumant, encore moins en buvant ou en mangeant des tapas. Mais cela avait quelque chose de très espagnol, évoquant ces cercles très sérieux qu’on trouve à Madrid ou à Séville.
Il est indéniable que le club reste encore aujourd’hui marqué par ses origines, tout en étant peut-être moins compassé ; même s’il a fait du chemin dans cette direction, il est encore assez éloigné de l’image qu’on peut avoir d’une pena du sud de la France, particulièrement au moment de la feria locale. Nous n’avons pas de feria locale et par conséquent pas de politique taurine locale où nous immiscer, pas d’attache politique, économique, syndicale ou de clocher. On gagne en sérénité ce qu’on perd en activisme. Ce qui n’empêche pas le club de compter parmi ses membres un certain nombre d’aficionados practicos. Ni d’avoir des activités qui sont, somme toute, celles de tous les clubs : colloques, tertulias, projections. Mais nous n’accordons pas l’exclusivité au témoignage, qu’il soit celui d’une personne ou celui des faits transmis par l’image. Nous aimons inclure dans nos réunions des débats d’idées ayant un thàme et une problématique définis, et si nous n’avons pas d’invité pour les mener ou les introduire nous nous en chargeons nous-mêmes. Je me souviens, par exemple, d’un débat très profond sur le thème des rapports entre tauromachie, rugby et opéra, animé par Jean Lacouture, Catherine Clément et Pierre Albaladejo ; de soirées consacrées à la critique taurine, au rejoneo, à la typologie du taureau, et autres thèmes techniques. Il y a parmi nous des gens qui ne détestent pas la théorie ; ils font, par exemple, celle de la carte politique de l’aficion, en distinguant (arbitrairement) une droite (torerista) et une gauche (torista). Qu’il soit clair que le CTP lui-même n’a aucune ligne « politique » de cette sorte ; toutes les opinions s’y expriment, et s’exposent à la critique. Aussi n’a-t-il jamais connu de déchirements de factions. Ce club, pour conclure, n’a qu’une vocation : permettre à ses membres d’exprimer et d’approfondir, loin des plazas, leur aficion. Sans local, sans affiches, sans trophées ni banderilles ni trastos, sans même une guitare, souvent même sans images, nous évoquons la passion taurine avec des mots qui remplacent Paris, ses pavés et ses marbres, par un cercle de sable entouré de gradins.
Fédération des Sociétés Taurines de France : http://www.torofstf.com/
Centre de Tauromachie de Nîmes : www.ctnimes.fr
Bibliophilie : http://www.tauromachie.info
Les éditions du Diable vauvert : www.audiable.com : organisateurs du Prix Hemingway
SITES MARCHANDS
Toros shopping : www.toroshopping.com/
Tienda Toros : www.tiendatoro.com/fr/
Boutique del toro : www.boutiquedeltorero.net/
Pronatoro, taxidermiste, boutique taurine . www. pronatoro.com
VOYAGES TAURINS
Cactus event : http://www.cactus-event.com
No hay billetes www.nohaybilletes.com
Mundo Natura www.mundo-natura.com/
Toros Tours (visite de ganaderias) www.torostours.com/
10 janvier 2012
Avant tout, nous vous souhaitons nos meilleurs vœux pour l’année 2012. Que tous vos souhaits personnels soient satisfaits et que tous nos rêves collectifs soient réalisés : des taureaux qui chargent avec bravoure, des toreros qui les affrontent avec courage, des férias festives et nombreuses et des antitaurins aussi discrets qu’impuissants.…
L’année du Club ne pouvait pas mieux commencer parce que, comme nous vous le rappelions récemment, nous recevrons
le grand matador de toros de Linares
Curro DIAZ
et l’éleveur
Alvaro Martinez CONRADI (ganaderia « La Quinta »)
pour recevoir
le « Prix de la rencontre » 2010
(deux œuvres originales de l’artiste Vincent Verdeguerwww.vincentverdeguer.com/)
pour le combat d’« Azulejos », dans les arènes de Nîmes, le 19 septembre 2010, considéré par l’Assemblée générale du Club comme la plus belle rencontre de la saison 2010.
30 janvier 2012
La corrida, on y va avant tout pour assister à l’affrontement du torero et du taureau.
Mais que serait le toreo sans la fête qui l’entoure, qu’elle se manifeste dans le rite ou dans la communion spirituelle ? Mais que serait à son tour la fête sans les lumières des costumes et les airs des pasodobles ? Au premier accord de musique, le paseo commence et on entre dans un autre monde. Et nombre de grandes faenas s’inscrivent dans la mémoire grâce au rythme qui les a soutenues et à la mélodie qui les a mises en scène.
Chaque arène a sa personnalité musicale, mais une des plus célèbres formations est l’Orchestre montois, qui anime les fêtes de la Madeleine et doit en outre répondre aux sollicitations d’autres grandes arènes françaises (comme Béziers). Le travail de ses musiciens, la qualité de ses interprétations, le choix de ses musiques durant les corridas, sont dues au
talent de son chef, Michel Cloup, qui est aussi compositeur de nombreux pasodobles taurins comme « César Rincón », «Enrique Ponce », « Juan Mora », « Azahar y jazmin », « Tres naturales y un pasodoble », « Domingo en la plaza », etc.
Nous sommes donc heureux d’aborder ce thème inédit et pourtant essentiel de
La musique taurine avec
Michel CLOUP
compositeur, arrangeur et chef de l’Orchestre montois
PS 1 : L’Orchestre montois a enregistré deux CD : « Paseando » et « Pan y toros », que l’on pourra se procurer sur place ou que l’on peut d’ores et déjà télécharger sur itunes.
PS2 : Toujours à propos de musique, la cantaora flamenca Rocio Marquez Limon, qui a déjà chanté pour le CTP, se produit à l’Olympia le 23 janvier, en première partie de la fadista Katia Guerreiro. Suite à un accord avec nos amis de Flamenco en France, les membres du Club taurin de Paris ont droit à un tarif préférentiel. Appeler l’Olympia en précisant ce mot de passe : « flamenco ». Il reste quelques places.
Le compte-rendu de Philippe Paschel
Après un bref historique de la présence du paso-doble dans les arènes par Stéphanie et Thierry, la parole fut donnée à Michel Cloup, actuel directeur de la musique des arènes de Mont-De-Marsan.
L’espace géographique du paso-doble, l’Espagne, est une terre d’aboutissement où sont venus se superposer de nombreux systèmes musicaux : la gamme phrygienne apportée par les phéniciens (Antiquité), le chant mozarabe (711-1492), la musique miliaire des reîtres allemands, avec tambours, cymbales turques et trompettes naturelles (XVIe siècle).
Il ne faut pas oublier les sonneries d’ordonnance utilisées pour les clarines.
L’orchestre d’arène est un orchestre d’harmonie (Bois : clarinettes, flûtes, saxos ; cuivres : trompettes, trombones, saxhorns, tubas ; Percussions).
On dit en espagnol “banda”, qui vient d’un vieux mot français “bande”, qui désignait un orchestre.
Vers 1820-40, l’orchestre rentrait en piste avec les cuadrilles. Puis il fut placé dans les gradins, en face de la présidence.
Pour les musiciens, le paso-doble est un genre mineur, mais, émotionnellement, il ne l’est pas pour les aficionados, à cause des circonstances, l’affrontement d’un homme et d’un taureau.
Quelques grands paso-doble
En 1864, dans la zarzuela “Pan y toros” de Barbieri, oeuvre à caractère taurin et patriotique, un choeur a la forme d’un paso-doble.
López Juarranz écrivit pour l’exposition universelle de 1889 -celle de la Tour Eiffel- un paso-doble intitulé “La Giralda”, musique martiale et pas très andalouse. Le compositeur l’envoya à son confrère Ramon Roig, en prétendant qu’il s’agissait de l’archétype du paso-doble. Roig répondit en écrivant “La gracia de Dios”..
En 1902 parut “Suspiros de España” de Álvarez, écrit, selon la légende, pendant un concert qu’il dirigeait. Le titre fait allusion à une pâtisserie.
Le paso-doble peut-être le plus célèbre “El Gato Montés” (1916) est la seule pièce qui a survécu d’un opéra patriotique, pour ne pas dire nationaliste, de Penella .
Le 28 juillet 1904 à Valence, le maestro Santiago Lope en créa cinq : España Cañi et quatre autres dédiés aux protagonistes de la soirée : El Vito, Gallito, Angelillo et Dauder.
La conférence, qui se déroula dans l’improvisation -malgré les notes de l’orateur-, fut agrémentée de nombreuses anecdotes et digessions. Michel Cloup chanta des paroles de paso-doble, parfois parodiques.
La soirée était parfaite, mais l’heure avançant, il fallut malheureusement s’arrêter pour calmer nos estomacs vides, qui n’avaient pas empêchés que nous fussions tout ouïe.
14 décembre 2011
Présider une corrida est une lourde responsabilité : il faut être à la fois bon aficionado et garant de l’ordre public, ferme dans ses décisions et discret dans leur application, équitable et mesuré, respectueux de la lettre du règlement mais imprégné de son esprit, soucieux de la présentation des taureaux comme de l’intégrité physique des toreros, connaisseur des traditions locales et attentif aux demandes du public mais vigilant sur l’intérêt des aficionados
et défenseur de la pureté de la corrida. Présider une corrida est toujours difficile mais présider une arène de toute première catégorie est un vrai défi, tant les pressions diverses (toreros, éleveurs, apoderados, empresa, autorités politiques, etc.) sont puissantes.
Présider la prestigieuse et traditionaliste arène de Séville, surtout lorsqu’on est une femme, relève donc de la gageure. C’est celle que relève depuis six saisons Anabel Moreno, devenue depuis l’an dernier « première présidente » de cette plaza.
Nous sommes heureux et fiers de recevoir
Anabel Moreno
première présidente des arènes de Séville,
venue spécialement à Paris pour une rencontre dans notre Club qui portera sur
La journée d’un président d’arènes de première catégorie
et
Une femme dans le monde taurin sévillan
Le compte-rendu de Philippe Paschel
Francis Wolff rappela qu’il avait rencontré Anabel MORENO à l’issue d’une corrida de Séville (3 avril 2008), alors qu’une de ses décisions avait provoqué une bronca. Elle avait refusé de donné une deuxième oreille à la faena d’adieu d’un Pepín Liria héroïque, mais qui ne la méritait pas. Il lui avait alors assuré que “Tout Paris la soutenait”.
La présidence est une équipe de 8 personnes : trois vétérinaires, trois délégués qui prennent place dans le callejón, un assesseur taurin et un président. L’assesseur artistique est Finito de Triana (http://portaltaurino.com/matadores/finito_triana.htm).
Toute la visibilité de l’ensemble se concentre sur la personne qui sort le mouchoir.
Les présidents sont désignés par l’autorité institutionnelle, c’est-à-dire la “Junta de Andalucia” parmi les aficionados de prestige.
Une journée de présidence commence trois mois avant la corrida, une fois le programme connu, les présidences sont alors distribuées par ancienneté.
Il y a d’abord la visite des taureaux dans l’élevage. C’est une nouveauté du règlement andalou et un cadeau pour l’équipe. On y procède à l’identification (señalamiento) de la douzaine de taureaux qui ont été choisis. Cette phase n’entraîne pas de conséquence impérative, sauf pour les taureaux refusés.
L’examen des taureaux (reconocimiento) a lieu 24 heures avant la course. Séville n’a pas de véritable corral, c’est une pièce de 120 m2 en béton dont le sol est recouvert de sable et l’on y voit mal les taureaux. Sont présents l’éleveur , les cuadrilles, les représentants des matadors, l’organisateur et les vétérinaires. Il y a 9 à 12 taureaux, leur nombre dépend du camion de transport. Il faut examiner leurs présences, leurs morphologies, leurs apparence combatives (trapío) et l’homogénéité de l’ensemble.
On rejette le plus grand et le plus petit. Puis on passe dans une petite pièce contiguë où l’on prend connaissance des poids et commencent les négociations : il y a des problèmes avec les cuadrilles, qui veulent les plus commodes, l’éleveur qui prétend que le taureau refusé est celui qui provient de la meilleure famille.
Les représentants des matadors soulèvent aussi des objections. Le plus discutailleur est Curro Vásquez -on a d’ailleurs inventé le verbe currovazquear- et il a deux toréros sévillans : Morante de la Puebla et Cayetano Ordóñez !
Après, amis ou ennemis, on va boire une bière.
Le jour de la corrida, on choisit les taureaux de remplacement. À Séville, il y a trois taureaux, voire plus, pris dans des élevages qui sont dans la ligne de celui est à l’affiche, comme Conde de la Maza pour Miura ou Victorino Martín.
Il y a un deuxième examen des taureaux, pour vérifier qu’il n’y a pas eu d’incidents pendant la nuit, et on procède au tirage au sort, à midi : numéros de chaque lot écrits sur des feuilles de papier à cigarette roulées en boulettes et placées dans un chapeau, puis extraites dans l’ordre d’alternative décroissant. Les cuadrilles annoncent l’ordre de sortie de chaque animal et l’on rédige le document officiel.
Elle arrive une heure avant le début de la course, salue les toréros dans la chapelle.
Certains arrivent très tard, comme Talavante, qui plusieurs fois aurait mérité une amende, qu’elle n’a pas donnée.
A l’heure prévue, elle sort le mouchoir. On entend alors le bruit de la serrure de la porte des cuadrilles, l’alguacilillo fait le tour de piste, salue la présidence et retourne chercher les toréros qu’il conduit sous le balcon. Elle
lance la clé et l’alguacilillo la remet aux gardien du toril, puis retourne à la porte des cuadrilles et descend de cheval. On ferme la porte. Elle sort le mouchoir blanc. Les clarines sonnent : “Taah tariii / taah tariii / taatariii /taritariitari” (NDR).
Le trio présidentiel est lieu de discussions permanent où chacun se renvoie les remarques sur l’état du taureau. Mais c’est le président qui tranche.
Pour les suspensions en cas de pluie, il n’y a pas de règle précise. On regarde le temps qu’il fait et qu’il va faire, on prend l’avis des toréros. mais il n’y a pas de course si l’organisateur ne le veut pas.
Il faut éviter de changer le premier taureau, sinon il faudra peut-être aussi changer le deuxième, le troisième et annuler la course. Mais il lui est arrivé, alors que la saison avait été mauvaise et que l’on était à la 8ème ou 9èmecourse, de changer les deux premiers taureaux (Torrestrella), après avoir demandé à l’organisateur combien il restait de remplaçant. Comme il y en avait beaucoup, elle avait l’esprit tranquille.
Beaucoup de taureaux tombent parce que les cuadrilles les conduisent mal. Après la 2ème pique, si un taureau perd les mains, elle le renvoie, bien qu’il ait été jeté au sol par un petit mouvement de cape. Au contraire, si le toréro maintient le taureau debout, c’est qu’il pense qu’il va pouvoir en faire quelque chose, et elle le garde en piste, malgré la bronca. Cela s’est produit cette années (2011) avec un taureau du conde de la Maza pour Oliva Soto, qui a été le seul utile de l’après-midi.
Il est très difficile de comprendre le comportement du taureau. Si l’éleveur qui le connaît depuis quatre ans ne le sait pas, comment elle qui le connaît depuis 10mn pourrait-elle le savoir ?
Pour les trophées, il faut agir avec discernement, mais il n’y a pas d’appareil pour compter les mouchoirs. Le public est un protagoniste qui sait ce qu’il veut.
La décision de donner un tour de piste à un taureau est difficile, si le taureau le mérite, mais que le toréro n’a pas été bon. Aujourd’hui un taureau qui va bien à la pique n’est pas bon à la muleta. les taureaux ne sont donc pas vraiment piqués. Le taureau gracié cette année n’a pas été piqué, il est même sorti seul de la pique (Hou ! NDR). Elle aurait préféré qu’il fût tué, cela aurait permis à Manzanares de couper une queue.
On ne profite pas d’une course quand on est président, il y a trop de choses dont il faut s’occuper.
Après la course, c’est toujours une grande joie, surtout si un toréro est sorti par la Porte
du Prince. Tout le monde reste à traîner autour des arènes.
Le monde de la Maestranza est un monde masculin, pour ne pas dire machiste. Le lieutenant du frère majeur de la Maestranza (ce dernier est le roi) ne voulait pas de femme dans le callejón.!!
Sur environ 200 employés, il y a dix femmes : 6 dames-pipi, une à la chapelle, une musicienne (la fille du chef), une dans la sécurité (la fille du chef), une vétérinaire et elle-même.
“Nous y sommes et nous y resterons”.
Philippe Paschel
Nous avions reçu le 2 décembre 2005 José Antonio Soriano, directeur général des spectacles publics, jeux et activités de loisirs du Conseil de l’Assemblée régionale d’Andalousie, qui nous avait présenté le nouveau règlement d’Andalousie. Il y a eu un compte-rendu sur le site.
24 novembre 2011
Un Club taurin, c’est avant tout une passion. C’est donc le plaisir de la partager et la joie de revivre ensemble les émotions éprouvées sur les gradins.
Après avoir tiré avec José-Carlos Arévalo le bilan de la saison (réunion du 26 octobre), avoir rendu hommage à la révélation de la saison, Ivan Fandiño (réunion du 3 novembre), nous vous proposons donc de nous réunir en
Assemblée générale
autour de notre programme habituel :
- Rapport moral par le président, Jean-Pierre Hédoin
- Rapport financier par le secrétaire général, Patrick Guillaume
qui seront suivis
- de l’Élection du Bureau du Club pour la saison 2011-12
Ces devoirs associatifs une fois remplis, il sera temps de discuter et de voter pour
- le candidat du Club pour le prix Claude Popelin (meilleur lidiador de la saison française)
- le lauréat du prix du Club, « le prix de la rencontre » (meilleure rencontre de la saison européenne entre un grand toro et un grand torero).
Après tous ces discours, nous aurons droit à des images vidéo :
« Les faenas de la saison : le choix de Vincent Mazel »
Le compte-rendu de Philippe Paschel
La cave du Loubnane était bien étroite pour les plus de quarante membres qui ont assisté à l’Assemblée générale.
D’abord le Président Hédoin a fait le rapport moral, c’est-à-dire l’énoncé des neuf soirées du club :
1- Zocato qui a évoqué la saison 2010 (66 présents)
2- L’AG (54)
3- Juan Mora (57)
4- “Autour de “Dire son mystère”, film taurin (48)
5- Thierry Vignal, les taureaux des années 2000 (39)
6- Carlos Nappes, éleveur et président de l’UCTL (45)
7- J.C. Gil, La presse taurine (37)
8- Denis Podalydes (53)
9- Garden-Party à Sceaux (33)
Puis Patrick Guillaume a fait le rapport financier :
83 adhérents, dont trois ont assisté à toutes les séances, la moyenne étant de 5 à 7 séances par adhérent.
La soirée la plus chère a été celle de C. Núñez, qui venait de Séville.
La garden-party est toujours largement bénéficiaire.
Il n’y a plus de différences de coût de transport entre les invités français et espagnols, du fait des tarifications avantageuses des avions et des tarifs prohibitifs des TGV.
Le solde de l’année est positif, ce qui permet d’organiser le début de l’année suivante.
Le montant des cotisations reste inchangé.
Le bureau est réélu, avec un départ et une arrivée.
Le président reprend la parole pour évoquer les projets pour 2011-12.
Trois soirées ont déjà eu lieu : José Carlos Arévalo nous a parlé de la saison 2011 et nous avons reçu Iván Fandiño (voir CR sur le site) et l’AG.
Une prochaine réunion est fixée au 14 décembre (la présidente de la Maestranza de Séville), la remise du prix de La Rencontre 2010 aura lieu le lundi 9 janvier 2012 (C. Diaz / La Quinta).
Deux autres soirées sont bien avancées Michel Cloup, chef de la musique de Mont-de-Marsan (23 ou 30 janvier) et Carlos Abella (7-8 ou 14-15 mars).
Sont en préparation : l’ancien président du club Cocherito ; Maurice Berho ; Joël Bartolotti, “Être toriste en 2012″ ; Jacky Siméon, razetteur et José Luis Lozano, Diégo Robles, Marcel Garzelli, Carmen Calvo, Thomas Duffau, Paco Camino, Roberto Dominguez comme apodérado, Manzanares le père, un couturier taurin, un chirurgien taurin …
Il est nécessaire d’avoir beaucoup de projets, car peu peuvent se réaliser concrètement chaque année.
Il a été décidé d’établir la liste des points de rencontre des aficionados lors des férias, comme à Bilbao, la tertulia d’après course sous les gradins du Tendido 5.On passa ensuite au Prix de La Rencontre.
Jean-Pierre Hédoin en rappela les principes : un grand taureau et une grand faena.
François Zumbiehl releva que la question du grand taureau était sujette à discussion, en évoquant le taureau de Morante à Bilbao, qui sortit apparemment mauvais et se révéla ou fut révélé à lui-même par son toréro.
De fait, après avoir éliminé divers candidats, le vote eu lieu entre la faena de Manzanares à Séville qui aboutit à la grâce du taureau et celle de Morante à Bilbao, l’élevage étant le même dans les deux cas Núñez del Cuvillo. Il fallut trois tours pour départager un vote obtenu par des procurations, système nouveau dont, d’ailleurs, les seuls les membres du bureau étaient au courant. C’est Manzanares qui l’emporta.
Des vidéos furent alors projetées et seule la faena de Morante provoqua une attention unanime et admirative, faisant cesser les bruits de fourchettes, l’heure tardive ayant aiguisé les appétits, les papilles gustatives étaient tout à la joie de retrouver la délicieuse cuisine orientale, qui nous faisait défaut après les choucroutes alsaciennes.
Philippe Paschel
Nouvelle temporada, nouveau site pour le club taurin de Paris, le premier club de la capitale.
Vous y trouverez toutes les informations sur le club, ses activités, les invitations pour les réunions.
Le club se réunit en moyenne une fois par mois, autour d’invités du monde taurin : toreros, éléveurs, empressas, journalistes, apoderados, musiciens…Nos tertulias sont animées par les membres du club, tous spécialistes reconnus de la tauromachie, tels le président Jean Pierre Hédoin, le philosophe Francis Wolff, le professeur des universités Araceli Guillaume Alonso…
Chaque conférence est suivie d’un débat avec les membres et d’un repas.
Les adhérents du club à jour de cotisations bénéficient d’un tarif préférentiel.
Pour consulter nos activités des années précédentes, lire les compte-rendus, vous pouvez toujours consulter notre ancien site, désormais archivé, à l’adresse http://clubtaurinparis.free.fr
Si vous souhaitez des informations complémentaires vous pouvez vous contacter par mail : clubtaurindeparis@gmail.com
LE CLUB TAURIN DE PARIS INSTITUE LE PRIX « RENCONTRE »
Les membres du Club Taurin de Paris sont, par circonstances et par vocation des aficionados itinérants. Tout au long de la saison, ils parcourent des milliers de kilomètres, fréquentent les arènes françaises et espagnoles avec l’espoir de pouvoir être les témoins de ce moment rare et précieux où un taureau d’une bravoure et d’une classe exceptionnelles croise une torero en mesure de lui faire exprimer tout son potentiel en même temps qu’il dit tout le mystère de son art.
Alors que la majorité des prix viennent récompenser soit un torero, soit un taureau, soit encore un acte de combat particulièrement remarquable, le Club Taurin de Paris souhaite rendre hommage, au terme de chaque saison européenne, à ce qui sera apparu à la majorité de ses membres comme la rencontre marquante de l’année entre tel taureau et tel torero, dès lors que cet événement revêtira une dimension mémorable.
Le premier prix « Rencontre » a été attribué pour la saison 2006 au torero et à l’éleveur.
Ce qui conduit le Club taurin de Paris à instituer un tel prix est d’abord la volonté de valoriser l’essence même du toreo, comme événement associant indissociablement deux acteurs, comme création partagée, comme « rencontre » ou encore «croisement »(1) , mais c’est aussi la résolution se souligner combien la passion pour la tauromachie est porteuse de valeurs d’échanges, de dialogue et de partage.
Lire le palmarès
(1) « El toreo es cruce, nunca encuento. Y si Angel Peralta dijo que el punto cardinal del toreo es el vertice de una V donde confluyen la embestida de toro y la mirada del torero, Michel Leiris evoco a Nocolas de Cusa para afirmar que el toreo es el cruce de dos tangantes que se encuentran en el infinito »
José Calos Arevalo, Las Tauromaquias y el Misterio taurino, Madrid, 2003, p. 124.
