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Tertulia de rentrée

Publié par cathiectp le 6 octobre 2016
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Le projet relatif à un invité espagnol n’ayant pu se concrétiser à temps, il convenait que ce contretemps ne nous empêche pas de nous retrouver pour une réunion de rentrée propice à échanger sur nos corridas de l’été et des différents rendez-vous taurins de septembre.

C’est à une telle tertulia amicale, qui pourra être utilement suivie de l’assemblée générale annuelle (rapports moral et financier et perspectives 2016-2017) que nous vous invitons à participer, le mardi 11 octobre 2016 à partir de 20 h, au sous-sol du restaurant Loubnane 29 rue Galande, Paris 5e (M° Saint-Michel).

Les témoignages, échanges et confrontations de points de vue, permettront de dessiner des éléments de bilan de la temporada et, pour la saison française, de voter pour le Prix Claude Popelin 2016.

La participation aux frais, comprenant la soirée, précédée d’un apéritif et suivie d’un dîner est, pour les membres du Club de 28€,  pour les jeunes jusqu’à 25 ans (à jour) : 15€, pour les hôtes de passage : 40€.

Vous pourrez, lors de cette soirée, vous mettre à jour de votre cotisation annuelle ou adhérer au Club. Montant des cotisations : individuels : 60€ : couples 100€ ; jeunes (jusqu’à 25 ans) : 20€.

Afin de faciliter l’organisation et l’accueil, il convient de s’inscrire par mail en répondant à ce courriel ou à l’adresse clubtaurindeparis@gmail.com impérativement avant le lundi 10 octobre minuit.

 

Traditions et chemins de la tauromachie mexicaine

Publié par graziosaverdi le 10 juin 2016
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Nevière - copie

Jean-François Nevière devant la carte du Mexique © Jean Lalanne

Le Club a eu le plaisir de recevoir Jean-François Nevière, grand aficionado, spécialiste du Mexique et responsable de la revue Mexico Aztecas y toros, venu apporter de précieux repères nourris de sa propre expérience sur les traditions et chemins de la tauromachie mexicaine.

 Il était naturel de commencer l’exposé par des rappels historiques : l’arrivée de Cortes en 1519, sa fondation de Vera Cruz, l’arrivée des chevaux et des toros espagnols, la conquête de Tlaxcala et de Tenochtitlan (la future Mexico).

Conjointement, la tauromachie naissante s’imposa au Mexique à peu près simultanément à l’Espagne, la précédant presque puisque la première ganaderia de toro bravo au monde est Atenco, fondée officiellement en 1552 et que le premier spectacle taurin connu remonte au 13 août 1529… A l’origine, c’étaient les congrégations religieuses qui entretenaient les troupeaux de taureaux et elles ont toujours eu l’appui des indiens. Les Espagnols ayant, dès l’origine, associé les Mexicains au développement de la tauromachie, celui-ci s’y est toujours fait en parfaite harmonie.

Aficionadas soirée Nevière

Des aficionadas présentent à la soirée © Jean Lalanne

Au fil des siècles, l’histoire de la tauromachie se développera parallèlement sur les deux rives de l’Atlantique.

Les camadas de toros sont progressivement installées dans toute cette large bande de territoire plus grande que la France, qui va de la côte pacifique à la côte atlantique, d’Ouest en Est et, pour la largeur de ces terres taurines, de Zacatecas et San Luis Potosi à l’Etat de Mexico. Les ranchos (haciendas), détenus par de très riches propriétaires, sont immenses : de 4.000 à 17.000 ha. Les toros y vivent en quasi liberté, sans autres clôtures que les barrières naturelles.

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En attendant Jean-François Nevière © Marie-Luce Baccellieri

La corrida se pratique dans 28 états sur les 31 que compte le Mexique moderne, 256 éleveurs de bétail brave sont inscrits à l’Union des ganaderos ou « criadores de toros de lidia». L’implantation est assez concentrée (199 éleveurs dans 9 états). Les éleveurs recherchent la « pureza » c’est à dire un toro qui charge longtemps et, comme le dit Rodolfo Rodriguez El Pana, « un toro créé pour le torero».

Les toros bravos mexicains sont en majorité d’origine génétique Saltillo / San Mateo; les essais d’implantation de Parladé (Domecq) ont globalement échoué.

L’état de Tlaxcala est particulièrement important tant par ses nombreux élevages dont celui de Piedras Negras, les Miura mexicains, que par ses toreros : de grands « coletas »  comme El Pana, Sergio Flores, Jose Luis Angelino Arriaga … viennent de cette région. De nombreuses anecdotes sont évoquées notamment à propos de Rodolfo Rodriguez El Pana, seul torero mexicain vivant à avoir sa statue devant des arènes qui portent son nom et qui, n’ayant pas peur de la mort, (« cuando te toca, te toca » !)  a fait des choses que personne d’autre n’avait faites avant lui (par exemple, attendre le toro « a porta gayola » dos au toril).

Rodolfo Rodriguez dit « El Pana » qui vient de mourir des suites d’une cojida reçue le 7 mai 2016 dans les arènes de Ciudad LerdoDe grands matadors espagnols ont tissé des liens très forts avec le public mexicain, et pas seulement des liens économiques : El Juli, Castella, Morante, José Tomas (qui a une propriété à Querétaro et qui est très ami de Fernando Ochoa, torero récemment retiré)…

L’enracinement et l’ancienneté de l’art taurin dans cet immense pays qu’est le Mexique (4 fois la superficie de la France) sont remarquables et l’aficion s’est développée dans toutes les classes de la société ; Les échanges de toreros d’un continent à l’autre se firent à partir de 1800, avec des règles quantitatives qui furent l’occasion de querelles pouvant aller jusqu’à une sorte de comportement « raciste » tantôt à l’égard des mexicains en Espagne tantôt envers les espagnols au Mexique.

Une description de la plus grande arène du monde, la Monumental de Mexico (45 000 places pouvant aller jusqu’à 52 000 pour les grands jours) permit de sentir l’ambiance surchauffée des jours de grands cartels, comme ce fut le cas le 31 janvier de cette année lors du mano a mano Jose Tomas / Joselito Adame. Lorsque le public applaudit et crie de plaisir, c’est tout simplement impressionnant. Il y a quelques années, El Pana en a pleuré d’émotion lors de son succès.

Quelques différences dans le règlement taurin ont aussi été évoquées, par exemple le premier avis ne compte qu’à partir du moment où le torero plante l’épée.

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Une vue de la salle © Marie-Luce Baccellieri

Puis Jean-François Nevière choisit de retracer la vie et la carrière de quelques très grandes figuras mexicaines, parmi lesquelles Ponciano Diaz adoré pour ses naturelles et … ses grandes moustaches, Vicente Segura, très grand estoqueador et si riche propriétaire minier qu’il toréait pour le plaisir et la gloire et distribuait ses émoluments aux pauvres, Rodolfo Gaona, partenaire de José et Juan et exceptionnel banderillero, Luis Freg « El valor » blessé 72 fois et habitué à l’extrême onction, Juan Silveti le père de la géneration Silveti , Lorenzo Garza Espinosa « Armillita », l’ancêtre de la dynastie qui fut un des toreros les plus complets, pouvant toréer n’importe quel type de toro au point d’en paraître froid, Manolo Martinez, Carlos Arruza, Silverio Perez le roi du trincherazo et, pour finir sur les toreros actuellement en exercice tels Garibay, El Payo, Joselito Adame maestro fidèle, constant, serein, grand ami de Jean-François Nevière et parrain de l’Association « Mexico Aztecas y Toros » que préside le conférencier, le tout conduisant à une conclusion sur l’avenir de la corrida au Mexique, la nature et les qualités des toros qui y sont combattus, puis l’organisation de grands groupes tels la Fusion ( FIT) d’impresarios aux moyens colossaux qui attirent beaucoup de maestros, y compris espagnols , Espactaculos Taurinos de Mexico et d’autres encore …

La tauromachie au Mexique a un bel avenir : Elle s’appuie sur une aficion, plus libre qu’en Espagne, très décomplexée et sur des supports qui ont de grands moyens et qui font beaucoup pour préserver et sauver la tauromachie. Le public mexicain peut donner l’impression qu’il ne connait pas grand-chose, mais il s’enthousiasme et hurle de joie dès qu’il y a une belle passe.

Après ce riche exposé, le président et le public posèrent de nombreuses questions, auxquelles le conférencier se fit le plaisir de répondre

Le 11 mai 2016, Tomás Prieto de la Cal Picón

Publié par cathiectp le 22 avril 2016
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Tomás Prieto de la Cal Picón

Tomás Prieto de la Cal Picón © ©lub ©ocherito

La préservation de la diversité génétique des différentes races du toro de combat constitue un des enjeux majeurs pour l’évolution de la tauromachie. Dans la splendide propriété Hacienda la Ruiza, proche de Huelva, la famille Prieto de la Cal s’est attachée, depuis le milieu du XXe siècle, à conserver la pureté du sang vasqueño des Veragua combattifs, puissants et superbes dans la variété de leurs robes au ton clair, très appréciés de l’afición française.

La conduite de cet élevage historique, confronté par sa singularité même à des problèmes de consanguinité, est orientée par la recherche d’un animal « sauvage », élevé dans les conditions les plus naturelles en limitant au strict nécessaire les interventions humaines.

C’est cette histoire unique, cette approche enracinée dans l’authenticité de la tradition ganadera et cette démarche exemplaire, à la fois exigeante et ouverte, en faveur d’un toro exprimant sa bravoure à tous les tercios de la lidia et faisant naitre l’émotion que nous fera l’honneur de venir présenter et expliquer aux membres de notre Club le grand éleveur Tomás Prieto de la Cal Picón lors d’une réunion qui se déroulera le mercredi 11 mai 2016 à partir de 20h. au Grand salon « Spindler » du restaurant « Chez Jenny » 39, Boulevard du Temple Paris (3e), M° République

 Participation aux frais, comprenant la soirée, précédée d’un apéritif et suivie du dîner, boissons incluses : membres du Club : 32€, jeunes jusqu’à 25 ans (à jour): 15€, hôtes de passage : 45€. Vous pourrez à cette occasion vous mettre à jour de votre cotisation annuelle ou adhérer au Club. Rappel du montant des cotisations : individuels : 60€, couples : 100€, jeunes : 20€.

Afin de faciliter l’accueil, il est impératif de s’inscrire par mail à l’adresse clubtaurindeparis@gmail.com

Traditions et chemins de la tauromachie mexicaine

Publié par cathiectp le 10 mars 2016
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Dans son ouvrage La corrida vue des coulisses, Claude Popelin consacre un chapitre au Mexique « seconde patrie du toreo ». De Rodolfo Gaona à Joselito Adame en passant par « Armillita », Carlos Arruza ou Manolo Martinez, on en connaît quelques figures illustres. On a entendu dire que le toro mexicain, qu’il vienne de Piedras Negras, de San Mateo ou de Xajay, développe des charges différentes de celles du toro espagnol, que les arènes de Mexico sont les plus grandes du monde et que les réactions du public y possèdent leur couleur propre. On sait aussi que tous les grands noms de la tauromachie espagnole, de « Cagancho » à José Tomas en passant par « Manolete » et « El Juli », y ont vécu des moments clefs de leur parcours. Mais, même si on a eu la chance d’assister à des corridas au Mexique et d’y visiter des élevages, on s’aperçoit assez vite qu’on connaît fort mal cette « seconde patrie ».

Grand aficionado et spécialiste reconnu du Mexique, responsable de la revue Mexico Aztecas y Toros, Jean-François NEVIÈRE a accepté de venir nous apporter de précieux repères, nourris d’une riche expérience personnelle sur les Traditions et chemins de la tauromachie mexicaine.

Cette soirée se tiendra le mardi 22 mars 2016 à partir de 20 h, au sol-sol du Restaurant Loubnane, 29 rue Galande, Paris 5e (M° Saint-Michel).

 Participation aux frais, comprenant la soirée, précédée d’un apéritif et suivie du dîner : membres du Club : 28€, jeunes jusqu’à 25 ans (à jour): 15€, hôtes de passage : 35€.

Afin de faciliter l’accueil, il est impératif de s’inscrire par mail en répondant à ce courriel ou à l’adresse clubtaurindeparis@gmail.com

 

 

De la boulange aux toros, itinéraire d’un passionné

Publié par cathiectp le 1 mars 2016
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Industriel de la boulangerie Jean-Luc Couturier a, en moins de deux ans, sauvé du naufrage ou de la disparition deux grands élevages de prestige, les « Curé de Valverde » et les Concha y Sierra. Il est venu au Club Taurin nous parler des aventures, des passions et des défis d’un jeune éleveur, provençal et torista.

Jean-Luc Couturier et Jean-Pierre Hedouin

Jean-Luc Couturier et Jean-Pierre Hedouin © MLBAC

Fils de boulangers du côté maternel et de charcutiers du côté paternel, Jean-Luc Couturier arrête ses études à 18 ans, en 1966, pour « entrer en boulangerie ». Après son service militaire, il entre dans un grand groupe industriel anglais, puis crée une unité de production à Orly. Il quitte le Groupe en 1981 pour reprendre une entreprise de pain industriel à Arles. En 1981, la corrida n’était pas encore sa chose, mais les Tardieu, ses clients et amis auxquels il fournissait le pain périmé qui faisait la joie de leurs taureaux, invitent Jean-Luc à visiter leur élevage. Ce fût le choc, il eût un véritable coup de foudre pour le spectacle et l’ambiance du campo. Tous les mardis, les Tardieu l’emmènent visiter l’élevage à cheval. Il vit sa première corrida à Nîmes à l’époque où Paco Ojeda triomphait, puis il devint un fidèle des corridas « dures », Vic-Fezensac, Alès …

Le métier de boulanger industriel se met à changer : du four à pain on passe au surgélateur; nombre de concurrents disparaissent. Jean-Luc recherche alors une solution technique pour le pain précuit. En 1990, à Tarascon, capitale du monde comme chacun sait, Jean-Luc Couturier met au point un processus nouveau qui améliore sensiblement la qualité de la production du pain surgelé (« process 124 »). L’étranger s’y intéresse, à commencer par les canadiens, et JL Couturier devient vendeur de licences industrielles. Simultanément, épaulé par un fonds de pension, il crée des unités industrielles en France et à l’étranger.

Jean-Luc Couturier va assister à une corrida qui va profondément le marquer ; le 13 mai 1990 à Alès, il pleuvait des cordes, le paseo est retardé. Les taureaux de l’élevage du « Curé de Valverde », âgés entre 5 et 6 ans, furent exceptionnels de présence, qu’ils attaquent, chargent en faisant l’avion ou qu’ils se défendent comme celui qui fut condamné aux banderilles noires. Face à ces bêtes d’un autre temps, José Luis Galloso, José Antonio Campuzano et Paco Alcade firent face et réussirent à tirer l’impossible de certains toros. Ce fût une course de si grande émotion qu’en sortant des arènes, Jean-Luc Couturier déclara que, si un jour il se lançait dans l’élevage des taureaux, ce seraient des Valverde. En 1994, le Cura, fils du fondateur de l’élevage, décède. Les neveux qui assurent la gestion du domaine du Campo Charro sont loin d’y apporter le même soin, tant dans la sélection que dans les croisements. La propriété n’était pas en très bon état, seule la Chapelle était belle.

En 2000, le Groupe de boulange passe à 400 personnes et en 2005, avec l’appui du Groupe Soufflet, Couturier rachète les parts de son principal actionnaire. Il poursuit jusqu’en 2012 où il vend ses parts à son principal concurrent à las cinco de la tarde juste avant la fin de la feria de Séville.

Désormais « retraité » mais homme d’action et d’entreprise, la pétanque et l’inaction ne sont pas faites pour lui. Le lendemain de la vente, il prend la route de Salamanca pour rencontrer les deux neveux du Cura de Valverde. L’élevage n’était pas à vendre, la différence de prix était énorme entre l’estimation des propriétaires et la proposition de JL Couturier. Ce dernier a alors allumé un cigare en déclarant aux neveux : «  Quand le cigare s’éteint, je m’en vais et ne reviens plus. » Ils se sont mis d’accord à la dernière bouffée. Ne possédant pas encore de terres pour accueillir les bêtes achetées, il demande de garder le bétail jusqu’à ce qu’il en trouve. Les vaches étant efflanquées, il fait immédiatement envoyer du pienso de la Crau pour leur refaire une santé. Le 30 avril, il embarque les vaches pour les mettre provisoirement chez des éleveurs voisins et accueillants en attendant de trouver des terres.

Il va trouver en pays d’Arles, entre Saint Martin de Crau et Maussane, un domaine de 220 hectares, le domaine de « Coste Haute » qui comprend 70 hectares de luzerne et de foin, 40 hectares de marais, et plus de 100 hectares de garrigues qu’il va clôturer et équiper pour l’élevage du toro bravo, avec toutes les installations nécessaires (plaza de tienta, cajones de soins, écuries…), un ensemble admiré par les éleveurs qui viennent visiter la propriété.

La médiocre qualité des soins et de la sélection opérés les dernières années sur le bétail de Valverde exige un rafraichissement du sang. Jean-Louis, désormais membre de La Unión (UCTL), peut et doit aller chercher des vaches du Conde de la Corte, race racine des Valverde. Le Comte va lui vendre 30 vaches pleines et aujourd’hui, 9 de ses erales sont de purs Conde de la Corte. Il va également prospecter les possibilités d’acquisition de bétail de El Torero issu de Salvador Domecq. Le 15 juillet 2012, dans les arènes de Chateaurenard, le nouvel éleveur Jean-Luc Couturier fournit son 1er lot de Curé de Valverde, avec 4 taureaux de 5 ans et deux de 4 ans qui donneront pas mal d’émotion.

 

Parallèlement, lors de prospections dans le Campos Charro et dans le sud, l’ex-banderillero devenu veedor « Mangui » suggère à J-L Couturier d’aller dans la province de Huelva rencontrer la famille, banquière et ganadera, des Garcia Palacios qui veut céder des fincas et des toros. Ils possèdent plusieurs fers dont celui historique de Concha y Sierra. Comme le dit avec humour notre invité, la variété des robes des Concha y Sierra ne peut laisser indifférent quelqu’un qui se nomme « couturier ». Les Garcia Palacios sont quelque peu scandalisés par la hardiesse de la proposition mais devant la force de persuasion, ils finissent par céder. Là encore le prix demandé est fort élevé et la négociation va durer une heure ; le temps de deux cigares. Le mundillo de La Unión a été très surpris de cette vente.

Ce nouveau bétail va également être installé dans le domaine de « Coste Haute ». Aujourd’hui, Jean-Luc Couturier possède quatre cent bêtes : 200 du « Cura de Valverde » et 200 de Concha y Sierra.

Jacques Tricon, Jean-Luc Couturier et Jean-Pierre Hedouin

Jacques Tricon, Jean-Luc Couturier et Jean-Pierre Hedouin © MLBAC

Son objectif à moyen terme est de pouvoir fournir deux corridas en France et deux en Espagne. Il faut pour cela poursuivre le travail sévère de sélection entrepris sur les bêtes de Valverde (40 % des animaux achetés en 2012 ont été éliminés) et redonner de la force aux Concha y Sierra, en sachant qu’il est fort difficile de rafraichir le sang Vasquez – les Prieto de la Cal offrant une des rares possibilités -. Faire courir régulièrement les toros – au moins une fois par semaine – est indispensable pour leur donner de la résistance. En revanche à part les manipulations indispensables pour les soins réglementaires, il convient de ne pas multiplier les interventions sur le bétail. Deux périodes de naissance sont prévues et organisées dans l’année afin de faire tourner les sementales. L’idéal serait de faire une corrida avec des lots de 2 toros issus de trois étalons différents car s’ils sont issus d’un même semental, on ne s’aperçoit qu’au bout de 3 ans si les produits sont bons ou non.

En décembre 2013, Jean-Luc Couturier était au travail pour déplacer un semental qui le connaissait bien ; celui ci s’est gonflé en vue de le charger, son cheval s’est statufié, tétanisé. Attaqué l’éleveur a été envoyé en l’air, heureusement de l’autre côté de la clôture sans quoi, comme sa monture, il ne serait plus de ce monde. JLC fût d’autant mieux opéré que le chirurgien était le chirurgien des arènes d’Alès!

Sur quels critères sélectionner ? Les critères sont variables, l’éleveur écoute les avis mais il décide seul ; ainsi il y a 2 ans, Juan Bautista avait tienté deux vaches qu’il jugeait exceptionnelles mais l’appréciation de l’éleveur était différente. Jean-Luc Couturier préfère ne pas tienter avec des vedettes car elles recherchent trop de toreo esthétique et leur excellente technique peut masquer nombre de défauts. De fait, « ils ne montrent » pas la bête. De toute façon, JLC écoute les avis mais décide tout seul.

Jean Luc Couturier recherche un taureau de combat, c’est-à-dire un animal qui ne se couche pas dès la première pique. Pour combattre, le taureau doit disposer d’un potentiel physique et respiratoire qui lui permette d’aller a más, comme les Curé de Valverde alors que les Concha y Sierra ont trop tendance à aller a menos. Pour que les arènes se remplissent, la corrida doit avant tout transmettre de l’émotion. Pour cela, il faut des toros qui chargent et qui « en veulent ». Dans cette catégorie figurent encore plusieurs élevages. Il faut un travail impitoyable de sélection pour atteindre l’objectif de produire des toros qui transmettent au public et aux toreros et que les vedettes aient envie de toréer. Progressivement, les vedettes vont vouloir aussi affronter ce type de taureaux. En tienta, des éleveurs comme Garcigrande, ne gardent que 10 à 15% du total testé. Ils recherchent la race ; Couturier, lui, dit rechercher d’abord l’agressivité, le mordant pour faire remonter le niveau d’émotion du combat. En France, il y a quelque temps il y avait dix éleveurs de toros espagnols ; aujourd’hui, alors que le marché s’est réduit, il y en a 40, mais Jean-Luc Couturier, tout en étant en France, se vit comme « éleveur espagnol » avec deux fers inscrits à La Unión.

En 2015, Jean-Louis Couturier a fait combattre près de quinze toros : tous ont pris trois piques et ont eu du souffle. Les Valverde d’Alès ont fourni une grande course, avec un grand toro complet aux trois tiers en 6e. Le public, très aficionado, a retrouvé les Curas de 1990 ! Le lot de Concha y Sierra lidié à Aignan dans le Gers a été plus varié mais intéressant et les deux exemplaires sortis en corrida concours ont livré un bon 1er tercio. Globalement la saison a été bonne, surtout pour un élevage qui n’a que trois ans.

Si, comme cela s’est un moment présenté, il avait acheté, les toros de Garcigrande, Jean-Luc Couturier aurait certainement gagné de l’argent. Avec ses deux fers, il espère que dans cinq ans, il cessera d’en perdre. En 2013, il a perdu 200.000€, en 2014 il n’a perdu « que » 60.000€. La situation s’améliore. Torista passionné, il ne fait pas de toros pour les toreros mais pour les aficionados et il est convaincu que ses deux fers vont atteindre un haut niveau, chacun dans son registre, celui de la puissance pour le Valverde et celui de la noblesse pour les Concha y Sierra.

Passion taurine et écriture littéraire

Publié par cathiectp le 1 mars 2016
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Quelle parenté entre passion taurine et passion littéraire ? Qu’est-ce qui pousse des aficionados à vivre leur afición en la faisant partager par l’écriture ?

Pour contribuer à construire des éléments de réponse à ces questions, deux membres du Club, Nicolas Havouis et Vincent Maes, auteurs de nouvelles taurines reconnues par différents prix spécialisés, ont accepté, dans un mano a mano amical, d’alterner lectures de leurs œuvres et réflexions sur leur démarche.

Vincent Maes et Nicolas Havouis © MBLAC

Vincent Maes et Nicolas Havouis © MLBAC

Un public nombreux, attentif et comme embarqué par les univers des différents extraits, s’est laissé successivement entrainer par la polysémie du vocabulaire taurin de Un chagrin d’aficionado puis par les tribulations d’un aficionado “parisieng“ en terre taurine, puis de voir répondre aux picaresques Miura de Saint-Pétersbourg l’affirmation de l’épicier biterrois: Aujourd’hui, c’est les Miura ! et a revécu, métamorphosé par la fiction de The Sorrow, le retour aux pistes d’un matador valencien, mis en parallèle avec la plus inattendue métamorphose tauromachique de Riberito…)

Entre ces lectures, qui s’enchainaient dans un mouvement naturel, les auteurs s’attachaient à expliciter ce qui les pousse à écrire :

« Ecrire n’est pas une démarche marketing; On ne choisit pas les sujets qui pourraient plaire mais ceux que l’on a en tête. Il faut qu’ils mûrissent. Ecrire n’est pas stratégique, c’est un plaisir.»

« Le moteur pour écrire, c’est de faire partager ce que l’on aime; On ne se pose pas la question de savoir pourquoi l’on écrit; le plaisir, c ‘est abord pour soi.»

« Ecrire c’est un plaisir gratuit pour faire partager des émotions. Le fait d ‘écrire sur les taureaux prouve que c’est une culture. »

Mais par delà le plaisir, il faut se confronter aux exigences de la langue et du style. Quelle part faire alors aux hispanismes du jargon tauromachique ? Quels registres de langue mobiliser pour rendre compte à la fois de la fugacité et de la force émotive du combat entre l’homme et le taureau ?

« Au delà du plaisir, il y a de la contrainte : c’est comme pour un tableau, on lit, on corrige, on relit, on est jamais totalement satisfait… Le sujet taurin suppose souvent d’utiliser des termes faisant partie d’un “langage d’initiés“ mais cela ne suffit pas pour autant que l’auteur ne souhaite s’adresser qu’au cercle restreint des aficionados. D’ailleurs, le Prix Hemingway lui-même, bien que défini par la juxtaposition “littérature et tauromachie“, n’a jamais imposé à ses participants de ne s’adresser qu’à un public exclusivement taurin ! » Toutefois « Il faut coller au sujet ce qui exige un minimum de langage technique. La tauromachie, c’est une culture, et qui possède sa langue, présente aussi en France où se publient beaucoup de livres taurins».

«Dans l’arène, ce sont les émotions, le beau qui dominent. Si on pouvait écrire le dixième de ce que l’on se raconte dans sa tête, on serait trop prolifique. Les idées surgissent durant la corrida, après quoi il faut qu’elles germent».

« Quand on assiste à une corrida, on ne pense pas aux mots; Le style vient après, c’est alors qu’on entre dans la littérature »

Une remarque des auditeurs sur le caractère profondément romanesque et littéraire de l’affrontement entre homme et toro dans sa dimension dramatique, voire tragique de l’homme face au jeu de la vie et de la mort, qui n’a pas été centrale dans les extraits lus, suscite de riches échanges sur les diverses approches et sur les différences qui peuvent exister entre une perspective à dominante « afición» et une autre à dominante « romanesque » ; le sang et la mort sont toujours présents mais l’auteur aficionado peut trouver quelque peu déplacé et « pesant » de mettre un accent trop marqué sur cet aspect de la tauromachie.

Au terme de ces lectures et des échanges qui les accompagnaient chacun se prenait à évoquer ses lectures marquantes, ses goûts personnels dans le large éventail des formes d’écriture que suscite la tauromachie et, en remerciant très chaleureusement nos deux amis qui avaient fait rêver tous les auditeurs, on leur demandait, non sans curiosité, quelques indications sur leurs projets d’écriture. Cette thématique, jusqu’alors non abordée au Club, est loin d’être épuisée !

 

 

4 février 2016 : Paco Camino au club taurin de Paris

Publié par cathiectp le 29 février 2016
Publié dans: LES REUNIONS. 1 commentaire
Paco Camino © MBLAC

Paco Camino © MLBAC

Les aficionados parisiens ne s’y étaient pas trompés et il y avait foule pour ce rendez-vous avec celui qui fut l’un des plus grands matadors du 20e siècle et l’un des acteurs majeurs de cet autre âge d’or du toreo que furent les années 60.

Dans ses quelques mots de présentation, Jean-Pierre Hédoin dit au maestro le plaisir et l’honneur qu’a le club taurin de Paris à le recevoir car, pour ceux qui ont eu la chance de le voir toréer, il est une sorte de trésor grâce à qui ils ont pu apprendre, comprendre et aimer ce qu’était le toreo et pour tous il apporte un regard original et stimulant sur la corrida actuelle.

Avec une immense modestie, beaucoup d’humour et de gentillesse, le maestro s’est livré au jeu de questions-réponses et est revenu sur les évènements marquants de sa carrière.

Né le 14 décembre 1940 dans une famille très modeste, il a vu son père travailler jusqu’à l’épuisement pour des salaires de misère. Très jeune, il a décidé de « devenir quelqu’un » pour sortir sa famille de cette misère si terrible dans les années 50. Être torero était la seule solution. Le chemin fut très difficile mais, sa constance et sa persévérance lui ont permis de progresser avec l’appui de son apoderado qui l’a suivi de ses débuts à la fin de sa carrière.

Il a commencé à courir les capeas et les tentaderos dans la région de Camas à 11 ans et, pour pouvoir s’entraîner tous les jours, l’apprenti boulanger qu’il était utilisait des sacs de farine comme capote pour toréer une ânesse à laquelle il avait appris à charger.

Paco Camino a gardé de cette époque une grande affection pour Pepe Luis Vazquez et Chicuelo père qui l’ont pris sous leur protection et lui ont permis de participer à des tentaderos. C’est ainsi que, le 5 juin 1953, il s’est retrouvé dans un tentadero avec Diego Puerta. Il sourit en se rappelant que, si Diego était déjà en traje de campo, lui, le gamin pauvre était venu toréer en culotte courte.

Appelé pour une novillada non piquée, il fait ses débuts en 1958 à Saragosse. La même année, il torée 14 novilladas non piquées et trois piquées

En 1959 il toréa deux novilladas à Barcelone où Don Pablo Chopera le vit toréer. Lors de son retour de Roquefort où il se présentait en France comme novillero, l’apoderado lui signa, à San Sebastian, un contrat de 40 corridas par an sur deux ans.

Jean-Pierre Hédouin entouré par Paco Camino et sa femme © MBLAC

Jean-Pierre Hédouin entouré par Paco Camino et sa femme © MLBAC

Don Pablo a été pour Paco Camino un deuxième père et un excellent conseiller. Il a été un si bon apoderado que, considérant que le contrat qu’ils avaient signé lui profitait plus qu’à Paco, il prit l’initiative de le casser au bout d’un an et de le modifier en faveur de son torero.

Paco Camino a pris l’alternative le 17 avril 1960 à Valencia, des mains de Jaime Ostos avec Juan García « Mondeño » comme témoin. Cette année-là, il est allé à Pampelune, Bilbao, Bayonne, puis Lima, Quito, Bogota et au Venezuela, mais ni à Séville, ni à Madrid ni à Mexico car la convention Mexique/Espagne n’existait pas encore. 1961 fut l’année de sa 1ère oreille comme matador à Séville. En revanche, ses débuts à Madrid ne furent pas concluants. En outre il fut blessé à quatre reprises dont la très grave cornada de Bilbao. La saison 1962 fut celle de ses débuts à Mexico et c’est au Mexique où il a beaucoup toréé que le maestro s’est senti vraiment torero.

Si le toro mexicain charge plus lentement, il se souvient que le toro espagnol d’alors était beaucoup plus violent que celui d’aujourd’hui. Il chargeait avec puissance, avec l’envie de blesser. Il était bien plus mobile et changeant au cours des trois tiers, transmettait beaucoup et il ne fallait le quitter des yeux. Aujourd’hui, le toro est plus grand, assez semblable d’un élevage à l’autre et bouge beaucoup moins.

Les années 60 ont été marquées par le célèbre trio Diego Puerta / Paco Camino/ El Viti par le retour d’Antonio Ordoñez et l’arrivée d’El Cordobés en 1964. El Cordobés a été très bousculant car il toréait de très près, était très bon à la muleta, était très drôle et avait une personnalité exceptionnelle.

La concurrence entre Diego Puerta, Paco Camino et El Viti était noble. Hors de l’arène, ils étaient de grands amis mais dans la plaza, ils ne se parlaient jamais et étaient en franche concurrence.

Au début des années 60, il était très difficile de se faire une place car, au sommet, il y avait Antonio Ordoñez et Luis Miguel Dominguin avec lesquels il y avait un respect réciproque, mais aussi Antonio Bienvenida, Jaime Ostos, Mondenño, Chamaco… .

Araceli Guillaume, Paco Camino et Jean-Pierre Hédouin © MBLAC

Araceli Guillaume, Paco Camino et Jean-Pierre Hédouin © MLBAC

Sans être spectaculaire, comme il se plait à le dire, la carrière de Paco Camino a été très bonne et en continuel progrès. Même s’il prétend aussi qu’il n’était ni le meilleur ni le pire et que la position qu’on lui a donnée n’est pas celle qu’il pense avoir réellement occupée, il considère qu’il a eu l’énorme chance d’avoir pu faire ce qu’il voulait.

A l’inverse de Séville où il n’a pas eu de chance, Madrid est sa plaza de référence, celle qui lui a tout donné. C’est certes une arène très difficile mais elle est très juste. À Madrid, si on fait ce qu’il faut, le public apprécie et répond et ce public appréciait son travail. Le toro y était grand et fort et présentait beaucoup de difficultés.

Un torero qui torée en solitaire comme il l’a fait à Madrid (à la Beneficiencia de 1970, où il coupe 8 oreilles à sept toros), doit faire en sorte que le public ne s’ennuie pas. Il doit donc être totalement « mentalisé » pour faire des faenas appropriées et différentes, sa tête doit bien fonctionner tout le temps, et lui en avait une qui fonctionnait particulièrement bien.

Le maestro est un maître de la chicuelina. Sa première chicuelina, il la fit en 1963 à Madrid; elle fut le fruit d’une pure improvisation lors d’une corrida avec El Viti et Jaime Ostos qui futt blessé en tuant son premier toro. Paco Camino dut le descabeller puis toréer trois toros. Le deuxième toro d’Ostos était exceptionnel. Bien que n’aimant pas quitter son toro des yeux, le maestro, pour faire quelque chose de nouveau, improvisa une chicuelina qui fit se lever les gradins.

 Paco Camino fut aussi un très grand estoqueador. Interrogé sur le savoir-faire au moment où, lors de l’estocade, le torero perd le regard du toro, le maestro dévoile son secret: pour bien tuer, il faut fixer le morillo et passer la tête du toro car si on regardait les cornes, on ne tuerait jamais ! Ce sont deux violences qui se rencontrent et il est normal que, parfois, le torero reçoive un coup de corne lorsqu’il est en train de tuer. Cela fait partie du métier qui, par définition, est risqué. Mais tant d’autres métiers sont dangereux aussi !!!

A propos d’une une corrida historique à Malaga où il y eut 10 oreilles et 3 à 4 queues coupées par l’éternel trio, Paco Camino évoque la grande compétition et la vraie émulation qui existaient à ce moment-là : si le premier y allait, le second devait en faire autant et le troisième en rajouter.

A propos de la posture du torero, le maestro insiste sur le fait que celui-ci doit rester concentré durant toute la corrida, y compris avec les toros des autres diestros, être respectueux et rester attentif. Il ne comprend pas qu’aujourd’hui certains toreros puissent parler, signer des autographes ou fumer pendant que leurs confrères toréent, comme si le danger n’existait pas ! À son époque, les personnalités des toreros étaient très fortes et différentes. Aujourd’hui, il lui semble qu’elles sont plus ou moins identiques ; Il ne voit pas se détacher une quelconque agressivité entre les toreros.

Il pense que les figuras devraient accepter de toréer dans toutes les arènes importantes. Alors qu’à son époque on se battait pour aller à Madrid, les vedettes d’aujourd’hui y vont une fois par saison, quand elles y vont. Elles laissent parfois passer plusieurs saisons et le public ne leur en veut pas.

Interrogé sur la présidence de Madrid, il semble à Paco Camino que la présidence est plus facile qu’avant d’autant plus que le toro y est plus ou moins identique.

Paco Camino a eu une prédilection pour les Santa Coloma. Le toro était agressif (fiero) et intelligent. Il transmettait et répondait bien et le maestro lui répondait tout aussi bien. Pour lui c’est un toro qui se définit très vite bon ou mauvais, il va demeurer constant dans son jeu. Tout va pour le mieux si on fait au toro qu’on affronte une faena adéquate.

Il se souvient qu’autrefois les vedettes toréaient fréquemment des toros difficiles, ce qui  n’est plus le cas. Mais à la question de savoir quel élevage il aimerait toréer aujourd’hui, le maestro répond, dans un éclat de rire, qu’il ferait comme les vedettes et qu’il toréerait uniquement les élevages de la même origine (Juan Pedro, Garcidrande, Victoriano del Rio…).

Le maestro n’a jamais été dans une école taurine car elles n’existaient pas. Son métier, il l’a appris sur le tas avec les adultes et les banderilleros. La meilleure des écoles a été la faim! Il reconnait que l’avantage des écoles taurines d’aujourd’hui est qu’elles assurent aussi la formation scolaire !

Contrairement à l’époque où il a débuté, il y a aujourd’hui moins de misère et moins de faim mais, pour un jeune, le toreo reste un sacrifice. Les exigences pour être torero sont énormes car il faut être constant, très au-dessus de sa profession, vivre avec le toro, rêver toro, éliminer toutes distractions, et penser toro continuellement. Les jeunes d’aujourd’hui ne veulent plus assumer autant d’efforts et se sacrifier…

Il existe cependant des jeunes de familles aisées qui sont toreros, comme Roca Rey et Lopez Simon qui se démarquent vraiment.

Sur l’avenir de la corrida, Paco Camino est plutôt optimiste. Les politiciens, qui veulent ressembler à tout le monde, pensent que le toreo fait trop espagnol et ont cette manie de s’afficher « pour ou contre » ! C’est une histoire sans fin. Il y aura des hauts et des bas mais la corrida ne peut pas s’arrêter car il n’existe pas de village en Espagne qui ne célèbre sa fête sans une corrida.

 

Paco Camino © MBLAC

Nicolas Havouis et Vincent Maes

Publié par cathiectp le 9 février 2016
Publié dans: LES REUNIONS. Poster un commentaire

Spectacle sans scénario préalablement écrit, chorégraphie à la musique muette, émotions s’exprimant spontanément dans une gamme entre le « ay » et le « olé », la tauromachie invite à parler et à écrire.

Par-delà les écrits descriptifs, historiques ou techniques, c’est dans l’écriture littéraire que le mystère taurin retrouve toute sa densité et sa force ; un acte créateur y fait écho à un événement créatif et la fiction sait dévoiler du sens.

C’est sans aucun doute cette parenté profonde entre passion taurine et passion littéraire qui conduit des aficionados à vivre aussi leur afición et à la faire partager par l’écriture.

Deux d’entre eux, membres du Club et auteurs de plusieurs nouvelles taurines, tous deux finalistes du prix Hemingway, Nicolas Havouis et Vincent Maes ont accepté de nous lire quelques extraits de leurs œuvres et de dialoguer afin de nous inviter à vivre plus pleinement les liens entre Passion taurine et écriture littéraire.

Cette soirée se tiendra le mardi 16 février 2016 à partir de 20 h au sol-sol du restaurant Loubnane, 29 rue Galande, Paris 5e (M° Saint-Michel).

 Participation aux frais, comprenant la soirée, précédée d’un apéritif et suivie du dîner : membres du Club : 28€, jeunes jusqu’à 25 ans (à jour): 15€, hôtes de passage : 35€.

Afin de faciliter l’organisation, nous vous demandons de vous inscrire par mail  à l’adresse  : clubtaurindeparis@gmail.com

Paco Camino, matador de toros

Publié par cathiectp le 24 janvier 2016
Publié dans: LES REUNIONS. Poster un commentaire

 Paco Camino appartient aux plus grandes « figures » de la tauromachie du XXe siècle. Au cours des années 60, période parfois qualifiée de second âge d’or de la tauromachie, il a plus que tout autre incarné la maestria, en unissant dans son art une exceptionnelle compréhension des toros comme clef de la domination et une perfection d’exécution des suertes fondamentales tant à la cape qu’à la muleta ou lors de l’estocade. Par-delà les évolutions du toreo, l’élégance naturelle et la magistrale simplicité de son style conservent une force intacte et un cachet unique.

Admiré par l’ensemble de la planète taurine, il constitue une référence aussi bien pour ceux qui ont eu la chance de vivre ses inoubliables leçons, dispensées avec cette « difficile facilité » qui le caractérisait, que pour ceux qui nourrissent leur afición par l’analyse conduite par un grand maestro de l’évolution de la fiesta

Pour le Club Taurin de Paris c’est une vive satisfaction et un très grand honneur de recevoir Francisco Camino Sanchez PACO CAMINO,

le jeudi 4 février 2016 à partir de 20h,
au Grand salon « Spindler » du restaurant « Chez Jenny »
39, Boulevard du Temple Paris (3e), M° République

 Participation aux frais, comprenant la soirée, précédée d’un apéritif et suivie du dîner : membres du Club : 32€, jeunes jusqu’à 25 ans (à jour) : 15€, hôtes de passage : 50€. Rappel du montant des cotisations : individuels : 60€, couples : 100€, jeunes : 20€.

Afin de faciliter l’accueil, il est impératif de s’inscrire par mail en répondant à ce courriel, ou à l’adresse clubtaurindeparis@gmail.com

 

Notre ami André Berthon nous a quittés

Publié par cathiectp le 23 novembre 2015
Publié dans: ACTUS TAURINES. 2 Commentaires
André

André Berthon, lors de la dernière fête du Club, en juin dernier © Marie-Luce

 

André Berthon, homme d’une immense culture et éminent aficionado est décédé soudainement le 17 novembre 2015 à l’âge de 73 ans. Ses brillantes études dans le domaine des sciences exactes l’avaient conduit à une activité de chercheur exercée aussi bien dans les institutions publiques que dans l’industrie. Littéraire autant que scientifique, il appréciait la littérature et en musique comptait au rang de ceux qui savent tisser des liens éclairants entre leur passion pour l’opéra et celle pour la tauromachie.

Il avait hérité son afición de sa famille charentaise et avait pu, très tôt, la développer auprès de celui qui fut son père spirituel en tauromachie, l’éducateur emblématique de l’afición française Claude Popelin aux côtés de qui il affronta, jadis, de nombreuses vaches en tienta. Il perpétuait la mémoire de ce maître par son engagement actif au sein de « l’Association Claude Popelin » qui, depuis 1982, décerne un trophée au meilleur lidiador de la saison française, distinction à laquelle il souhaitait, en tant que président, associer plus étroitement l’ensemble des entités taurines françaises.

De 1976 à 1998 il a présidé le Club taurin de Paris en lui conférant, durant plus de trois septennats, son identité de foyer d’enrichissement de la passion taurine par l’analyse, le dialogue et le partage entre tous les acteurs et toutes les sensibilités de l’afición. Outre son rôle institutionnel, dans lequel sa parfaite maîtrise de la langue de Cervantès en faisait un hôte de référence pour les invités espagnols, il apportait la rigueur pénétrante de ses analyses dans des conférences allant de thèmes techniques sur le toreo à des vues plus larges comme, par exemple, « Mozart et la corrida ».

 

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Une séance de toreo de salon © Marie-Luce Baccellieri

Durant plus de soixante ans il a fréquenté les arènes espagnoles et françaises. Amoureux de Séville, au point d’avoir été dans sa jeunesse pénitent au sein de la confrérie de Santa Marta, il fréquentait également les arènes de Madrid et celles de Bilbao, où chaque mois d’août il aimait à retrouver ses amis pour partager les nombreuses activités de la semaine des corridas générales. En France il ne manquait jamais une feria de Vic-Fezensac mais on le voyait aussi souvent sur les gradins de Nîmes, Dax ou Bayonne.

Son intelligence hors du commun, son sens aigu de l’analyse, sa capacité à suivre et à comprendre la dynamique évolutive entre le toro et le toreo, où il mobilisait la rigueur des principes et son expérience de practico, en faisaient un aficionado exceptionnel, de ceux qu’on aime avoir à ses côtés pour vivre plus intensément et plus complètement une corrida. Il savait également après les discours des uns et des autres à propos d’un taureau, d’un torero ou d’un combat, dire en une phrase claire et juste, l’essentiel qui avait échappé à tous. En tauromachie, comme dans d’autres domaines, ses goûts le portaient au classicisme. Il privilégiait l’intelligence du combat et la domination sur les effets plus spectaculaires. Antonio Ordoñez était son toreo de référence et l’admiration qu’il portait à Santiago Martin « El Viti » s’était transformée en une solide amitié.

Pour l’exemple qu’il constitue, pour l’action qu’il a conduite en faveur de la tauromachie et du patrimoine qu’elle représente, l’afición ressent à l’égard de ce maître discret et rigoureux un devoir de gratitude et de fidélité.

 

 

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