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4 février 2016 : Paco Camino au club taurin de Paris

Publié par cathiectp le 29 février 2016
Publié dans: LES REUNIONS. 1 commentaire
Paco Camino © MBLAC

Paco Camino © MLBAC

Les aficionados parisiens ne s’y étaient pas trompés et il y avait foule pour ce rendez-vous avec celui qui fut l’un des plus grands matadors du 20e siècle et l’un des acteurs majeurs de cet autre âge d’or du toreo que furent les années 60.

Dans ses quelques mots de présentation, Jean-Pierre Hédoin dit au maestro le plaisir et l’honneur qu’a le club taurin de Paris à le recevoir car, pour ceux qui ont eu la chance de le voir toréer, il est une sorte de trésor grâce à qui ils ont pu apprendre, comprendre et aimer ce qu’était le toreo et pour tous il apporte un regard original et stimulant sur la corrida actuelle.

Avec une immense modestie, beaucoup d’humour et de gentillesse, le maestro s’est livré au jeu de questions-réponses et est revenu sur les évènements marquants de sa carrière.

Né le 14 décembre 1940 dans une famille très modeste, il a vu son père travailler jusqu’à l’épuisement pour des salaires de misère. Très jeune, il a décidé de « devenir quelqu’un » pour sortir sa famille de cette misère si terrible dans les années 50. Être torero était la seule solution. Le chemin fut très difficile mais, sa constance et sa persévérance lui ont permis de progresser avec l’appui de son apoderado qui l’a suivi de ses débuts à la fin de sa carrière.

Il a commencé à courir les capeas et les tentaderos dans la région de Camas à 11 ans et, pour pouvoir s’entraîner tous les jours, l’apprenti boulanger qu’il était utilisait des sacs de farine comme capote pour toréer une ânesse à laquelle il avait appris à charger.

Paco Camino a gardé de cette époque une grande affection pour Pepe Luis Vazquez et Chicuelo père qui l’ont pris sous leur protection et lui ont permis de participer à des tentaderos. C’est ainsi que, le 5 juin 1953, il s’est retrouvé dans un tentadero avec Diego Puerta. Il sourit en se rappelant que, si Diego était déjà en traje de campo, lui, le gamin pauvre était venu toréer en culotte courte.

Appelé pour une novillada non piquée, il fait ses débuts en 1958 à Saragosse. La même année, il torée 14 novilladas non piquées et trois piquées

En 1959 il toréa deux novilladas à Barcelone où Don Pablo Chopera le vit toréer. Lors de son retour de Roquefort où il se présentait en France comme novillero, l’apoderado lui signa, à San Sebastian, un contrat de 40 corridas par an sur deux ans.

Jean-Pierre Hédouin entouré par Paco Camino et sa femme © MBLAC

Jean-Pierre Hédouin entouré par Paco Camino et sa femme © MLBAC

Don Pablo a été pour Paco Camino un deuxième père et un excellent conseiller. Il a été un si bon apoderado que, considérant que le contrat qu’ils avaient signé lui profitait plus qu’à Paco, il prit l’initiative de le casser au bout d’un an et de le modifier en faveur de son torero.

Paco Camino a pris l’alternative le 17 avril 1960 à Valencia, des mains de Jaime Ostos avec Juan García « Mondeño » comme témoin. Cette année-là, il est allé à Pampelune, Bilbao, Bayonne, puis Lima, Quito, Bogota et au Venezuela, mais ni à Séville, ni à Madrid ni à Mexico car la convention Mexique/Espagne n’existait pas encore. 1961 fut l’année de sa 1ère oreille comme matador à Séville. En revanche, ses débuts à Madrid ne furent pas concluants. En outre il fut blessé à quatre reprises dont la très grave cornada de Bilbao. La saison 1962 fut celle de ses débuts à Mexico et c’est au Mexique où il a beaucoup toréé que le maestro s’est senti vraiment torero.

Si le toro mexicain charge plus lentement, il se souvient que le toro espagnol d’alors était beaucoup plus violent que celui d’aujourd’hui. Il chargeait avec puissance, avec l’envie de blesser. Il était bien plus mobile et changeant au cours des trois tiers, transmettait beaucoup et il ne fallait le quitter des yeux. Aujourd’hui, le toro est plus grand, assez semblable d’un élevage à l’autre et bouge beaucoup moins.

Les années 60 ont été marquées par le célèbre trio Diego Puerta / Paco Camino/ El Viti par le retour d’Antonio Ordoñez et l’arrivée d’El Cordobés en 1964. El Cordobés a été très bousculant car il toréait de très près, était très bon à la muleta, était très drôle et avait une personnalité exceptionnelle.

La concurrence entre Diego Puerta, Paco Camino et El Viti était noble. Hors de l’arène, ils étaient de grands amis mais dans la plaza, ils ne se parlaient jamais et étaient en franche concurrence.

Au début des années 60, il était très difficile de se faire une place car, au sommet, il y avait Antonio Ordoñez et Luis Miguel Dominguin avec lesquels il y avait un respect réciproque, mais aussi Antonio Bienvenida, Jaime Ostos, Mondenño, Chamaco… .

Araceli Guillaume, Paco Camino et Jean-Pierre Hédouin © MBLAC

Araceli Guillaume, Paco Camino et Jean-Pierre Hédouin © MLBAC

Sans être spectaculaire, comme il se plait à le dire, la carrière de Paco Camino a été très bonne et en continuel progrès. Même s’il prétend aussi qu’il n’était ni le meilleur ni le pire et que la position qu’on lui a donnée n’est pas celle qu’il pense avoir réellement occupée, il considère qu’il a eu l’énorme chance d’avoir pu faire ce qu’il voulait.

A l’inverse de Séville où il n’a pas eu de chance, Madrid est sa plaza de référence, celle qui lui a tout donné. C’est certes une arène très difficile mais elle est très juste. À Madrid, si on fait ce qu’il faut, le public apprécie et répond et ce public appréciait son travail. Le toro y était grand et fort et présentait beaucoup de difficultés.

Un torero qui torée en solitaire comme il l’a fait à Madrid (à la Beneficiencia de 1970, où il coupe 8 oreilles à sept toros), doit faire en sorte que le public ne s’ennuie pas. Il doit donc être totalement « mentalisé » pour faire des faenas appropriées et différentes, sa tête doit bien fonctionner tout le temps, et lui en avait une qui fonctionnait particulièrement bien.

Le maestro est un maître de la chicuelina. Sa première chicuelina, il la fit en 1963 à Madrid; elle fut le fruit d’une pure improvisation lors d’une corrida avec El Viti et Jaime Ostos qui futt blessé en tuant son premier toro. Paco Camino dut le descabeller puis toréer trois toros. Le deuxième toro d’Ostos était exceptionnel. Bien que n’aimant pas quitter son toro des yeux, le maestro, pour faire quelque chose de nouveau, improvisa une chicuelina qui fit se lever les gradins.

 Paco Camino fut aussi un très grand estoqueador. Interrogé sur le savoir-faire au moment où, lors de l’estocade, le torero perd le regard du toro, le maestro dévoile son secret: pour bien tuer, il faut fixer le morillo et passer la tête du toro car si on regardait les cornes, on ne tuerait jamais ! Ce sont deux violences qui se rencontrent et il est normal que, parfois, le torero reçoive un coup de corne lorsqu’il est en train de tuer. Cela fait partie du métier qui, par définition, est risqué. Mais tant d’autres métiers sont dangereux aussi !!!

A propos d’une une corrida historique à Malaga où il y eut 10 oreilles et 3 à 4 queues coupées par l’éternel trio, Paco Camino évoque la grande compétition et la vraie émulation qui existaient à ce moment-là : si le premier y allait, le second devait en faire autant et le troisième en rajouter.

A propos de la posture du torero, le maestro insiste sur le fait que celui-ci doit rester concentré durant toute la corrida, y compris avec les toros des autres diestros, être respectueux et rester attentif. Il ne comprend pas qu’aujourd’hui certains toreros puissent parler, signer des autographes ou fumer pendant que leurs confrères toréent, comme si le danger n’existait pas ! À son époque, les personnalités des toreros étaient très fortes et différentes. Aujourd’hui, il lui semble qu’elles sont plus ou moins identiques ; Il ne voit pas se détacher une quelconque agressivité entre les toreros.

Il pense que les figuras devraient accepter de toréer dans toutes les arènes importantes. Alors qu’à son époque on se battait pour aller à Madrid, les vedettes d’aujourd’hui y vont une fois par saison, quand elles y vont. Elles laissent parfois passer plusieurs saisons et le public ne leur en veut pas.

Interrogé sur la présidence de Madrid, il semble à Paco Camino que la présidence est plus facile qu’avant d’autant plus que le toro y est plus ou moins identique.

Paco Camino a eu une prédilection pour les Santa Coloma. Le toro était agressif (fiero) et intelligent. Il transmettait et répondait bien et le maestro lui répondait tout aussi bien. Pour lui c’est un toro qui se définit très vite bon ou mauvais, il va demeurer constant dans son jeu. Tout va pour le mieux si on fait au toro qu’on affronte une faena adéquate.

Il se souvient qu’autrefois les vedettes toréaient fréquemment des toros difficiles, ce qui  n’est plus le cas. Mais à la question de savoir quel élevage il aimerait toréer aujourd’hui, le maestro répond, dans un éclat de rire, qu’il ferait comme les vedettes et qu’il toréerait uniquement les élevages de la même origine (Juan Pedro, Garcidrande, Victoriano del Rio…).

Le maestro n’a jamais été dans une école taurine car elles n’existaient pas. Son métier, il l’a appris sur le tas avec les adultes et les banderilleros. La meilleure des écoles a été la faim! Il reconnait que l’avantage des écoles taurines d’aujourd’hui est qu’elles assurent aussi la formation scolaire !

Contrairement à l’époque où il a débuté, il y a aujourd’hui moins de misère et moins de faim mais, pour un jeune, le toreo reste un sacrifice. Les exigences pour être torero sont énormes car il faut être constant, très au-dessus de sa profession, vivre avec le toro, rêver toro, éliminer toutes distractions, et penser toro continuellement. Les jeunes d’aujourd’hui ne veulent plus assumer autant d’efforts et se sacrifier…

Il existe cependant des jeunes de familles aisées qui sont toreros, comme Roca Rey et Lopez Simon qui se démarquent vraiment.

Sur l’avenir de la corrida, Paco Camino est plutôt optimiste. Les politiciens, qui veulent ressembler à tout le monde, pensent que le toreo fait trop espagnol et ont cette manie de s’afficher « pour ou contre » ! C’est une histoire sans fin. Il y aura des hauts et des bas mais la corrida ne peut pas s’arrêter car il n’existe pas de village en Espagne qui ne célèbre sa fête sans une corrida.

 

Paco Camino © MBLAC

Nicolas Havouis et Vincent Maes

Publié par cathiectp le 9 février 2016
Publié dans: LES REUNIONS. Poster un commentaire

Spectacle sans scénario préalablement écrit, chorégraphie à la musique muette, émotions s’exprimant spontanément dans une gamme entre le « ay » et le « olé », la tauromachie invite à parler et à écrire.

Par-delà les écrits descriptifs, historiques ou techniques, c’est dans l’écriture littéraire que le mystère taurin retrouve toute sa densité et sa force ; un acte créateur y fait écho à un événement créatif et la fiction sait dévoiler du sens.

C’est sans aucun doute cette parenté profonde entre passion taurine et passion littéraire qui conduit des aficionados à vivre aussi leur afición et à la faire partager par l’écriture.

Deux d’entre eux, membres du Club et auteurs de plusieurs nouvelles taurines, tous deux finalistes du prix Hemingway, Nicolas Havouis et Vincent Maes ont accepté de nous lire quelques extraits de leurs œuvres et de dialoguer afin de nous inviter à vivre plus pleinement les liens entre Passion taurine et écriture littéraire.

Cette soirée se tiendra le mardi 16 février 2016 à partir de 20 h au sol-sol du restaurant Loubnane, 29 rue Galande, Paris 5e (M° Saint-Michel).

 Participation aux frais, comprenant la soirée, précédée d’un apéritif et suivie du dîner : membres du Club : 28€, jeunes jusqu’à 25 ans (à jour): 15€, hôtes de passage : 35€.

Afin de faciliter l’organisation, nous vous demandons de vous inscrire par mail  à l’adresse  : clubtaurindeparis@gmail.com

Paco Camino, matador de toros

Publié par cathiectp le 24 janvier 2016
Publié dans: LES REUNIONS. Poster un commentaire

 Paco Camino appartient aux plus grandes « figures » de la tauromachie du XXe siècle. Au cours des années 60, période parfois qualifiée de second âge d’or de la tauromachie, il a plus que tout autre incarné la maestria, en unissant dans son art une exceptionnelle compréhension des toros comme clef de la domination et une perfection d’exécution des suertes fondamentales tant à la cape qu’à la muleta ou lors de l’estocade. Par-delà les évolutions du toreo, l’élégance naturelle et la magistrale simplicité de son style conservent une force intacte et un cachet unique.

Admiré par l’ensemble de la planète taurine, il constitue une référence aussi bien pour ceux qui ont eu la chance de vivre ses inoubliables leçons, dispensées avec cette « difficile facilité » qui le caractérisait, que pour ceux qui nourrissent leur afición par l’analyse conduite par un grand maestro de l’évolution de la fiesta

Pour le Club Taurin de Paris c’est une vive satisfaction et un très grand honneur de recevoir Francisco Camino Sanchez PACO CAMINO,

le jeudi 4 février 2016 à partir de 20h,
au Grand salon « Spindler » du restaurant « Chez Jenny »
39, Boulevard du Temple Paris (3e), M° République

 Participation aux frais, comprenant la soirée, précédée d’un apéritif et suivie du dîner : membres du Club : 32€, jeunes jusqu’à 25 ans (à jour) : 15€, hôtes de passage : 50€. Rappel du montant des cotisations : individuels : 60€, couples : 100€, jeunes : 20€.

Afin de faciliter l’accueil, il est impératif de s’inscrire par mail en répondant à ce courriel, ou à l’adresse clubtaurindeparis@gmail.com

 

Notre ami André Berthon nous a quittés

Publié par cathiectp le 23 novembre 2015
Publié dans: ACTUS TAURINES. 2 Commentaires
André

André Berthon, lors de la dernière fête du Club, en juin dernier © Marie-Luce

 

André Berthon, homme d’une immense culture et éminent aficionado est décédé soudainement le 17 novembre 2015 à l’âge de 73 ans. Ses brillantes études dans le domaine des sciences exactes l’avaient conduit à une activité de chercheur exercée aussi bien dans les institutions publiques que dans l’industrie. Littéraire autant que scientifique, il appréciait la littérature et en musique comptait au rang de ceux qui savent tisser des liens éclairants entre leur passion pour l’opéra et celle pour la tauromachie.

Il avait hérité son afición de sa famille charentaise et avait pu, très tôt, la développer auprès de celui qui fut son père spirituel en tauromachie, l’éducateur emblématique de l’afición française Claude Popelin aux côtés de qui il affronta, jadis, de nombreuses vaches en tienta. Il perpétuait la mémoire de ce maître par son engagement actif au sein de « l’Association Claude Popelin » qui, depuis 1982, décerne un trophée au meilleur lidiador de la saison française, distinction à laquelle il souhaitait, en tant que président, associer plus étroitement l’ensemble des entités taurines françaises.

De 1976 à 1998 il a présidé le Club taurin de Paris en lui conférant, durant plus de trois septennats, son identité de foyer d’enrichissement de la passion taurine par l’analyse, le dialogue et le partage entre tous les acteurs et toutes les sensibilités de l’afición. Outre son rôle institutionnel, dans lequel sa parfaite maîtrise de la langue de Cervantès en faisait un hôte de référence pour les invités espagnols, il apportait la rigueur pénétrante de ses analyses dans des conférences allant de thèmes techniques sur le toreo à des vues plus larges comme, par exemple, « Mozart et la corrida ».

 

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Une séance de toreo de salon © Marie-Luce Baccellieri

Durant plus de soixante ans il a fréquenté les arènes espagnoles et françaises. Amoureux de Séville, au point d’avoir été dans sa jeunesse pénitent au sein de la confrérie de Santa Marta, il fréquentait également les arènes de Madrid et celles de Bilbao, où chaque mois d’août il aimait à retrouver ses amis pour partager les nombreuses activités de la semaine des corridas générales. En France il ne manquait jamais une feria de Vic-Fezensac mais on le voyait aussi souvent sur les gradins de Nîmes, Dax ou Bayonne.

Son intelligence hors du commun, son sens aigu de l’analyse, sa capacité à suivre et à comprendre la dynamique évolutive entre le toro et le toreo, où il mobilisait la rigueur des principes et son expérience de practico, en faisaient un aficionado exceptionnel, de ceux qu’on aime avoir à ses côtés pour vivre plus intensément et plus complètement une corrida. Il savait également après les discours des uns et des autres à propos d’un taureau, d’un torero ou d’un combat, dire en une phrase claire et juste, l’essentiel qui avait échappé à tous. En tauromachie, comme dans d’autres domaines, ses goûts le portaient au classicisme. Il privilégiait l’intelligence du combat et la domination sur les effets plus spectaculaires. Antonio Ordoñez était son toreo de référence et l’admiration qu’il portait à Santiago Martin « El Viti » s’était transformée en une solide amitié.

Pour l’exemple qu’il constitue, pour l’action qu’il a conduite en faveur de la tauromachie et du patrimoine qu’elle représente, l’afición ressent à l’égard de ce maître discret et rigoureux un devoir de gratitude et de fidélité.

 

 

Jean-Luc Couturier, un éleveur torista

Publié par cathiectp le 23 novembre 2015
Publié dans: LES REUNIONS. 2 Commentaires

Son afición et son goût pour les taureaux sérieux et transmettant des émotions authentiques a conduit ce provençal, libéré de ses obligations professionnelles, à investir dans sa passion en rachetant des encastes historiques, progressivement laissés en jachère par leurs propriétaires espagnols. Son but : tenter de retrouver, dans l’univers monocolore du « mono encaste », la vitalité Tamaron-Corte des toros du Curé de Valverde ou encore la couleur des vasqueños de Concha y Sierra. Il mène cette difficile et ambitieuse alchimie dans son superbe domaine du pays d’Arles, situé entre Saint Martin de Crau et Maussane-les- Alpilles, que des membres du Club taurin de Paris ont eu l’occasion de visiter il y a deux ans.

Le club recevra Jean-Luc COUTURIER qui viendra nous conter aventures, passions et défis d’un provençal « torista »

 

le mercredi 2 décembre 2015

à partir de 20h.

au sol-sol du Restaurant Loubnane

29 rue Galande, Paris 5ème (M° Saint-Michel)

 

Participation aux frais, comprenant la soirée, précédée d’un apéritif et suivie du dîner : membres du Club : 28€, jeunes jusqu’à 25 ans (à jour): 15€, hôtes de passage : 40€. Vous pourrez, à cette occasion, vous mettre à jour de votre cotisation annuelle ou adhérer au Club. Montant des cotisations : individuels : 60€, couples : 100€, jeunes : 20€.

Afin de faciliter l’accueil, il est impératif de s’inscrire par mail en répondant à ce courriel ou à l’adresse clubtaurindeparis@gmail.com

 

 

Le Bureau

Final de temporada

Publié par cathiectp le 9 juillet 2015
Publié dans: LES REUNIONS. Poster un commentaire

C’est sous le soleil que, vers la cinco de la tarde, les membres du Club Taurin de Paris se sont retrouvés le 14 juin pour la traditionnelle fête de clôture de la saison 2014-2015.

 

Julien Lescarret

Le maestro Julien Lescarret © Marie-Luce Baccellieri

 

Sous la houlette du maestro retirado Julien Lescarret, petits et grands se sont essayés au toreo, devant des bêtes plutôt coopératives.

 

Louka

Louka, un novillero prometteur © Marie-Luce Baccellieri

 

El de la Flauta

El de la Flauta confronté à un taurillon très encasté © Marie-Luce Baccellieri

Le quizz, mené par 2 maestros locaux sous le regard bienveillant du maestro de verdad Lescarret, a vu s’affronter 5 équipes. L’équipe « Nicolas » a coiffé sur le poteau l’équipe « Francis » et l’équipe « Chantal ». Les 2 dernières équipes sont autorisées à redoubler…

 

Jean-Pierre et Thierry

Thierry Vignal et Jean-Pierre Hédouin, les Maîtres Capello du Club taurin © Marie-Luce Baccellieri

L'équipe de Chantal

L’équipe de Chantal © Marie-Luce Baccellieri

L'équipe de Francis

L’équipe de Francis © Marie-Luce Baccellieri

Après la tombola qui a permis aux plus chanceux de repartir avec, entre autres, un certain nombre de revues et d’ouvrages qui, sans aucun doute, complèteront leur culture taurine, il était temps de se retrouver autour d’un buffet aux accents espagnols.

Tinto de verano et salmorejo ont ouvert l’appétit des convives qui ont ensuite pu déguster l’excellente charcuterie ibérique fournie par Julien Lescarret, dans son rôle d’importateur-distributeur des Viandas de Salamanca, accompagnée de salades andalouses et arrosée, avec modération, de vin espagnol.

Cette superbe tarde s’est terminée alors que la nuit était tombée depuis longtemps. Chacun est reparti en rêvant à la fiesta et aux toros de l’été qui approche…

Un immense merci à notre président d’honneur et à son épouse qui, une fois encore, ont accepté de nous accueillir et de transformer leur havre de paix en ruedo puis en bodega.

Nous nous retrouverons au tout début de l’automne pour le bilan taurin de l’été et l’ouverture de la nouvelle temporada parisina.

Fête du club animée par le matador Julien Lescarret

Publié par cathiectp le 31 Mai 2015
Publié dans: LES REUNIONS. Poster un commentaire

Nous vous convions à notre traditionnelle « fête du CTP » qui aura cette année un cachet tout particulier puisqu’elle aura pour invité d’honneur le

matador de toros Julien Lescarret

au double titre de

– torero-professeur-coach de toreo de salón pour les maladroits prácticos que nous sommes

– et importateur-distributeur de charcuterie de luxe de Salamanque pour les gourmets raffinés que nous sommes aussi.

Mais cette fête aura d’autres aspects grandioses. Après les cours et démonstrations de Julien et avant le pique-nique autour de cochonnailles somptueuses, on y jouera à son célèbre quiz doté de récompenses parfaitement honorifiques et à sa non moins traditionnelle tombola dotée de nombreux prix pour collectionneurs en tout genre. Mais surtout, nous inaugurerons cette année une nouvelle activité magnifique: les ventes aux enchères (montantes ou descendantes, selon les cas) d’objets de très haute valeur taurine  dont nous vous réservons la surprise. Apportez donc votre bonne humeur et votre aficion  sans oublier, car cela vaudra la peine !, votre tire-lire (nous nous adressons aussi aux enfants, puisque ce sera le jour de la fête des pères).

Cette journée festive aura lieu le

dimanche 14 juin à partir de 16h.

et se tiendra, comme jadis et naguère, chez notre président d’honneur,

André Berthon, 11 rue Bertron, à Sceaux

Participation aux frais comprenant apéritif, buffet et boissons : Membres du club:   25 €;  membres de 15 à 25 ans:    10 €. Invités de passage: 35 €. Moins de 25 ans : 20€. Enfants de moins de 10 ans : gratuit. Inscription impérative avant le 10 juin par courriel en indiquant le nombre de  personnes, adultes et enfants : clubtaurindeparis@gmail.com

Réunion du club le 13 janvier 2015

Publié par cathiectp le 21 décembre 2014
Publié dans: LES REUNIONS. Poster un commentaire

En l’absence d’Antonio Ferrera, que le club avait invité et qui était souffrant, la soirée a été consacrée à des échanges entre les membres, quelques uns d’entre nous acceptant d’évoquer des questions qui nous intéressent tous.

Le premier intervenant, Francis Wolff, a parlé de l’état de la fiesta aujourd’hui. Celle-ci se porte mieux, a-t-il dit, en France qu’en Espagne. Il a notamment évoqué Mont de Marsan et Dax, dont les férias font le plein, mais aussi des arènes du Sud-Est, comme Nîmes et Arles. La qualité était aussi au rendez-vous, avec des férias équilibrées tant du point de vue des taureaux, souvent impressionnants, que des toreros. Côté espagnol le bilan est en demi-teinte avec une féria de Séville très décevante en l’absence des « figuras », la baisse des entrées à Bilbao, une féria de Madrid plus satisfaisante, et la résurrection des arènes de Saragosse. Il y a en Espagne un vrai problème qui est d’abord économique. Le nombre des abonnements diminue, et les spectateurs choisissent plutôt des corridas avec vedettes, ce qui rend plus difficile la carrière des toreros plus jeunes qui pourraient réveiller l’intérêt du public.

On ne peut d’ailleurs, pour l’Espagne, se borner à des explications économiques. Le fait est que les jeunes, et surtout les étudiants s’intéressent de moins en moins à la corrida, y étant même éventuellement hostiles. Et le parti qui a récemment progressé dans les sondages, Podemos, a inscrit dans les premiers articles de son programme politique l’interdiction de la Corrida. Dans le Sud-Est ou le Sud-Ouest français on n’imaginerait pas un parti qui pourrait afficher cette position.

Après avoir évoqué les succès de Bautista à Arles F. Wolff indique qu’on peut prévoir qu’à travers Marie Sara Arles passera à son tour sous contrôle Casas, ce qui devrait permettre d’enterrer la hache de guerre dans le Sud-Est. En revanche, et comme le souligne également Araceli Guillaume, Casas n’a jamais pu réellement s’installer à Madrid.

 

Araceli Guillaume enchaîne sur le Congrès récent de Séville, auquel elle a assisté d’un bout à l’autre, et qu’elle a trouvé d’un excellent niveau. Elle revient sur la comparaison entre la France et l’Espagne, du point de vue de l’historienne qu’elle est. La crise espagnole n’est pas seulement économique. Elle est sociale (les étudiants ne trouvant pas de travail) et culturelle. C’est une crise des valeurs. Dans cette situation nouvelle la tauromachie n’est pas « à la mode ». La bourgeoisie barcelonaise a déserté les arènes, et les grandes entreprises de Bilbao n’offrent plus des places aux personnes avec lesquelles elles travaillent. Cependant A. Guillaume rappelle que depuis plusieurs siècles lorsqu’il y a eu des bouleversements sociaux importants la tauromachie a vécu des moments très difficiles, mais elle a toujours survécu, même si à Madrid elle a été interdite pendant 60 ans. Où pourrons nous trouver aujourd’hui le sursaut nécessaire ? Le problème n’est pas tant celui des anti-taurins, mais des indifférents. Tout cela nous oblige à sortir le meilleur de nous mêmes.

Il existe en somme des différences fondamentales entre la France et l’Espagne… L‘aspect « people » de l ‘aficion d‘antan qui a disparu aujourd’hui, les racines urbaines  en France et rurales en Espagne. L’ aficion française a une approche plus rationnelle de la corrida. Espartaco avait dit « quand les français vont aux arènes, on a l ‘impression qu’ ils ont un livre en poche » .

 

André Berthon présente ensuite le prix Claude Popelin . Créé en 1982 par la veuve de Claude Popelin, Montserrat Romana, dite Sat, et alloué au meilleur «  lidiador  » de la saison en France. Qu’est un bon torero si ce n‘est celui qui comprend le taureau et qui le torée bien. La lidia est donc l’affaire de tous  aussi bien du matador que du subalterne. Le prix est décerné par l ‘ensemble de l’aficion française et s’est voulu dès la départ une émanation de « la volonté populaire ». Les représentants des journaux taurins, les deux Fédérations regroupant les clubs taurins (la Fédération des Sociétés Taurines de France – FSTF -,  l’Union des Clubs taurins Paul Ricard), l’Union des Villes Taurines Françaises – UVTF -, l’Union des critiques taurins du Sud-est et du sud-ouest et le bureau de l ‘Association Claude Popelin. Les voix vont par deux ou quatre avec vote prépondérant aux présidents. Le prix a 32 ans et a été décerné pour la première fois à Paco Ojeda en 1982 puis en 1983 à L.F. Espla. « El Fundi » est celui qui a été plus souvent primé (1990, 2003, 2004, 2008), César Rincon trois fois (1991, 92, 93) , « El Juli » également trois fois, Nimeño deux, L.F. Espla une deuxième fois, S. Castella (2). Cinq prix ont été remis à Paris dont celui de Paquirri à titre posthume. Ruiz Miguel, Manzanares et Curro Romero n’ont pas reçu leur prix. Trois prix ont honoré des subalternes dont un en 1988, en 1997 à Jean-Marie Bourret  et le troisième à « El Chano » dont on connaît le destin accidenté. Traditionnellement, le prix était remis à Bayonne sous forme d’une sculpture du grand sculpteur Venancio Blanco, dont tout afaicionado connaît la statue de Belmonte sur la plaza del Altozano à Séville. La ville de Bayonne ne souhaitant plus continuer à financer la reproduction de la statue, l’Association a recherché des fonds pour reproduire la statue. Le prochain prix sera remis à Ivan Fandino à Paris et désormais cette remise sera effectuée dans différentes villes taurines..

 

Afin que le Club rende un hommage à José Maria Manzanares, récemment décédé, Jean-Pierre Hédoin propose d’évoquer les grandes étapes de sa carrière et de situer sa place et son apport dans l’histoire de la tauromachie. Si Manzanares n’a jamais été considéré comme un « torero d’époque », s’il n’a pas été un torero déclenchant de fortes émotions liées au danger du combat, ayant été rarement blessé, il est un jalon majeur entre les toreros « classiques » des années 50 60 (il a reçu l’alternative en 1971 des mains de Luis Miguel Dominguin) et les toreros des années 90 – 2000 (dont Enrique Ponce, qui est un de ceux qui a le plus retenu de son style, – alors que  José Tomas ne me semble pas de cette lignée… ). Dans cette longue carrière de plus de trois décennies les périodes fastes ont alterné avec des périodes plus difficiles mais sa grande technique et sa volonté lui ont permis de surmonter tous les obstacles, que ceux-ci soient techniques, comme l’arrivée du taureau « marqué » (c’est à dire qui avait nécessairement 4 ans), en 1973, ou  « moraux », comme la mort de son banderillero Manolo Montoliu, le 1er Mai 1992 à Séville.

Pour parler de Manzanares, qui a été un invité du Club en 1996, J-P Hédoin fait état du fait que ce torero l’a « marqué ». A ses yeux, Manzanares  est ce ces rares toreros qui sont des grands dominateurs et créent de la beauté sans qu’on puisse les dire « techniciens » ou « artistes » ; le courage est présent sans ostentation d’exposition, les solutions aux difficultés posées par chaque toro semblent couler de source et la gestuelle est harmonieuse sans apprêt, ni affirmation de « vouloir faire l’artiste », c’est la, si difficile, simplicité du naturel, le toreo qui semble se faire tout seul sans effort.

On ne reprendra pas ici l’ensemble de ce qui a été dit sur la carrière de Manzanares, qui compte par exemple, dès les années 70 de grandes faenas, à Pampelune (où il coupe 4 oreilles) et Bilbao en 1976 ou encore des sorties par la grande porte à Madrid en 1977 (où plusieurs membres du Club étaient présents) et 1978. Ensuite, si la fin des années 70 et le début des années 80 sont plus difficiles, avec le retour des « artistes vétérans » (Manolo Vasquez, Antoñete) et l’arrivée d’une nouvelle génération ( Emilio Muñoz, Paco Ojeda, Espartaco…), Manzanares réagit et en 1983 demande à affronter des Miura à Valencia. Dans les années suivantes, à partir de 1985  il « entre » à Séville ainsi qu’à Ronda (goyesca et corridas concours), n’hésitant pas à toréer tous types de taureaux, et obtient en 1989 un triomphe à Dax avec le taureau « Bigotudo » de Maria Luisa Dominguez Perez de Vargas. Puis, il connaît encore une période d’éclipse au début des années 90 et un nouveau rebond à partir de 1993 (sortant par la grande porte à Madrid et Bilbao, faisant une faena exceptionnelle à un taureau de Gabriel Rojas à Malaga). Il fait ses adieux en 96, mais revient. Il torée alors surtout des récitals, devenant le « torero des toreros ». C’est la période des « faenas secrètes », dans de arènes plus modestes comme celles d’Antequera, Almagro, Algeciras, ou Tudela.

Une carrière longue et importante donc qui explique que Manzanares ait influencé de nombreux toreros qui ont exprime leur sincère et profonde admiration à l’occasion du décès du maestro.

Ajoutons encore quelques anecdotes sur Manzanares qui ont été rapportées durant la discussion : reçu au Club il avait été sensible aux évocations de certaines de ses faenas faites par des membres du Club. Manzanares était un enthousiaste. Accompagné d‘Araceli Guillaume dans ses périples parisiens, il lui a dit qu’il voulait sortir par la Porte du Prince de Séville. Araceli lui a répondu que cela ne serait pas car il était rarissime voire impossible qu’un torero de son âge tue bien deux fois de suite. Après un silence de réflexion, Manzanarés a reconnu que cela était vrai, et cela fut !

L’important chez un torero est l’expression corporelle, la gestuelle qui chez certains s’impose et chez d‘autres ne va pas jusqu’au public. Manzanares n’avait pas de posture, il était toujours naturel quelque soit le taureau: cela s ‘appelle « duende » (la notion fut cependant discutée…)

 

Quelques questions finales :

Sur la question de savoir comment les jeunes pensent la tauromachie en Espagne, Pablo Martinez, fils du torero Pepe Martinez « Limeño » (qui triompha plusieurs fois à Séville à la fin des années 60 grâce à son toreo vrai, pur et juste), aujourd’hui veedor de Simon Casas et un des professionnels qui connaît le mieux tous les élevages, dit que la situation est très partagée ; ainsi, son frère est très aficionado alors que lui ne l’est que modérément.

Par ailleurs comment concilier cette désaffection des jeunes générations espagnoles avec le nombre relativement importants de jeunes qui fréquentent les écoles taurines ? De fait comme le souligne Araceli Guillaume les écoles taurines donnent le goût du toreo, sans que cela débouche nécessairement sur une carrière de torero. Et Francis Wolff précise que le phénomène des écoles taurines touche des adolescents assez jeunes, à distinguer des étudiants qui aujourd’hui se détournent de la tauromachie.

Patrick Guillaume fait remarquer que les villes qui ont choisi un système de « temporada » et pas de « féria » ont actuellement plus de difficultés. On peut sur ce point penser à Barcelone.

Francis Wolff revient sur le mouvement « Podemos », qui concentre deux aspects anti-taurins : l’aspect anti-centraliste et le phénomène écologiste nord européen, mais aussi sur la différence entre les mouvements anti-taurins en France et en Espagne.

Araceli Guillaume aborde la question de la transmission, qui n’a sans doute pas été bien faite en Espagne. Cependant le succès des novilladas sans picadors où peuvent venir les familles et les jeunes compte tenu du prix modeste des entrées et de l’esprit festif qui y règne dessine des pistes pour renouveler l’intérêt d’un plus large public.

Juan Carlos Carreño le lundi 8 décembre 2014

Publié par cathiectp le 19 décembre 2014
Publié dans: LES REUNIONS. Poster un commentaire
carreño portrait

Juan-Carlos Careño @ Marie-Luce Baccelieri

Le toro est l’acteur central de la Fiesta et pour tout aficionado mieux connaître et mieux comprendre le mystère du toro constitue de façon constante un enjeu majeur, c’est pourquoi le Club Taurin de Paris était particulièrement heureux d’accueillir Juan Carlos Carreño, un des plus connus et respectés de ces professionnels qui parcourent les élevages pour y rechercher les « meilleurs toros », soit pour des responsables d’arènes soit pour des toreros vedettes, et qu’on appelle veedor. Natif du campo charro, fils de Simon Carreño qui, après avoir toréé, s’est investi dans le choix et l’achat du bétail pour les arènes gérées par Pablo Martinez (le fondateur de la dynastie Chopera), consacrant dans sa jeunesse toutes ses vacances à suivre les cuadrillas sur les routes du monde des toros, Juan Carlos préfère au nom de « veedor » celui d’observateur de toros au campo. Pour lui, qu’il s’agisse d’identifier les animaux qui semblent susceptibles de permettre une brillante prestation à « son matador » ou de garantir une corrida qui réponde aux aspirations du public de telle ou telle arène, c’est par l’observation passionnée, experte et toujours renouvelée des toros au campo qu’on sert le mieux ses commanditaires. Cet art de scruter les toros, Juan Carlos l’a forgé progressivement sur le terrain en bénéficiant des leçons des quelques grands initiateurs, son père Simon tout d’abord mais aussi Teodoro « Matilla », José Luis Lozano ou Miguel « El Potra »… reconnus par tous pour leur talent à mobiliser mémoire, intuition et perspicacité dans cette opération complexe que constitue le repérage d’exemplaires prometteurs. Alors, au campo, quels aspects observer en priorité ? Quelles informations rechercher ? En réponse à ces questions la démarche décrite par Juan Carlos est à la fois globale et analytique. Il y d’abord ce que le toro « dit » immédiatement aussi bien dans son physique que dans son comportement, « ce qu’il ne dit pas dans la 1ère minute, je ne le vois pas », «  je ne cherche pas de défauts ; si je n’en voit aucun, c’est que le toro n’en a pas », mais s’il y a un défaut, qu’il concerne sa vue, trahi par sa façon de regarder, ou sa motricité  révélée par ses appuis, même à l’arrêt, cela est immédiatement enregistré. En même temps, l’observation porte sur plusieurs aspects morphologiques et sur ce qu’expriment les yeux de l’animal : le poitrail, le train arrière, le dessin de l’échine… en sachant que la morphologie a un impact sur le potentiel de charge, ce qui conduit à privilégier les exemplaires pas trop hauts de garrot, aux pattes avant assez courtes, au cou assez long pour permettre de bien baisser la tête dans l’effort de saisie les leurres. Quant à la configuration des cornes, elle n’a pas toujours l’importance qu’on lui accorde parfois avec toutefois des défauts à prendre en compte, celui des cornes trop orientées vers l’avant («il n’est pas bon que le toro puisse voir la pointe de ses cornes ») et celui des berceaux trop largement ouverts et dont la largeur ne parvient pas à tenir dans la muleta. L’expression du toro, la façon dont il fixe son attention, son regard sont aussi des éléments très importants à prendre en compte. Au delà de l’observation directe des animaux, des informations complémentaires doivent être recherchées auprès de l’éleveur avec lequel il est très important d’entretenir des relations de confiance et de respect, et surtout avec le chef de bouviers (mayoral) qui est souvent , comme c’est le cas pour Manolo chez Fernando Domecq ou Emilio chez Juan Pedro, celui qui connaît le plus à fond les toros et l’ensemble du cheptel de l’élevage. Le mayoral peut parler du comportement en tienta d’un produit de tel étalon et de telle vache et, le plus souvent, quand il dit que le n° 12 boite ou que le n°55 doit convenir à tel ou tel torero il faut le prendre en compte. En revanche se plonger dans les livres des éleveurs pour tenter de suivre les lignées (reatas) ne sert pas réellement tant chaque éleveur possède des critères et surtout des modes de cotations qui lui sont propres. En revanche, dans certains élevages, comme ceux de la famille Fraile dans la région de Salamanque, il convient d’apporter une attention aux noms des toros, qui, organisés par familles, apportent des indications précieuses sur le sang des toros, alors que dans d’autres élevages des croisements plus ouverts voire des échanges d’étalons ou de semences entre élevages rendent sensiblement plus difficile le suivi des lignées. Cette pratique d’observation et de jugement des animaux est toujours finalisée par les préférences du commanditaire, soit le style de charge qui convient au matador, soit le type de toros qui correspond aux goûts d’une arène ; travaillant d’une part pour Morante de la Puebla et d’autre part, entre autres empresas, pour l’ADAC qui organise la féria de Céret, Juan Carlos Carreño déploie son expérience sur une palette très large. Actuellement il n’y a que très peu de matadors de premier plan qui disposent d’un veedor  particulier, c’est le cas par exemple de Morante et de El Juli. Il s’agit alors de trouver au sein des élevages des lots composés d’exemplaires qui semblent correspondre le mieux au type de toreo du « patron » et celui qui s’accordera le mieux au toreo de Juli n’est pas forcement celui qui conviendra au toreo de Morante ou à celui de Manzanares. Il faut chercher des qualités  et des propriétés de charges différentes en fonction des toreros. Il y a des qualités qui conviennent au toreo puissant et dynamique de El Juli, d’autres au toreo stylé et en ligne droite de Manzanares et d’autres encore au toreo en cercle de Morante qui conduit la charge jusque derrière son corps  ; ces tauromachies ne requièrent pas des toros le même équilibre entre bravoure, résistance, longueur de charge, port de tête. Dans le cas de Morante dont le toreo demande beaucoup aux toros, au point parfois d’en épuiser certains par son seul toreo de cape, il convient de rechercher des animaux ayant suffisamment de combativité et de potentiel de charge pour qu’ils ne s’arrêtent pas trop tôt. Dans le cas où l’observateur sélectionneur agit au service d’un organisateur de corrida (Séville, Madrid, Pamplona… ou Céret), il s’attache à répondre aux attentes de cette empresa en tant que « apoderado du public ». Ainsi, à Céret, les membres de l’ADAC commencent dès septembre à formuler des vœux en termes de races (encastes) pour le mois de juillet suivant (Saltillo, Santa-Coloma, Parladé…). A partir de ces premiers vœux, Juan Carlos dresse une liste d’élevages dans lesquels les organisateurs vont venir pour observer les toros et, après ces visites, ainsi qu’en fonction des disponibilités conjoncturelles et des coûts, les organisateurs délibèrent et arrêtent une commande précise. Ainsi pour juillet 2015, les choix s’orientent vers un lot de toros de Dolores Aguirre, superbe et disponible grâce à la défection de Pamplona, absente de Céret depuis de nombreuses années, vers un nouveau lot d’Adolfo Martin, élevage historiquement lié au arènes de Céret, qui y a donné un lot intéressant en 2014, et enfin vers un lot de Juan Luis Fraile, ces Gracilianos qui, pour des raisons sanitaires, ne sont pas venus en France depuis des années mais qui désormais disposent, avec la carte verte, du droit de revenir. A la question de savoir quelles hiérarchies s’établissent entre les options des empresas et celles des matadors dans le choix des animaux, aucune réponse unique ne peut être apportée. A part quelques grandes arènes comme Madrid, Pampelune… ou d’autres, comme Céret, ayant une longue tradition de priorité donnée au choix de l’élevage, comme, actuellement, les organisateurs veulent pouvoir afficher les vedettes pour remplir leurs arènes c’est souvent le choix des figuras qui est déterminant. Il appartient alors au veedor du matador de choisir des lots dignes de l’attente de telle ou telle arène. Le prix des toros est extrêmement variable selon la réputation de l’élevage et selon l’importance et la catégorie des arènes. C’est à Madrid et à Pampelune que les montants sont les plus élevés. Dans d’autres arènes de première catégorie, le coût moyen d’un lot est environ de 60 000€, soit 10 000€ par toro. Dans des arènes de seconde catégorie les prix d’un lot sont le plus souvent compris entre 36 000€ et 40 000€ mais ils peuvent se situer autour de 15 ou 16 000€ dans des arènes plus petites, sans parler de cas extrêmes où des bêtes peuvent être bradées autour de 10 000€ dans certaines petites arènes de troisième catégorie. Ce sont les élevages qui, sur leur seul nom, sont capables de remplir les arènes alors que l’affiche des matadors demeure modeste, qui peuvent demander les prix les plus élevés, mais les prix varient aussi en fonction des équilibres qui, chaque année, s’établissent entre la demande et le nombre de toros de quatre ou cinq ans disponibles. Un des effets de la crise et de la diminution du nombre de corridas a été de susciter dans toutes les ganaderias une sélection plus poussée et exigeante. Certains élevages prestigieux, qui, jusqu’alors ne le faisaient jamais, ont vendu plusieurs dizaines de bêtes de deux ans pour des novilladas sans picadors. Cette sélection accrue tend à augmenter dans tous les élevages la proportion de animaux « bien faits » et dont la morphologie apparaît propice à donner du jeu. A cet égard, le panorama de la cabaña brava actuelle est jugée par Juan Carlos comme plutôt favorable. Par ailleurs, les annonces relatives à la langue bleue n’ont pas de quoi inquiéter dans la mesure où les mesures préventives de vaccination ont été mises en place. Le calendrier de travail du veedor est particulièrement chargé ; dès la fin de la saison, en octobre, il doit entamer un long voyage sur la route du toro qui, pour notre invité, partant de la région de Salamanque, va le conduire successivement en Extremadura, près de la Sierra de Aracena, dans la province de Jerez puis, via Albacete, vers Madrid avant de revenir dans le Campo Charro. Dans chacun des principaux élevages, les toros prévus pour la saison suivante sont observés, examinés, jaugés et annotés un par un. C’est là une première étape car, entre octobre et le moment où ils sortiront en piste au printemps ou à l’été suivant, les toros changent beaucoup. Il conviendra donc de revenir en janvier ou février dans les élevages qui sont retenus afin de déterminer de façon plus précise les lots ainsi que les éventuels sobreros. Lors des ces choix définitifs, l’allure générale de l’animal, ce qu’il transmet par sa façon de se comporter, de réagir et de bouger, ce qui arrête l’attention sur son harmonie prometteuse, bref son trapío compte beaucoup plus que le poids. La bascule, promue il y a quelques dizaines d’années comme pierre de touche par certains éleveurs (en compétition avec des voisins disposant de races de moindre poids), est une mauvaise chose ; il est bien préférable de voir un toro de 480 kg ayant du trapío qu’un animal de 550 kg ou plus mais sans allure et souvent de peu de race. Ce qu’il faut garantir, c’est qu’on ne fera pas sortir du toril un animal « mal fait » et qui ne présente pas les meilleures garanties de jeu potentiel, après… on ne sait pas ! Parmi les nombreux facteurs qui peuvent avoir des effets sur le comportement des toros, ceux des conditions de transport ne sont pas à négliger. Même si désormais les camions sont bien équipés et si les routes sont bonnes, les toros demeurent ballotés dans des caissons étroits pendant de longues heures ; à leur arrivée dans les cours attenantes aux arènes, ce dont ils ont besoin c’est de boire, de manger et de se reposer. Quant au fait de savoir quels sont les effets de l’encierro sur le comportement des toros combattus à Pampelune, s’il est probable que la course matinale contribue à diminuer le stress, on peut aussi remarquer que rares sont les toros qui, l’après-midi, chargent avec style. En matière de toros, personne ne sait jamais rien, ni le plus expérimenté des mayorales ou le plus expert des veedores, ni même les vaches, dit le dicton, mais tous les participants à la soirée ont pris plaisir et un intérêt certain à en apprendre un peu plus sur les toros grâce à la remarquable expérience de Juan Carlos Carreño.

le 8 décembre

De gauche à droite, Francis Wolff, l’épouse de notre invité, Juan Carlos Carreño, Jean-Pierre Hédouin et Thierry Vignal © Marie-Luce Baccelieri

Soirée José Cutiño, le jeudi 27 novembre 2014

Publié par cathiectp le 8 décembre 2014
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Cutiño

José-Luis Cutiño © Marie-Luce Baccelieri

Le Club Taurin de Paris est heureux de recevoir José Cutiño, aficionado et gestionnaire de plusieurs arènes dont Olivenza, Badajoz, Malaga depuis 2013, et depuis cette année, de celles de Zaragoza. Pour beaucoup d’entre nous José Cutiño est un exemple de ce que peut construire un organisateur de spectacles qui agit d’abord en tant qu’aficionado ; il a transformé Olivenza en féria de référence du début de saison, il a donné un nouveau souffle aux arènes de Malaga en adaptant l’offre à l’esprit et l’histoire de la ville comme dans la corrida dite « picasiana » avec les décorations du peintre Loren, ami de toujours du Club Taurin de Paris et, tout récemment, il a relancé Zaragoza qui allait bien mal avant qu’il ne la prenne en main en association avec Simon Casas.

Cutiño et P. Guillaume

José-Luis Cutiño et Patrick Guillaume © Marie-Luce Baccelieri

Evoquant la dernière déclaration très pessimiste de l’ANOET, José Cutiño avance une approche fondamentalement différente. Tout comme le matador Perera qui a dit que ceux qui ne voulaient pas prendre le train n’avait qu’à rester sur le quai, lui et son équipe veulent donner une approche dynamique, ouverte sur le futur avec des perspectives donnant à la Fiesta un visage optimiste, au service de ce spectacle unique qu’est la corrida.

José Cutiño s’efforce de travailler dans l’optique de transmettre la passion pour la Fiesta aux générations futures. Il raconte comment il est « entré en tauromachie ». De la même région qu’Espartaco, il a partagé avec lui la passion pour les taureaux. Puis, alors qu’il s’engageait dans la carrière d’instituteur, il a tout abandonné pour accompagner le matador en tant qu’aide valet d’épée et vivre au quotidien les taureaux. Il a alors vécu de l’intérieur le monde de toreros, il a partagé leur vie et connu leurs émotions, leurs peurs, leurs joies et leurs peines; Il a vu à quel point, il était difficile d’être torero et compris pourquoi c’est le personnage du torero qui amène le public aux arènes.

En tant qu’empresa, José Cutiño gère Olivenza depuis 25 ans, et d’autres arènes de la région d’Extremadura. Depuis deux ans avec S. Casas, il s’occupe de Malaga et Zaragoza : leur association est avant tout fondée sur une relation d’estime réciproque et de partage des mêmes valeurs : la même manière de sentir et de comprendre la tauromachie, d’écouter et de connaître le goût de l’afición, ce qui leur permet de répondre aux attentes du public et de remplir les arènes. Ils travaillent ensemble pour le montage des cartels. Le gestionnaire doit être un aficionado à l’écoute des aficionados : ce n’est pas la même chose de monter une Féria à Olivenza qu’à Zaragoza.

En Extremadura, l’appui apporté par les pouvoirs et institutions publiques à la tauromachie doit, selon lui, être souligné ; s’y sont révélés de grands toreros qui sont le fruit de la collaboration entre les Institutions et les professionnels. L’école taurine de Badajoz a produit Perera, Talavante et Garrido, c’est une chance énorme pour l‘Extremadura que d’avoir dans la même région plusieurs grands toreros, Perera et Talavante, sans oublier Ferrera et de nombreux novilleros prometteurs ; toutes les régions d’Espagne ne peuvent en dire autant. La chance de l’Extremadura tient à divers facteurs ; les élevages qui s’y sont implantés et développés, les cahiers des charges plus raisonnables tant en nombre de spectacles obligatoires qu’en montant des loyers (de 14 à 8 et des loyers passant de 300.000€ à 50 000€). Ces conditions permettent de monter des affiches avec les plus grands matadors ce qui ne serait pas envisageable dans d’autres conditions. Ce n’est pas la quantité de spectacles qui fait la qualité d’une feria, elle n’est pas meilleure parce qu’elle a plus de corridas, c’est l’argument artistique qui fait venir le public.

 José Cutiño insiste d’ailleurs sur l’attention que les responsables doivent porter aux répercussions économiques des férias. Celles-ci peuvent être très importantes lorsque torée par exemple José Tomas, mais, dans tous les cas, elles ne sont jamais négligeables. Dans le cas de José Tomas, une municipalité ou une région peuvent par exemple « investir » 90 000 euros et entraîner des apports financiers pour la région qui vont jusqu’à 3 000 000 d’euros.

A propos de la répartition des coûts d’une affiche entre toreros et bétail, José Cutiño avance que le plus souvent et de façon globale un tiers du total des coûts va à l’élevage et les deux tiers aux toreros. Mais les situations sont diverses : pour les toros de certains élevages de prestige, souvent toréés par les matadors modestes, le lot de toros peut représenter 120% des honoraires des toreros.

Le fait d’avoir beaucoup d’arènes n’est pas un avantage en soi, si ce n’est celui d’offrir plus de possibilités de contrats au même torero. Le fait d’avoir des arènes de première catégorie est plus une affaire de prestige qu’un avantage pour engager des toreros.

recuerdo de Paris

Jean-Pierre Hédouin remet un souvenir de Paris à José-Luis Cutiño. Au premier plan, Patrick Guillaume © Marie-Luce Baccelieri

Les relations avec la presse ont beaucoup changé. Dans le temps, les journalistes devaient acheter aux journaux l’espace de leurs papiers, ce pourquoi ils recevaient une enveloppe de l’apoderado. Aujourd’hui la presse taurine est indépendante et les journalistes ne reçoivent plus rien du torero ou de son apoderado.Quant à l’apoderado, il est rémunéré par le torero sur la base d’un pourcentage de ses honoraires (15 à 20%). Quant à l’imagerie relative aux contrats qui seraient passés de façon informelle en reposant sur l’engagement oral, si le rôle de la parole demeure important dans les pratiques du mundillo, il diminue de plus en plus au profit de contrats en bonne et due forme. Cette modernisation des pratiques concerne également le mode de règlement des matadors qui se fait de façon plus régulière sans attendre la fin de la saison.

D’autres thèmes sont abordés comme le rôle de veedor (de torero ou d’empresa) qui est important au cours de l’hiver et dont l’action permet une amélioration régulière de la présentation des toros.

Pour répondre aux nombreuses questions portant sur les pratiques d’élaboration des affiches d’une corrida ou d’une feria, José Cutiño a insisté sur les quatre points clefs essentiels pour tout matador qui tournent autour des questions suivantes : à quelle date ? Avec quels autres toreros ? Avec des toros de quel élevage ? Avec quel cachet ? Depuis des années, c’est toujours autour de ces quatre points essentiels qu’il faut se mettre d’accord.

public

Le public enthousiaste à la fin de la conférence © Marie-Luce Baccelieri

A la question des problèmes particuliers qui se présenteraient pour engager José Tomas, José Cutiño a souhaité préciser que les choses se sont toujours passées simplement : en 2012, alors que Juli avait été écarté des grandes ferias du début de saison, il s’est rapproché de Salvador Boix pour lui proposer un mano a mano entre José Tomas et El Juli lors de la feria de Badajoz. La réponse fût positive de la part de José Tomas. En bref, il n’est pas plus difficile d’engager José Tomas qu’un autre torero, il choisit et décide en fonction des propositions. On a prétendu que c’était en fonction de son pouvoir d’engager Tomas qu’il avait obtenu la gestion de Malaga, c’est faux, on attendait José Tomas deux fois à Malaga ; Il n‘est venu qu’une fois. José Tomas est l’unique torero à ne rentrer dans aucune classification. José Cutiño n’est pas un ami de José Tomas, mais il partage avec lui la même façon de concevoir le toreo et la dimension d’événement que doit avoir et conserver une corrida de toros.

On en vient à des questions concernant la philosophie générale de la corrida qui peut être celle de José Cutiño. Celui-ci, qui se dit avant tout aficionado, est plutôt optimiste. Si on respecte le taureau et le torero, si on soigne tous les détails, après la nécessaire diminution du nombre de spectacles qui a suivi la phase d’inflation des années 90, il y aura une stabilisation du nombre des corridas.

José Cutiño évoque ensuite, à notre demande, ce qu’il prévoit pour Malaga où Morante est tenté de participer à la corrida « picassienne », mais aussi ce qui va se passer à Olivenza, entre le 6 et le 8 mars 2015, où par exemple José Garrido devrait prendre son alternative (il y aura deux novilladas et deux corridas).

En réponse à une sollicitation sur ses cartels de rêve, avec les toreros actuels, Il s’en tient à deux, Tomas, Morante et Juli d’un côté, Ferrera, Perera et Talavante de l’autre, avec des Garcigrande d’un côté, des Victoriano del Rio de l’autre. Mais pour des lots un peu différents, un peu plus « toristes », il cite par exemple Urdiales.

Que penser de la télévision ? La télévision fait un travail important mais à travers la télévision, le grandiose de la tauromachie se perd. Téléviser la totalité d’une féria, c’est trop; celle d’Olivenza ne l’est pas, seule la novillada l’est parce que cela met en valeur les jeunes toreros.

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