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Soirée du 3 novembre 2016 : Javier Jiménez et Jose Luis Peralta

Publié par cathiectp le 28 novembre 2016
Publié dans: LES REUNIONS. 1 commentaire

 

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Tour de piste de Javier Jimenez à Séville © MLBAC

Le club a le plaisir d’accueillir Javier Jiménez, accompagné de José Luis Peralta, (neveu de Angel et Rafael) son apoderado de proximité, lui aussi matador de toros. De par son engagement sans faille, son courage, sa lucidité et son art, Javier Jiménez a été l’un des six jeunes toreros qui ont marqué la saison, un parcours couronné par la grande Porte de Madrid.

Avec une grande lucidité et un sens remarquable de l’analyse de ses atouts et de ses lacunes, Javier va faire le récit de son parcours depuis son entrée à l’école taurine d’Espartinas. Pourquoi Javier a-t-il choisi de passer par l’École Taurine? À 12/13 ans, Javier avait une grande aficion. Comme il était plutôt gros, son père lui avait dit, « je vais te présenter au père d’Espartaco, il va te faire maigrir ». Javier partagea alors son temps entre l’école taurine d’Espartinas et l’apprentissage dans les tientas sous la tutelle et la poigne d’Espartaco père, ancien torero puissant aux grandes capacités techniques, qui lui a injecté le venin des taureaux. Il l’a surtout beaucoup aidé à affirmer son toreo et lui a également tout appris sur la vie et comment vouloir être le meilleur pour devenir un homme.

Après chaque novillada, il reprenait avec Javier les faenas et le conseillait très fermement pour qu’il s’améliore. Javier toréait avec Borja, son frère cadet, qu’il considère plus doué que lui pour le toreo… Javier a tué son premier novillo à 14 ans. Ce jour là, les deux frères étaient à l’affiche à Espartinas. Son frère coupa la queue de son premier novillo et Javier seulement une oreille. Cette concurrence entre les deux frères l’a beaucoup motivé. Par ailleurs, Canal Sur, avec son cycle de novilladas de promoción, lui a permis de se faire connaître. En deux ans, dans les années 2008-2009, Javier a toréé sans chevaux 70 novillos. Puis il a débuté avec chevaux au Mexique en 2010. Dans son parcours en piquée, il a vite été en tête de l’escalafón mais il n’était pas satisfait de son toreo dont il estimait qu’il manquait de sentiment et d’art. Il a changé d’apoderado en 2013 et cela fait donc trois ans qu’il travaille avec José Luis Peralta.

Avec José Luis, Javier a établi des relations personnelles qui lui permettent de mieux s’auto-analyser. Ils s’entraînent ensemble, et il se soumet à une préparation physique intense. Jose Luis lui apporte son expérience et lui enseigne le maniement de la muleta au cm près. L’impératif « siente lo ».

En quelques mois, Javier a évolué de manière significative, tant au plan technique qu’au plan personnel. Le toreo n’est pas une guerre mais une affaire de sentiment. Jose Luis a fait vivre chez Javier l’espoir, l’enthousiasme, la passion, en un mot « la ilusión ».

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Javier Jimenez entouré par Araceli Guillaume, Jose Luis Peralta et Jean-Pierre Hedouin © MLBAC

En 2013, au début de sa dernière saison de novillero, il coupe une oreille à Valence, à Séville et à Madrid. Du coup, il constate de la part des aficionados une attitude différente; Ils le considèrent désormais non plus comme un jeune torero technique, vaillant et « bagarreur » mais comme un jeune qui peut « dire le toreo ».

La question s‘est alors posée de l’opportunité de prendre l’alternative et où la prendre ? Il rêvait de la Maestranza mais les cartels étaient bouclés et il a fallu un mouvement social à Séville pour que cela puisse se faire. Il a donc pris l’alternative le 3 mai 2014 avec Ponce comme parrain et El Cid comme témoin ; Ce fut pour lui un jour très heureux qui reste gravé dans sa mémoire. Il se souvient que, pendant toute la « tarde » les deux maestros furent très attentifs, très présents pour le rassurer, l’encourager et faire en sorte que tout se passât bien. Javier s’est alors rendu compte de la chance qu’il avait de toréer avec des grands avec la volonté de toujours essayer de s’élever à leur hauteur. Il a aussi compris que ses muletazos étaient devenus très différents et le public lui-même en a été surpris.

Javier revient sur son plaisir de toréer en compagnie des figuras et évoque la saine rivalité de toréer avec son frère. Alors qu’en famille, il est très proche de lui, dans l’arène, c’est un vrai combat.

Il se rappelle aussi une faena à Séville, au printemps 2015, où il était très sûr de lui, très décontracté; Il pensait que ce serait le jour de sa vie. Ce fut exactement l’inverse: il a perdu la muleta plusieurs fois, a mal tué…. Comme quoi dans l’arène, il faut être sûr de soi mais pas trop… Cet échec lui a beaucoup apporté. Il a eu du mal à retrouver la ilusión, mais il a finalement réussi. Après sa bonne journée de Madrid lors de sa confirmation (15 aout 2015), il y eut d’autres bonnes sorties. Javier se rappelle que sur le chemin du retour, avec son père, il s’était interrogé sur les raisons qui le poussaient à être torero. En se posant la question, Javier a réalisé que c’était non seulement la plaisir du toreo qui l’attirait, plaisir qu’on peut aussi connaître en tienta, mais surtout celui de rendre les gens heureux. « J’aime toréer pour le public; Sa pression est difficile à vivre mais c’est le tandem toreo et public qui donne la plénitude au fait de toréer. »

Après la belle saison 2015, José Luis était un peu perplexe car il voyait que Javier n’arrivait pas à définir son toreo. Certes, Javier est très aidé par sa taille, sa ceinture, mais quelque chose n’allait pas. Ils ont travaillé intensément pour bien dégager sa personnalité et trouver un toreo qui lui corresponde vraiment. D’ailleurs le lendemain de Madrid, Espartaco père avait été très exigeant avec Javier pour corriger ce qui lui semblait être des défauts.

La corrida du 5 avril à Séville a été pour Javier un grand révélateur. Son premier taureau de Torrestrella était faible mais plein de qualités. Javier a tout de suite vu qu’il pourrait réaliser une grande faena, il a demandé à sa cuadrilla de le ménager et a pu lui donner des passes de haute qualité. C’est ce jour-là, qu’il a compris que José Luis lui donnait de très bons conseils.

José Luis estime que, tout en sachant toréer des taureaux monumentaux, Javier est devenu un torero de grande profondeur. De son point de vue, le plus important est de réaliser un toreo pur, profond, et d’être toujours exigeant avec soi-même. Il considère, par exemple, que le toreo à genoux est un toreo secondaire dont il ne faut pas abuser.

A Pampelune, cette année, Javier s’est fait très violemment bousculer par un toro de Cebada Gago ; il ne sentait plus ses jambes et avait perdu connaissance et mémoire. A l’infirmerie, contre l’avis des médecins, mais encouragé par son frère qui, au téléphone lui disait que, malgré la douleur, il devait retourner dans l’arène, il a voulu revenir toréer car, pour lui, il était hors de question de ne pas le faire. Il eut beaucoup de mal à tuer son premier taureau; À son deuxième taureau, il avait mal partout mais s’est subitement souvenu que, contrairement à son habitude, sa mère le regardait à la télévision et il lui a dédié son toro avec des paroles rassurantes. Ce fut une tarde héroïque où Javier, outre les qualités de son toreo, a montré, sa capacité à faire face et à surmonter les difficultés.

José Luis estime que Javier peut s’enorgueillir d’avoir su dominer nombre de difficultés et d’avoir fait évoluer son toreo; ce n’est pas seulement la ténacité qui l’a fait arriver là où il est. Javier abonde dans le même sens et apprécie en José Luis son aptitude à  « déceler les qualités que tu portes en toi et à t’aider à les exprimer. »

Après cet exposé, Javier s’est gentiment prêté au jeu des questions avec la salle.

A la question de savoir ce qui va changer avec l’intégration de Simon Casas dans l’équipe, il répond que l’organisation « Simon Casas production » va lui permettre d’entrer dans des des plazas où il n’avait pas accès et contribuer ainsi à son évolution artistique. Il ajoute que Simon.Casas n’est pas un homme d’affaires ordinaire et que, s’il n’est pas un faiseur de miracles, il va faire évoluer le monde taurin empresarial.

A la question de savoir quel serait pour lui le nombre idéal de corridas, il répond que l’objectif est d’être présent dans toutes les grandes ferias; Naguère, quand il y avait davantage de spectacles taurins, le nombre idéal aurait pu être de 70. Aujourd’hui, compte tenu de la réduction du nombre de courses, ce chiffre n’est pas réaliste. Le nombre idéal serait donc d’une quarantaine mais avec une participation à toutes les grandes ferias. Il est conscient du fait qu’il ne pourra pas monnayer à l’infini la grande porte d’août dernier à Madrid car, dans cette société de consommation, les succès sont vite consommés et oubliés d’autant plus que la concurrence est forte. Les succès s’obtiennent au jour le jour…

A la question de savoir quel serait le cartel idéal, le maestro répond qu’il aimerait confirmer l’alternative à son frère à Madrid avec, pour témoin, Sébastien Castella qui est un ami de son frère et que Javier respecte beaucoup. Quant aux taureaux, l’important pour lui est qu’ils soient des partenaires qui chargent. Les Santa Coloma sont un de ses encastes préférés car il les comprend bien et il avoue un petit faible pour le bétail de La Quinta.

Quant à sa relation avec les figuras, Javier ne ressent aucune réticence de leur part à le laisser entrer dans les cartels et il pense que, en tant que jeune torero, il peut, sans leur faire d’ombre car elles n’ont plus rien à prouver, s’autoriser à rivaliser aux quites avec eux comme il l’a fait avec Morante à Séville.

Joaquim Grave, éleveur et forcado

Publié par cathiectp le 26 novembre 2016
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L’éleveur Joaquim Grave © DR

Le Club taurin de Paris reçoit, le 8 décembre, l’éleveur portugais Joaquim Grave.

Si la France compte des terres taurines, le Portugal est aussi une grande terre de toros avec ses élevages, ses arènes, ses aficionados, sa modalité d’adaptation de la corrida « à l’espagnole » et surtout la tourada, jeu spécifique  associant les évolutions des cavaleiros et la pega des forcados.
Pour nous permettre de mieux connaître et comprendre la culture de los touros au Portugal dans son histoire, son actualité et son devenir, le Club taurin a sollicité l’expertise et l’expérience de Joaquim Grave, qui est tout à la fois un éleveur, responsable d’un des fers les plus prestigieux de l’élevage lusitanien qui rassemble plusieurs branches distinctes de Parladé, celui à la devise bleu et jaune de Murteira Grave, un toureiro qui a combattu au sein d’un groupe de forcados de Santarém, un aficionado d’une exceptionnelle qualité au discernement reconnu par les professionnels, enfin un vétérinaire expert qui, de surcroit, honore de son amitié le Club taurin de Paris. Nous aurons ainsi le plaisir de le recevoir  le jeudi 8 décembre 2016 à partir de 20h, à une nouvelle adresse  pour le Club : restaurant Beaurepaire, 1 rue de la Bûcherie 75005 Paris.

Participation aux frais, comprenant la soirée, précédée d’un apéritif et suivie du dîner : membres du Club : 35€, jeunes jusqu’à 25 ans (à jour): 15€, hôtes de passage : 50€. Vous pourrez à cette occasion vous mettre à jour de votre cotisation annuelle ou adhérer au Club. Montant des cotisations : individuels : 60€, couples : 100€, jeunes : 20€.
Afin de faciliter l’accueil,
il est impératif de s’inscrire par mail à l’adresse clubtaurindeparis@gmail.com

 

Le 22 novembre, Paco Ureña au Club taurin

Publié par cathiectp le 13 novembre 2016
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Paco Ureña © Graziosa Verdi

Peu de toreros sont capables, à quelques semaines d’intervalle, de susciter les olés prolongés par lesquels Séville se plait à accompagner les œuvres d’art et ceux, puissants, qui, à Madrid, ponctuent les gestes de toreo de verdad. C’est ce qu’a réussi, au printemps dernier devant les Victorino dans la Maestranza, et à deux reprises à Las Ventas, ce matador dont l’afición s’accorde à reconnaître qu’il associe dans son toreo sincérité absolue, pureté d’exécution et ténacité sans concession.

L’authenticité de son jeu, non dénué parfois d’une certaine fragilité, confère une intensité émotionnelle toute particulière à sa tauromachie. Après les années ingrates qui ont suivi l’alternative, en imposant son classicisme dépouillé aux toros des élevages les plus encastés, il est devenu un des toreros les plus attendus de Madrid.

C’est pour le Club Taurin de Paris un honneur et un plaisir d’accueillir Paco UREÑA le mardi 22 novembre 2016 à partir de 20h au Grand salon « Spindler » du restaurant « Chez Jenny », 39, Boulevard du Temple Paris (3e), M° République.

Participation aux frais, comprenant la soirée, précédée d’un apéritif et suivie du dîner : membres du Club : 34€, jeunes jusqu’à 25 ans (à jour): 15€, hôtes de passage : 50€. Vous pourrez à cette occasion vous mettre à jour de votre cotisation annuelle ou adhérer au Club. Montant des cotisations : individuels : 60€, couples : 100€, jeunes : 20€.

Afin de faciliter l’accueil, il est impératif de s’inscrire par mail à l’adresse   clubtaurindeparis@gmail.com

 

Javier Jimenez au club le 3 novembre 2016

Publié par cathiectp le 23 octobre 2016
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Javier Jimenez sur le sable de la Maestranza pour la San Miguel 2016 © MLBAC

Au cours de la saison 2016, celle des valeurs émergentes, il est le matador révélation de la temporada. Après une solide et patiente formation dans les rangs des novilleros et une alternative reçue en avril 2014, il a enfin imposé son engagement sans faille et la variété expressive de son toreo dans les plus grandes arènes. Séville, Pampelune, Malaga et Saragosse furent témoins de cette nouvelle maturité et de l’équilibre trouvé entre courage, lucidité et art. Madrid y a mis le sceau d’une sortie en triomphe par la grande porte le dimanche 21 août dernier. Succès qui ouvre des portes et lui permet d’intégrer, tout récemment, un groupe de production taurine de poids.

Amis aficionados, vous avez reconnu la trajectoire du matador d’Espartinas Javier JIMENEZ que le Club taurin de Paris aura le plaisir d’accueillir, en compagnie de son apoderado José Luis Peralta, le jeudi 3 novembre 2016, à partir de 20h, au Grand salon « Spindler » du restaurant « Chez Jenny » 39, Boulevard du Temple Paris (3e), M° République.

La participation aux frais, comprenant la soirée, précédée d’un apéritif et suivie du dîner est de 34 € pour les membres du Club,  de 15 € pour les jeunes jusqu’à 25 ans (à jour), et de 50 € pour les hôtes de passage. Vous pourrez à cette occasion vous mettre à jour de votre cotisation annuelle ou adhérer au Club. Montant des cotisations : individuels : 60€, couples : 100€, jeunes : 20€.

Afin de faciliter l’accueil, il est impératif de s’inscrire par mail à l’adresse clubtaurindeparis@gmail.com

Tertulia de rentrée

Publié par cathiectp le 6 octobre 2016
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Le projet relatif à un invité espagnol n’ayant pu se concrétiser à temps, il convenait que ce contretemps ne nous empêche pas de nous retrouver pour une réunion de rentrée propice à échanger sur nos corridas de l’été et des différents rendez-vous taurins de septembre.

C’est à une telle tertulia amicale, qui pourra être utilement suivie de l’assemblée générale annuelle (rapports moral et financier et perspectives 2016-2017) que nous vous invitons à participer, le mardi 11 octobre 2016 à partir de 20 h, au sous-sol du restaurant Loubnane 29 rue Galande, Paris 5e (M° Saint-Michel).

Les témoignages, échanges et confrontations de points de vue, permettront de dessiner des éléments de bilan de la temporada et, pour la saison française, de voter pour le Prix Claude Popelin 2016.

La participation aux frais, comprenant la soirée, précédée d’un apéritif et suivie d’un dîner est, pour les membres du Club de 28€,  pour les jeunes jusqu’à 25 ans (à jour) : 15€, pour les hôtes de passage : 40€.

Vous pourrez, lors de cette soirée, vous mettre à jour de votre cotisation annuelle ou adhérer au Club. Montant des cotisations : individuels : 60€ : couples 100€ ; jeunes (jusqu’à 25 ans) : 20€.

Afin de faciliter l’organisation et l’accueil, il convient de s’inscrire par mail en répondant à ce courriel ou à l’adresse clubtaurindeparis@gmail.com impérativement avant le lundi 10 octobre minuit.

 

Traditions et chemins de la tauromachie mexicaine

Publié par graziosaverdi le 10 juin 2016
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Jean-François Nevière devant la carte du Mexique © Jean Lalanne

Le Club a eu le plaisir de recevoir Jean-François Nevière, grand aficionado, spécialiste du Mexique et responsable de la revue Mexico Aztecas y toros, venu apporter de précieux repères nourris de sa propre expérience sur les traditions et chemins de la tauromachie mexicaine.

 Il était naturel de commencer l’exposé par des rappels historiques : l’arrivée de Cortes en 1519, sa fondation de Vera Cruz, l’arrivée des chevaux et des toros espagnols, la conquête de Tlaxcala et de Tenochtitlan (la future Mexico).

Conjointement, la tauromachie naissante s’imposa au Mexique à peu près simultanément à l’Espagne, la précédant presque puisque la première ganaderia de toro bravo au monde est Atenco, fondée officiellement en 1552 et que le premier spectacle taurin connu remonte au 13 août 1529… A l’origine, c’étaient les congrégations religieuses qui entretenaient les troupeaux de taureaux et elles ont toujours eu l’appui des indiens. Les Espagnols ayant, dès l’origine, associé les Mexicains au développement de la tauromachie, celui-ci s’y est toujours fait en parfaite harmonie.

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Des aficionadas présentent à la soirée © Jean Lalanne

Au fil des siècles, l’histoire de la tauromachie se développera parallèlement sur les deux rives de l’Atlantique.

Les camadas de toros sont progressivement installées dans toute cette large bande de territoire plus grande que la France, qui va de la côte pacifique à la côte atlantique, d’Ouest en Est et, pour la largeur de ces terres taurines, de Zacatecas et San Luis Potosi à l’Etat de Mexico. Les ranchos (haciendas), détenus par de très riches propriétaires, sont immenses : de 4.000 à 17.000 ha. Les toros y vivent en quasi liberté, sans autres clôtures que les barrières naturelles.

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En attendant Jean-François Nevière © Marie-Luce Baccellieri

La corrida se pratique dans 28 états sur les 31 que compte le Mexique moderne, 256 éleveurs de bétail brave sont inscrits à l’Union des ganaderos ou « criadores de toros de lidia». L’implantation est assez concentrée (199 éleveurs dans 9 états). Les éleveurs recherchent la « pureza » c’est à dire un toro qui charge longtemps et, comme le dit Rodolfo Rodriguez El Pana, « un toro créé pour le torero».

Les toros bravos mexicains sont en majorité d’origine génétique Saltillo / San Mateo; les essais d’implantation de Parladé (Domecq) ont globalement échoué.

L’état de Tlaxcala est particulièrement important tant par ses nombreux élevages dont celui de Piedras Negras, les Miura mexicains, que par ses toreros : de grands « coletas »  comme El Pana, Sergio Flores, Jose Luis Angelino Arriaga … viennent de cette région. De nombreuses anecdotes sont évoquées notamment à propos de Rodolfo Rodriguez El Pana, seul torero mexicain vivant à avoir sa statue devant des arènes qui portent son nom et qui, n’ayant pas peur de la mort, (« cuando te toca, te toca » !)  a fait des choses que personne d’autre n’avait faites avant lui (par exemple, attendre le toro « a porta gayola » dos au toril).

Rodolfo Rodriguez dit « El Pana » qui vient de mourir des suites d’une cojida reçue le 7 mai 2016 dans les arènes de Ciudad LerdoDe grands matadors espagnols ont tissé des liens très forts avec le public mexicain, et pas seulement des liens économiques : El Juli, Castella, Morante, José Tomas (qui a une propriété à Querétaro et qui est très ami de Fernando Ochoa, torero récemment retiré)…

L’enracinement et l’ancienneté de l’art taurin dans cet immense pays qu’est le Mexique (4 fois la superficie de la France) sont remarquables et l’aficion s’est développée dans toutes les classes de la société ; Les échanges de toreros d’un continent à l’autre se firent à partir de 1800, avec des règles quantitatives qui furent l’occasion de querelles pouvant aller jusqu’à une sorte de comportement « raciste » tantôt à l’égard des mexicains en Espagne tantôt envers les espagnols au Mexique.

Une description de la plus grande arène du monde, la Monumental de Mexico (45 000 places pouvant aller jusqu’à 52 000 pour les grands jours) permit de sentir l’ambiance surchauffée des jours de grands cartels, comme ce fut le cas le 31 janvier de cette année lors du mano a mano Jose Tomas / Joselito Adame. Lorsque le public applaudit et crie de plaisir, c’est tout simplement impressionnant. Il y a quelques années, El Pana en a pleuré d’émotion lors de son succès.

Quelques différences dans le règlement taurin ont aussi été évoquées, par exemple le premier avis ne compte qu’à partir du moment où le torero plante l’épée.

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Une vue de la salle © Marie-Luce Baccellieri

Puis Jean-François Nevière choisit de retracer la vie et la carrière de quelques très grandes figuras mexicaines, parmi lesquelles Ponciano Diaz adoré pour ses naturelles et … ses grandes moustaches, Vicente Segura, très grand estoqueador et si riche propriétaire minier qu’il toréait pour le plaisir et la gloire et distribuait ses émoluments aux pauvres, Rodolfo Gaona, partenaire de José et Juan et exceptionnel banderillero, Luis Freg « El valor » blessé 72 fois et habitué à l’extrême onction, Juan Silveti le père de la géneration Silveti , Lorenzo Garza Espinosa « Armillita », l’ancêtre de la dynastie qui fut un des toreros les plus complets, pouvant toréer n’importe quel type de toro au point d’en paraître froid, Manolo Martinez, Carlos Arruza, Silverio Perez le roi du trincherazo et, pour finir sur les toreros actuellement en exercice tels Garibay, El Payo, Joselito Adame maestro fidèle, constant, serein, grand ami de Jean-François Nevière et parrain de l’Association « Mexico Aztecas y Toros » que préside le conférencier, le tout conduisant à une conclusion sur l’avenir de la corrida au Mexique, la nature et les qualités des toros qui y sont combattus, puis l’organisation de grands groupes tels la Fusion ( FIT) d’impresarios aux moyens colossaux qui attirent beaucoup de maestros, y compris espagnols , Espactaculos Taurinos de Mexico et d’autres encore …

La tauromachie au Mexique a un bel avenir : Elle s’appuie sur une aficion, plus libre qu’en Espagne, très décomplexée et sur des supports qui ont de grands moyens et qui font beaucoup pour préserver et sauver la tauromachie. Le public mexicain peut donner l’impression qu’il ne connait pas grand-chose, mais il s’enthousiasme et hurle de joie dès qu’il y a une belle passe.

Après ce riche exposé, le président et le public posèrent de nombreuses questions, auxquelles le conférencier se fit le plaisir de répondre

Le 11 mai 2016, Tomás Prieto de la Cal Picón

Publié par cathiectp le 22 avril 2016
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Tomás Prieto de la Cal Picón

Tomás Prieto de la Cal Picón © ©lub ©ocherito

La préservation de la diversité génétique des différentes races du toro de combat constitue un des enjeux majeurs pour l’évolution de la tauromachie. Dans la splendide propriété Hacienda la Ruiza, proche de Huelva, la famille Prieto de la Cal s’est attachée, depuis le milieu du XXe siècle, à conserver la pureté du sang vasqueño des Veragua combattifs, puissants et superbes dans la variété de leurs robes au ton clair, très appréciés de l’afición française.

La conduite de cet élevage historique, confronté par sa singularité même à des problèmes de consanguinité, est orientée par la recherche d’un animal « sauvage », élevé dans les conditions les plus naturelles en limitant au strict nécessaire les interventions humaines.

C’est cette histoire unique, cette approche enracinée dans l’authenticité de la tradition ganadera et cette démarche exemplaire, à la fois exigeante et ouverte, en faveur d’un toro exprimant sa bravoure à tous les tercios de la lidia et faisant naitre l’émotion que nous fera l’honneur de venir présenter et expliquer aux membres de notre Club le grand éleveur Tomás Prieto de la Cal Picón lors d’une réunion qui se déroulera le mercredi 11 mai 2016 à partir de 20h. au Grand salon « Spindler » du restaurant « Chez Jenny » 39, Boulevard du Temple Paris (3e), M° République

 Participation aux frais, comprenant la soirée, précédée d’un apéritif et suivie du dîner, boissons incluses : membres du Club : 32€, jeunes jusqu’à 25 ans (à jour): 15€, hôtes de passage : 45€. Vous pourrez à cette occasion vous mettre à jour de votre cotisation annuelle ou adhérer au Club. Rappel du montant des cotisations : individuels : 60€, couples : 100€, jeunes : 20€.

Afin de faciliter l’accueil, il est impératif de s’inscrire par mail à l’adresse clubtaurindeparis@gmail.com

Traditions et chemins de la tauromachie mexicaine

Publié par cathiectp le 10 mars 2016
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Dans son ouvrage La corrida vue des coulisses, Claude Popelin consacre un chapitre au Mexique « seconde patrie du toreo ». De Rodolfo Gaona à Joselito Adame en passant par « Armillita », Carlos Arruza ou Manolo Martinez, on en connaît quelques figures illustres. On a entendu dire que le toro mexicain, qu’il vienne de Piedras Negras, de San Mateo ou de Xajay, développe des charges différentes de celles du toro espagnol, que les arènes de Mexico sont les plus grandes du monde et que les réactions du public y possèdent leur couleur propre. On sait aussi que tous les grands noms de la tauromachie espagnole, de « Cagancho » à José Tomas en passant par « Manolete » et « El Juli », y ont vécu des moments clefs de leur parcours. Mais, même si on a eu la chance d’assister à des corridas au Mexique et d’y visiter des élevages, on s’aperçoit assez vite qu’on connaît fort mal cette « seconde patrie ».

Grand aficionado et spécialiste reconnu du Mexique, responsable de la revue Mexico Aztecas y Toros, Jean-François NEVIÈRE a accepté de venir nous apporter de précieux repères, nourris d’une riche expérience personnelle sur les Traditions et chemins de la tauromachie mexicaine.

Cette soirée se tiendra le mardi 22 mars 2016 à partir de 20 h, au sol-sol du Restaurant Loubnane, 29 rue Galande, Paris 5e (M° Saint-Michel).

 Participation aux frais, comprenant la soirée, précédée d’un apéritif et suivie du dîner : membres du Club : 28€, jeunes jusqu’à 25 ans (à jour): 15€, hôtes de passage : 35€.

Afin de faciliter l’accueil, il est impératif de s’inscrire par mail en répondant à ce courriel ou à l’adresse clubtaurindeparis@gmail.com

 

 

De la boulange aux toros, itinéraire d’un passionné

Publié par cathiectp le 1 mars 2016
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Industriel de la boulangerie Jean-Luc Couturier a, en moins de deux ans, sauvé du naufrage ou de la disparition deux grands élevages de prestige, les « Curé de Valverde » et les Concha y Sierra. Il est venu au Club Taurin nous parler des aventures, des passions et des défis d’un jeune éleveur, provençal et torista.

Jean-Luc Couturier et Jean-Pierre Hedouin

Jean-Luc Couturier et Jean-Pierre Hedouin © MLBAC

Fils de boulangers du côté maternel et de charcutiers du côté paternel, Jean-Luc Couturier arrête ses études à 18 ans, en 1966, pour « entrer en boulangerie ». Après son service militaire, il entre dans un grand groupe industriel anglais, puis crée une unité de production à Orly. Il quitte le Groupe en 1981 pour reprendre une entreprise de pain industriel à Arles. En 1981, la corrida n’était pas encore sa chose, mais les Tardieu, ses clients et amis auxquels il fournissait le pain périmé qui faisait la joie de leurs taureaux, invitent Jean-Luc à visiter leur élevage. Ce fût le choc, il eût un véritable coup de foudre pour le spectacle et l’ambiance du campo. Tous les mardis, les Tardieu l’emmènent visiter l’élevage à cheval. Il vit sa première corrida à Nîmes à l’époque où Paco Ojeda triomphait, puis il devint un fidèle des corridas « dures », Vic-Fezensac, Alès …

Le métier de boulanger industriel se met à changer : du four à pain on passe au surgélateur; nombre de concurrents disparaissent. Jean-Luc recherche alors une solution technique pour le pain précuit. En 1990, à Tarascon, capitale du monde comme chacun sait, Jean-Luc Couturier met au point un processus nouveau qui améliore sensiblement la qualité de la production du pain surgelé (« process 124 »). L’étranger s’y intéresse, à commencer par les canadiens, et JL Couturier devient vendeur de licences industrielles. Simultanément, épaulé par un fonds de pension, il crée des unités industrielles en France et à l’étranger.

Jean-Luc Couturier va assister à une corrida qui va profondément le marquer ; le 13 mai 1990 à Alès, il pleuvait des cordes, le paseo est retardé. Les taureaux de l’élevage du « Curé de Valverde », âgés entre 5 et 6 ans, furent exceptionnels de présence, qu’ils attaquent, chargent en faisant l’avion ou qu’ils se défendent comme celui qui fut condamné aux banderilles noires. Face à ces bêtes d’un autre temps, José Luis Galloso, José Antonio Campuzano et Paco Alcade firent face et réussirent à tirer l’impossible de certains toros. Ce fût une course de si grande émotion qu’en sortant des arènes, Jean-Luc Couturier déclara que, si un jour il se lançait dans l’élevage des taureaux, ce seraient des Valverde. En 1994, le Cura, fils du fondateur de l’élevage, décède. Les neveux qui assurent la gestion du domaine du Campo Charro sont loin d’y apporter le même soin, tant dans la sélection que dans les croisements. La propriété n’était pas en très bon état, seule la Chapelle était belle.

En 2000, le Groupe de boulange passe à 400 personnes et en 2005, avec l’appui du Groupe Soufflet, Couturier rachète les parts de son principal actionnaire. Il poursuit jusqu’en 2012 où il vend ses parts à son principal concurrent à las cinco de la tarde juste avant la fin de la feria de Séville.

Désormais « retraité » mais homme d’action et d’entreprise, la pétanque et l’inaction ne sont pas faites pour lui. Le lendemain de la vente, il prend la route de Salamanca pour rencontrer les deux neveux du Cura de Valverde. L’élevage n’était pas à vendre, la différence de prix était énorme entre l’estimation des propriétaires et la proposition de JL Couturier. Ce dernier a alors allumé un cigare en déclarant aux neveux : «  Quand le cigare s’éteint, je m’en vais et ne reviens plus. » Ils se sont mis d’accord à la dernière bouffée. Ne possédant pas encore de terres pour accueillir les bêtes achetées, il demande de garder le bétail jusqu’à ce qu’il en trouve. Les vaches étant efflanquées, il fait immédiatement envoyer du pienso de la Crau pour leur refaire une santé. Le 30 avril, il embarque les vaches pour les mettre provisoirement chez des éleveurs voisins et accueillants en attendant de trouver des terres.

Il va trouver en pays d’Arles, entre Saint Martin de Crau et Maussane, un domaine de 220 hectares, le domaine de « Coste Haute » qui comprend 70 hectares de luzerne et de foin, 40 hectares de marais, et plus de 100 hectares de garrigues qu’il va clôturer et équiper pour l’élevage du toro bravo, avec toutes les installations nécessaires (plaza de tienta, cajones de soins, écuries…), un ensemble admiré par les éleveurs qui viennent visiter la propriété.

La médiocre qualité des soins et de la sélection opérés les dernières années sur le bétail de Valverde exige un rafraichissement du sang. Jean-Louis, désormais membre de La Unión (UCTL), peut et doit aller chercher des vaches du Conde de la Corte, race racine des Valverde. Le Comte va lui vendre 30 vaches pleines et aujourd’hui, 9 de ses erales sont de purs Conde de la Corte. Il va également prospecter les possibilités d’acquisition de bétail de El Torero issu de Salvador Domecq. Le 15 juillet 2012, dans les arènes de Chateaurenard, le nouvel éleveur Jean-Luc Couturier fournit son 1er lot de Curé de Valverde, avec 4 taureaux de 5 ans et deux de 4 ans qui donneront pas mal d’émotion.

 

Parallèlement, lors de prospections dans le Campos Charro et dans le sud, l’ex-banderillero devenu veedor « Mangui » suggère à J-L Couturier d’aller dans la province de Huelva rencontrer la famille, banquière et ganadera, des Garcia Palacios qui veut céder des fincas et des toros. Ils possèdent plusieurs fers dont celui historique de Concha y Sierra. Comme le dit avec humour notre invité, la variété des robes des Concha y Sierra ne peut laisser indifférent quelqu’un qui se nomme « couturier ». Les Garcia Palacios sont quelque peu scandalisés par la hardiesse de la proposition mais devant la force de persuasion, ils finissent par céder. Là encore le prix demandé est fort élevé et la négociation va durer une heure ; le temps de deux cigares. Le mundillo de La Unión a été très surpris de cette vente.

Ce nouveau bétail va également être installé dans le domaine de « Coste Haute ». Aujourd’hui, Jean-Luc Couturier possède quatre cent bêtes : 200 du « Cura de Valverde » et 200 de Concha y Sierra.

Jacques Tricon, Jean-Luc Couturier et Jean-Pierre Hedouin

Jacques Tricon, Jean-Luc Couturier et Jean-Pierre Hedouin © MLBAC

Son objectif à moyen terme est de pouvoir fournir deux corridas en France et deux en Espagne. Il faut pour cela poursuivre le travail sévère de sélection entrepris sur les bêtes de Valverde (40 % des animaux achetés en 2012 ont été éliminés) et redonner de la force aux Concha y Sierra, en sachant qu’il est fort difficile de rafraichir le sang Vasquez – les Prieto de la Cal offrant une des rares possibilités -. Faire courir régulièrement les toros – au moins une fois par semaine – est indispensable pour leur donner de la résistance. En revanche à part les manipulations indispensables pour les soins réglementaires, il convient de ne pas multiplier les interventions sur le bétail. Deux périodes de naissance sont prévues et organisées dans l’année afin de faire tourner les sementales. L’idéal serait de faire une corrida avec des lots de 2 toros issus de trois étalons différents car s’ils sont issus d’un même semental, on ne s’aperçoit qu’au bout de 3 ans si les produits sont bons ou non.

En décembre 2013, Jean-Luc Couturier était au travail pour déplacer un semental qui le connaissait bien ; celui ci s’est gonflé en vue de le charger, son cheval s’est statufié, tétanisé. Attaqué l’éleveur a été envoyé en l’air, heureusement de l’autre côté de la clôture sans quoi, comme sa monture, il ne serait plus de ce monde. JLC fût d’autant mieux opéré que le chirurgien était le chirurgien des arènes d’Alès!

Sur quels critères sélectionner ? Les critères sont variables, l’éleveur écoute les avis mais il décide seul ; ainsi il y a 2 ans, Juan Bautista avait tienté deux vaches qu’il jugeait exceptionnelles mais l’appréciation de l’éleveur était différente. Jean-Luc Couturier préfère ne pas tienter avec des vedettes car elles recherchent trop de toreo esthétique et leur excellente technique peut masquer nombre de défauts. De fait, « ils ne montrent » pas la bête. De toute façon, JLC écoute les avis mais décide tout seul.

Jean Luc Couturier recherche un taureau de combat, c’est-à-dire un animal qui ne se couche pas dès la première pique. Pour combattre, le taureau doit disposer d’un potentiel physique et respiratoire qui lui permette d’aller a más, comme les Curé de Valverde alors que les Concha y Sierra ont trop tendance à aller a menos. Pour que les arènes se remplissent, la corrida doit avant tout transmettre de l’émotion. Pour cela, il faut des toros qui chargent et qui « en veulent ». Dans cette catégorie figurent encore plusieurs élevages. Il faut un travail impitoyable de sélection pour atteindre l’objectif de produire des toros qui transmettent au public et aux toreros et que les vedettes aient envie de toréer. Progressivement, les vedettes vont vouloir aussi affronter ce type de taureaux. En tienta, des éleveurs comme Garcigrande, ne gardent que 10 à 15% du total testé. Ils recherchent la race ; Couturier, lui, dit rechercher d’abord l’agressivité, le mordant pour faire remonter le niveau d’émotion du combat. En France, il y a quelque temps il y avait dix éleveurs de toros espagnols ; aujourd’hui, alors que le marché s’est réduit, il y en a 40, mais Jean-Luc Couturier, tout en étant en France, se vit comme « éleveur espagnol » avec deux fers inscrits à La Unión.

En 2015, Jean-Louis Couturier a fait combattre près de quinze toros : tous ont pris trois piques et ont eu du souffle. Les Valverde d’Alès ont fourni une grande course, avec un grand toro complet aux trois tiers en 6e. Le public, très aficionado, a retrouvé les Curas de 1990 ! Le lot de Concha y Sierra lidié à Aignan dans le Gers a été plus varié mais intéressant et les deux exemplaires sortis en corrida concours ont livré un bon 1er tercio. Globalement la saison a été bonne, surtout pour un élevage qui n’a que trois ans.

Si, comme cela s’est un moment présenté, il avait acheté, les toros de Garcigrande, Jean-Luc Couturier aurait certainement gagné de l’argent. Avec ses deux fers, il espère que dans cinq ans, il cessera d’en perdre. En 2013, il a perdu 200.000€, en 2014 il n’a perdu « que » 60.000€. La situation s’améliore. Torista passionné, il ne fait pas de toros pour les toreros mais pour les aficionados et il est convaincu que ses deux fers vont atteindre un haut niveau, chacun dans son registre, celui de la puissance pour le Valverde et celui de la noblesse pour les Concha y Sierra.

Passion taurine et écriture littéraire

Publié par cathiectp le 1 mars 2016
Publié dans: LES REUNIONS. 1 commentaire

Quelle parenté entre passion taurine et passion littéraire ? Qu’est-ce qui pousse des aficionados à vivre leur afición en la faisant partager par l’écriture ?

Pour contribuer à construire des éléments de réponse à ces questions, deux membres du Club, Nicolas Havouis et Vincent Maes, auteurs de nouvelles taurines reconnues par différents prix spécialisés, ont accepté, dans un mano a mano amical, d’alterner lectures de leurs œuvres et réflexions sur leur démarche.

Vincent Maes et Nicolas Havouis © MBLAC

Vincent Maes et Nicolas Havouis © MLBAC

Un public nombreux, attentif et comme embarqué par les univers des différents extraits, s’est laissé successivement entrainer par la polysémie du vocabulaire taurin de Un chagrin d’aficionado puis par les tribulations d’un aficionado “parisieng“ en terre taurine, puis de voir répondre aux picaresques Miura de Saint-Pétersbourg l’affirmation de l’épicier biterrois: Aujourd’hui, c’est les Miura ! et a revécu, métamorphosé par la fiction de The Sorrow, le retour aux pistes d’un matador valencien, mis en parallèle avec la plus inattendue métamorphose tauromachique de Riberito…)

Entre ces lectures, qui s’enchainaient dans un mouvement naturel, les auteurs s’attachaient à expliciter ce qui les pousse à écrire :

« Ecrire n’est pas une démarche marketing; On ne choisit pas les sujets qui pourraient plaire mais ceux que l’on a en tête. Il faut qu’ils mûrissent. Ecrire n’est pas stratégique, c’est un plaisir.»

« Le moteur pour écrire, c’est de faire partager ce que l’on aime; On ne se pose pas la question de savoir pourquoi l’on écrit; le plaisir, c ‘est abord pour soi.»

« Ecrire c’est un plaisir gratuit pour faire partager des émotions. Le fait d ‘écrire sur les taureaux prouve que c’est une culture. »

Mais par delà le plaisir, il faut se confronter aux exigences de la langue et du style. Quelle part faire alors aux hispanismes du jargon tauromachique ? Quels registres de langue mobiliser pour rendre compte à la fois de la fugacité et de la force émotive du combat entre l’homme et le taureau ?

« Au delà du plaisir, il y a de la contrainte : c’est comme pour un tableau, on lit, on corrige, on relit, on est jamais totalement satisfait… Le sujet taurin suppose souvent d’utiliser des termes faisant partie d’un “langage d’initiés“ mais cela ne suffit pas pour autant que l’auteur ne souhaite s’adresser qu’au cercle restreint des aficionados. D’ailleurs, le Prix Hemingway lui-même, bien que défini par la juxtaposition “littérature et tauromachie“, n’a jamais imposé à ses participants de ne s’adresser qu’à un public exclusivement taurin ! » Toutefois « Il faut coller au sujet ce qui exige un minimum de langage technique. La tauromachie, c’est une culture, et qui possède sa langue, présente aussi en France où se publient beaucoup de livres taurins».

«Dans l’arène, ce sont les émotions, le beau qui dominent. Si on pouvait écrire le dixième de ce que l’on se raconte dans sa tête, on serait trop prolifique. Les idées surgissent durant la corrida, après quoi il faut qu’elles germent».

« Quand on assiste à une corrida, on ne pense pas aux mots; Le style vient après, c’est alors qu’on entre dans la littérature »

Une remarque des auditeurs sur le caractère profondément romanesque et littéraire de l’affrontement entre homme et toro dans sa dimension dramatique, voire tragique de l’homme face au jeu de la vie et de la mort, qui n’a pas été centrale dans les extraits lus, suscite de riches échanges sur les diverses approches et sur les différences qui peuvent exister entre une perspective à dominante « afición» et une autre à dominante « romanesque » ; le sang et la mort sont toujours présents mais l’auteur aficionado peut trouver quelque peu déplacé et « pesant » de mettre un accent trop marqué sur cet aspect de la tauromachie.

Au terme de ces lectures et des échanges qui les accompagnaient chacun se prenait à évoquer ses lectures marquantes, ses goûts personnels dans le large éventail des formes d’écriture que suscite la tauromachie et, en remerciant très chaleureusement nos deux amis qui avaient fait rêver tous les auditeurs, on leur demandait, non sans curiosité, quelques indications sur leurs projets d’écriture. Cette thématique, jusqu’alors non abordée au Club, est loin d’être épuisée !

 

 

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